‹ L'ami Fritz (volume 2)Chapitre 29 sur 89 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

SuzEE — Attendez que j'attrappe ce gros bouquet, làbas. {Elle allonge le bras, pour saisir le bout d'ime branche qui dépasse le mur?)

Fritz, s' approchant vivement. — Est-ce que ton échelle tient ferme ?

Suzee. — -Oui. . . oui. . . * Ah ! le voilà. . . . Regardez le beau bouquet ! Maintenant, tendez vos mains. {Elle jette le bouquet?) C'est cela.... {Elle s'accoude sur le mur et regarde Fritz qui mange gravement. Silence.) Eh bien ? . . .

Fritz. — Délicieuses !

Suzee. — N'est-ce pas ?

Fritz. — Délicieuses ! Je n'en ai jamais mangé d'aussi bonnes. (Il s' assied sur le banc ait fond, à droite. ,) Comme c'est frais à la bouche, ces cerises qui viennent de l'arbre ; c'est encore plein de rosée, ça conserve tout son goût naturel, toute sa force et toute sa vie. {Silence. Il mange.) Dis donc, Sûzel, n'est-ce pas sur ce cerisier que le rossignol chante tous les malins ?

Suzee — Oui, monsieur Kobus.

Fritz. — Ah ! le gueux ! Il s'en donne, il s'en donne ! Celui-là peut se vanter de me faire joliment plaisir; il chante encore mieux que le violon de Joseph. Hein ! Sûzel, si on pouvait comprendre ce qu'il dit?

SuzEE- — C'est bien facile,

Fritz. — Facile?

Suzee. — Eh ! oui . . Il dit qu'il est content de vivre, qu'il fait beau soleil, que l'air est doux, la terre toute verte et les haies couvertes de fleurs. Il dit qu'il a son nid là-bas, dans un buisson bien touffu, un nid bien

chaud où ses petits reposent après avoir reçu la becquée, pendant qu'il leur chante un air pour les réjouir.

Fritz, riant. — Ah ! ah ! ah ! comme tu arranges cela, Sûzel, tu me fais du bon sens. On dirait que c'est la vérité.

SuzKiv. — N'est-ce pas tout naturel ? Qu'est qu'il pourrait bien dire autre chose ?

Fritz, se levant. — Ah ! voilà ! (// la regarde en ouvrant de grands yeux ; tons deux se mettent à rire. Se levante) Il faudra demander ça au vieux rebbe David, peut-être qu'il pourra nous le dire ! Moi, j'aime mieux manger des cerises; jette-m'en encore une bonne poignée, Sûzel.

SuzKiy. — Mais, monsieur Kobus, vous n'aurez plus faim pour déjeuner.

Fritz. — Au contraire, ça m'ouvre l'appétit; jette toujours, Sûzel, va.... {Christel paraît au fond, à droite.*)

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