ACTE I, SCENE XII
David. — Je te prédis que tu te marieras ! . . .
Fritz, éclatant de rire. — Ah ! ah ! ah ! Tu es pourtant un drôle de corps, David ! . . . ah ! ah ! ah !.. .
David, levant les mains. — Tu te marieras !. . .
Frédéric. — Tais-toi, vieux, tu n'es qu'un faux prophète.
Haxezô, gravement. — C'est une farce !. . .
David, se tournant vers Frédéric et Hanezô, — Je vous dis qu'il se mariera. . . . Est-ce clair?. . .
Fritz. — Je parierai bien que non, David. .
David. — Ne parie pas. . . tu perdrais ! . . .
Fritz. — Eh bien, si! Je te parie, voyons. ... je te parie ma vigne des Olivettes. . . . tu sais. ... ce petit clos qui donne de si bon vin blanc, le meilleur du pays, et que tu connais, rebbé, je te le parie. . . .
David. — Contre quoi?
Fritz. — Contre rien du tout Je suis trop sûr de
gagner.
David. — Eh bien, j'accepte !. - , Ceux-ci sont témoin que j'accepte.
Tous. — Oui. . . . Oui. . . . C'est entendu.
David. — Voici ma main, Fritz.
Fritz. — Voici la mienne, rebbe.
David. — Je boirai de bon vin qui ne me coûtera rien ; et après moi mes garçons en boiront aussi, eh ! eh ! eh !
Fritz, lui posant la main suri' épaule. — Sois tranquille, David, ce vin-là ne vous montera jamais à la tête ! (Se
tournant vers les autres.) Et maintenent, qu'est-ce que que nous allons faire? Si nous allions à la brasserie boire des chopes. . . . Qu'en pensez-vous ?
Hanezô, s" arrange a?it les cheveux. — C'est une idée ! (// tire son gilet. )
Frédéric. — Oui, après un dîner pareil, ii faut absolument boire des chopes !
Hankzô. — Nous avons bien vécu; vive la joie!.. . {Ils vont prendre leurs chapeaux.)
Fritz, appelant. — Catherine !. . . Catherine !. . . (Catherine entre suivie de Lisbeth.) C'est fini, vous pouvez desservir ; nous allons à la brasserie. (Il prend le bras de Joseph. S' arrêtant bas à Catherine?) Tu diras à Lisbeth d'emporter ce qui reste du dîner. ... Il faut aussi que les pauvres se réjouissent de temps en temps. . . N'oublie pas !. . . (Haut.) En route, mes vieux ! . . .
Frédéric, prenant le bras de Hanezô. — Ça va bien !
Hankzô. — Ça va très bien ! (Ils sortent bras dessus, bras dessous, fiant et parlant tous ensemble.)
David, soria?it le dernier. — Oui, oui.... Encore quelques chopes, et ça ira tout à fait bien ! {Catherine et Lisbeth commencent à desservir. Le rideau baisse.)
fin du premier acte