ACTE II, SCÈNE XIII
David, avec un grand calme. — Ce n'est pas une raison, cela, Kobus : se fâcher n'est pas répondre.
Fritz. — Eh bien, oui, je me fâche ! Tu deviens insupportable avec ta manie de bâcler des mariages à tort et à travers .... Laisse donc les gens vivre comme ils l'entendent ! (Jetant son chapeau sur la table.) C'est trop fort à la fin ! (Il s'assied brusquement le dos tourné vers David. Silence.)
David, se levant et s' approchant doucement de Fritz. — Ah i c'est ainsi que tu le prends, Kobus? C'est ainsi que tu traites ton plus vieil ami. . . . l'ami de ton père ? Tu crois peut-être m' épouvanter avec ta grosse voix ? Détrompe-toi, le vieux rebbe n'a pas peur ! Eh bien ! puisque tu n'a pas une bonne raison à me donner (Kobus tourne la tête comme pour répondre. David levant le doigt.) pas une seule ! Je vais tranquillement suivre mon idée .... Je vais faire le bonheur de Sûzel. . . Oui, je vais tout de suite demander à Christel la permission de m' occuper de cette affaire. (Se dirigeant vers la Jerme. A part.) Il faudra bien alors que tu dises pourquoi tu refuses. . . (Il met la main sur le loquet de la porte?)
Fritz, se levant vivement. — David !
David, à part. — Ah ! (Prenant un air bonasse.) Quoi, Kobus ?
Fritz, après un moment d hésita tio?i . — Va-t'en au diable !
David, à part. — Tu y passeras tout de même.... va ! ... . Je te tiens ! (Il entre dans la Jerme. Kobus reste seul ; iljait vivement quelques pas vers la ferme et s' arrête tout à coup, la main appuyée sur so?i cœur, comme t>our tn comprimer les battements ;)