ACTE III, SCENE IL
Cris dans la coulisse. — Ciseaux... couteaux à repasser. . . {Bruit de roue .) Brrr. . . .
Catherine. — C'est Denizot, monsieur.
Fritz. — Denizot ?
Catherine. — Oui, monsieur, le rémouleur. Il est là tous les jours de marché, au coin de la rue depuis trente ans. Vous ne l'avez donc jamais entendu ?
Fritz. — Jamais ! je dormais. . . . J'avais le bonheur de dormir ! (A part) maintenant je ne dors plus !
Cris aigus de denizot, au dehors. — Ciseaux.... couteaux . . . couteaux à repasser .... {Bruit de roue.) Brrr ! . . . .
Fritz. — Tu l'entends?
Catherine, riant. — Oui, monsieur, il crie assez fort.
Fritz. — Tu ris !.. . ça te fais rire ! . . .
Catherine. — Eh! monsieur, aimeriez vous mieux que je pleure ?
Fritz. — Dis-lui de s'en aller ! . . . S'il ne s'en va pas, je l'attaque devant le juge de paix.
Catherine, ouv? ant 2tne fenêtre . — Denizot ! Denizot !
Denizot, dehors. — Quoi, mademoiselle Catherine?
Catherine. — M. Kobus est un peu malade. ... ça le dérange d'entendre crier. . . Si vous vouliez aller plus loin !
Denizot. — Ah ! du moment que ça dérange M. Kobus ! . . . Bon ! . . . bon ! . . .
Catherine, refermant la fenêtre. — Il s'en va, monsieur; vous ne l'entendrez plus.
76 t'AMI FRITZ.
Fritz. — C'est bien heureux ! . - . (// s'assied d'un air harrassê dans un fauteuil, près de la table à gauche?) Je dormais. ... Je commençais à dormir. ...
Catherine. — Vous n'avez donc pas dormi, cette nuit, monsieur?
Fritz. — Non.
Catherine, vous qui dormiez si bien !
Fritz- — Oui, je faisais mon tour d'horloge. . . Ces temps-là sont passés ! .
Catherine. — Vous êtes malade. . . un peu malade. . .
Fritz. — J'ai quelque chose là. {Il pose la main droite sur soji estomac.)
Catherine. — Vous devriez faire venir le médecin.
Fritz. — Laisse-moi donc tranquille, avec ton médeciti ! Il me tâterait le pouls et me ferait avaler des drogues. . . Je n'ai pas besoin de drogues. . . Je connais mon mal... C'est laque ça me tient! J'ai trop bu pendant ce voyage. ... ça m'a dérangé l'estomac.
Catherine. — Je pensais bien que ça devait venir de là !.. . Je l'ai dit à M. Frédéric, mais il m'a répondu que vous n'aviez pas bu du tout. . . que vous mettiez de l'eau dans votre vin. . .
Fritz, V interrompant. — Frédéric a dit ça?
Catherine. — Oui, monsieur !. . . et que vous racontiez des histoires. . . {Elle s' arrête e?i regardant Fritz.
Fritz, brîisqueme?it. — Quelles histoires ?
Catherine. — Eh ! des histoires de mariage.
Fritz. — Frédéric ne sais pas ce qu'il dit. Je buvais trop , . . . voilà tout ! Des histoires de mariage ....