‹ L'ami Fritz (volume 2)Chapitre 41 sur 89 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

Fritz.— Positivement !. . . Elle est remplie d'intelligence et même de malice ! Vous croyez peut-être que le père Christel et la mère Ursule dirigent la ferme ? Pas du tout, c'est Sûzel ! Oui, Sûzel ! avec sa petite voix, en frappant dans ses petites mains, elle fait galoper tous les autres. . . .

David, à part. — Je m'en doutais !. . . .

HanKzô. — Tu la flattes peut-être un peu, Fritz ?

Frédéric. — Parbleu ! elle a soin de lui . . elle lui fait des friandises.

Fritz. — Non, Hanezô, je dis ce qui est. . . {Montrant un pan de sa redingote.) Tenez, regardez ! {Ils regarde?it tous les trois.)

Frédéric. — Quoi ?

David. — Qu'est-ce que c'est, Kobus ?

Fritz. — Vous ne voyez rien, n'est-ce pas ?

Tgus. — Non.

Fritz. — J'en étais sûr ! Eh bien, l'autre jour, en traversant un buisson d'églantiers, j'ai fait un accroc terrible à cette redingote ... Regardez si vous voyez la couture. . . . Allons, rebbe, mets tes lunettes.

David. — Attends un peu. {Il met ses besicles.) Je ne vois rien, Kobus.

Hanezô. — Ni moi non plus.

Fritz. — Et toi, Frédéric?

Frédéric. — Moi, je ne vois rien du tout.

Fritz, joyeux. — Eh ! ce n'est pas étonnant. . . . C'est Sûzel qui a raccommodé cela. ... Si je n'avais pas vu l'accroc moi-même, je ne voudrais pas le croire,

David. — C'est une fée !

Frédéric — Oui, c'est bien raccommodé, on ne peut pas dire le contraire, mais la couture la couture ?...

Fritz. — Elle est la même pour tout le reste ! Vous verrez cela tout à l'heure en visitant mon réservoir.

Frédéric. — Comment ?

Frits. — C'est elle qui m'en a donné l'idée.

David.— Sûzel?

Fritz. — Oui, moi je n'y pensais pas. Je restais des heures au bord de la rivière avec ma ligne, pour attraper une demi-douzaine de truites. Je rôtissais ! Eh bien! un soir que je rentrais à la ferme avec ma pauvre petite pêche, Sûzel me dit : ' ' Monsieur Kobus, vous vous donnez bien du mal inutilement. — Comment cela, Sûzel? — Mon Dieu, oui, si vous faisiez creuser un réservoir dans le coude de la rivière, avec une grille en haut et une autre en bas, pour laisser passer l'eau et empêcher le poisson de sortir, nous pourrions y mettre des truites en quantité ; elles vivraient là et multiplieraient, et quand vous voudriez en manger, au lieu de recevoir des coups de soleil et de revenir les mains gonflées par les piqûres des cousins, vous n'auriez qu'à jeter le filet pour en prendre des centaines à la fois. "

Frédéric. — Ah ! ça, c'est autre chose ; ça ! c'est

une idée sublime !

Honezô. — Oui, c'est une bonne idée.

Frédéric. — Eh bien, allons voir tout de suite ce beau

travail; je suis curieux (à David) Allons, rebbe

arrive ! (Ils se disposent à sortir.)

David. — Eh ! je suis un peu fatigué.

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