ACTE I, SCÈNE IX
honneur, nous allons mettre ton bouquet sur la table, comme dans le grand monde. Catherine, apporte un vase, tiens, le plus beau, là-bas ; nous allons y mettre le bouquet de Sûzel.
Catherine. — Oui, monsieur. Si vous voulez, je vais le remplir d'eau fraîche, pour que le bouquet se conserve plus longtemps.
Fritz, lui donnant le bouquet — C'est cela. . . . {Catherine prend le vase et le bouquet et sort par la gauche.) Et qu'est-ce qu'on fait à la ferme, Suzel? Le père Christel et la mère Ursule vont toujours bien ?
Suzel. — Oh ! oui, monsieur, Dieu merci, ils vont toujours bien. Ils m'ont chargé de bien des compliments pour vous.
Fritz. — A la bonne heure, ça me fait plaisir. Vous avez eu beaucoup de neige cette année ?
Suzel. — Deux pieds autour de la ferme pendant trois mois ; et il n'a fallu que huit jours pour la fondre.
Fritz. — Alors les semailles ont été bien couvertes ?
Suzel. — Oui, monsieur Kobus. Tout pousse ; la terre est déjà verte jusqu'au creux des sillons.
Fritz. — Mais mange donc, Sûzel ; tu ne manges pas, on dirais que tu fais la petite bouche.
Suzel. — Oh ! non, monsieur Kobus.
Fritz. — Alors vous avez commencé le jardinage?. . .
Suzel.— Oui, monsieur Kobus. I,a terre est encore un peu fraîche ; mais depuis ces huit jours de soleil, tout vient. Ah ! le père voudrait bien vous voir ; nous trouvons tous le temps long après vous.... Le père aurait bien des choses à vous dire. . . .
22 t' AMI FRITZ.
Fritz, remplissant les verres. — J'irai pour sûr un de ces jours. {Catherine rentre avec le vase.)
Catherine.— Voici le bouquet. . . . J'ai mis de l'eau fraîche, il durera longtemps. {Elle le pose sur la table. — On ente?id au dehors deux violons et une contre-basse qui préludent sous les fenêtres .)
Hanezô.— C'est Joseph ! Je reconnais son coup d'archet ! (La musique commence.)
Fritz, levant le doigt. — Chut ! . . . . (Gra?id silence. Ils écoutent en se balançant et battant la mesure. La musique cesse. Joseph paraît à une fenêtre du fond, les bras étendus, son archet d'une main et le violon dans l 'autre.)
Joseph. — Kobus !
Fritz, se levant. — Joseph !.... (// court au fond.) Entre donc, entre!.... {La porte de droite s'otivre, foseph paraît.)