ACTE I, SCÈNE VIII
Fritz. — Oui, elle est bonne.
Frédéric, levant sa cuiller d'un air grave. — Si j'avais une soupe pareille tous les jours, avec un bon poisson, un bon rôti, deux ou trois bouteilles de vieux vin et le reste à l'avenant, ma foi, je ne sortirais jamais de chez moi; je laisserais les autres arpenter les prés et les champs tout à leur aise.
Hanezô et Fritz. — Ah ! ah ! ah ! {Fritz débouche une bouteille et verse, Catherine entre, un gros bouquet de violettes à la main.)
Catherine. — Voyez donc, monsieur, ce qu'on vous apporte ....
Fritz. — Quest-ce que c'est?... Des violettes
déjà !. . . {Il prend le bouquet*) Comme ça sent bon ! ç5 sent le printemps ; qui est-ce qui les a apportées, Ca therine ?
Catherine.— C'est Sûzel, la fille de votre fermiei Christel.
Fritz.— I,a petite Sûzel ?
Catherine. — Oui, monsieur. Elle est dans la cuisine.
Fritz. — Eh ! dis-lui d'entrer.
Catherine, sur la porte. — Sûzel, monsieur demande que tu entres.
SuzEiv, à la cantonade. — Oh ! mon Dieu ! mademoiselle Catherine, je n'oserai jamais, je ne suis pas assez bien habillée ...
Hanezô, levant le doigt. — Tiens !... quelle jolie voix !.. Avez-vous entendu ? Eh ! eh ! eh !
Fritz, élevant la voix. — Sûzel, arrive donc !. . . {Tout
le monde se tourne vers la porte. Sûzel paraît sur le seuils e?i petite jupe de laine blanche et casaque de toile bleue . elle s' arrête la tête baissée, toute honteuse.)