‹ L'ami Fritz (volume 2)Chapitre 47 sur 89 · acte ïi, scène xïïî · texte numérisé non relu

acte ïi, scène xïïî

Fritz. — Tu as dû t' ennuyer, tout seul ?

David. — Non, j'ai causé avec Sûzel,

Fritz. — Ah! {David lui offre une prise.) Merci, rebbbe merci, tu sais que je n'en prends pas.

David. — C'est juste ! J'oublie toujours. (P?e7iant sa piise.) Sais-tu Fritz, que cette petite Sûzel m'a étonné!

Fritz. — Eh! je te le disais bien! Tu ne voulais pas me croire ....

David.— Elle est remplie d'esprit !. . . . Il faudrait aller bien loin pour trouver sa pareille.

Fritz, — On ne la trouverait pas, rebbe, on ne la trou verait pas .

David, s'asseya?it à côté de Fritz. — C'est bien possible. . . . Aussi, il m'est venu une idée. ... Si je la mariais ?

Fritz.— Sûzel?

David, abaissant la tête. — Oui. . . .

Fritz. — Allons donc!

David, à part.— Eh! eh! {Haut?) Et pourquoi pas?

Fritz, se retournant. — Une enfant! Une véritable enfant.

David. — Sûzel n'est plus une enfant. Elle a dix-sept ans passés. Elle va sur dix-huit ans.

Fritz, levant les épaules. — Allons donc! Allons donc! {Il veut se lever, David le retient.^)

David. — Il n'y a pas d' "allons donc! " J'en ai marié de plus jeunes.

Fritz. — Elle ne consentira pas.

David. — Elle consentira! Quand je lui proposerai un beau jeune homme, rangé, laborieux, je suis sûr qu'elle dira oui ! (Mouvement de Fritz.) Mais c'est dans ton intérêt, Kobus. . . Christel se fait vieux. . .

Fritz, V interrompant. — Christel est plus solide que moi, il peut encore aller vingt ans.

David. — Bah ! bah ! Il a passé la cinquantaine. . . . C'est un dur métier que celui de laboureur et qui use vite son homme.

Fritz. — Le père Christel a l'habitude de commander dans sa maison, d'être le maître .... Il ne voudra jamais d'un gendre qui le contrarierait, qui voudrait faire à sa tête, comme tous les jeunes gens, qui se croient plus malins que les vieux. Et puis.... et puis il ne fera rien sans me consulter. . . Je suis le propriétaire de la ferme, j'ai bien le droit de choisir mon fermier, je pense ! . . .

David.— Eh ! qui te dit le contraire? Mon Dieu, je t'amènerai le jeune homme. . . tu le verras ; c'est tout naturel. Et quand tu l'auras vu, quand je te dirai: Kobus, voici celui que j'ai choisi pour Sûzel, celui qui doit remplacer un jour dans ta ferme le père Christel, je suis sûr que tu diras oui tout de suite.

Fritz, brusquement. — Je dirai non. (77 se levé et se promené d'un air agité.)

David, le suivant des yeux. — Et si le jeune homme avait toutes les qualités voulues : s'il plaisait à Christel, à la mère Ursule, à Sûzel ?. . .

Fritz, se retournant avec eolère. — Je dirai non.

David. — Pourquoi ?

Fritz, s' emportant. — Eh ! tu m'ennuies avec toutes jai histoires !

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