‹ L'ami Fritz (volume 2)Chapitre 63 sur 89 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

même .... un homme solide comme toi ... qui aurait digéré du fer ! . . (Il va remettre le verre sur la table, en riant dans sa ba7rbe, pendant qtte Kobus s' essaie la figure; puis il revient prendre sa chaise, qiû il place p7res de Fritz, et s' assied.) Oui, c'est à peu près décidé. {Levant les mains.) Oh ! ça n'a pas été difficile ! Je connais le jeune homme depuis longtemps. . . . C'est le fils de Jacob Bême, l'anabaptiste de Salm-Salm. Je savais que le père Jacob voulait marier son garçon .... et ma foi, dès le lendemain je me suis mis en route, j'ai grimpé la côte. Le vieux Jacob était chez lui ; je lui ai dit que Christel songeait à marier sa fille ; ce brave homme a pensé que ça pourrait lui convenir, et tout de suite il m'a prié de demander à Christel l'entrée de sa maison pour son fils André, sous le sceau du secret, bien entendu. Enfin, les choses en sont là. Mais avant de recevoir le jeune homme, Christel doit venir te voir, car il ne veut rien décider sans ton consentement. André lui convient beaucoup, c'est un beau garçon de vingtcinq ans, grand, solide, bon travailleur, rangé, mais Christel ne veut pas dire oui avant d'avoir ton consentement. (77 s'arrête et regarde Fritz ^ qni P écoute les yeux à terre. Silence.) Que penses-tu de cela, Fritz?

Fritz, levant les y eux, comme au sortir d un rêve. — Moi ?

David. — Oui.

Fritz, secouant la tête. — Rien du tout ! Cela ne me regarde pas !

David. — Comment ! N'es-tu pas le propriétaire de la ferme ? Ne faut-il pas que celui qui doit succéder un jour à Christel te convienne sous tous les rapports ?

Fritz. — Christel me paye ses fermages, c'est tout ce

que je lui demande. . . quand au reste, je ne veux pas m'en mêler.

David. — C'est que tu m'avais dit l'autre jour à la ferme .... que tu refuserais ....

Fritz. — J'ai dit cela, comme j'aurais dit autre chose.

David. — Je m'en doutais bien ! Mais je tenais à te prévenir de la visite de Christel. Enfin, voilà ma commission faite. Maintenant je te laisse, on m'attend à la maison .... {Prenant son chapeau et son parapluie .) Tu ne veux pas que je t'envoie le médecin? Je passe devant chez lui.

Fritz. — Non, merci.

David. — Tu ne sens plus rien, là ? (7l.se pose la main sur V estomac.)

Fritz. — Non !

David. — Allons. . . tant mieux ! (A part.) Ça le travaille ! {Haut.) Au revoir, Kobus, soigne- toi bien. (Il sort par la droite.)

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