ACTE III, SCÈNE IV
choses depuis trop longtemps, pour s'en passer plusieurs jours de suite. "
Fritz. — Il a compris?. .
David. — Parfaitement. . . . parfaitement ! La petite Sûzel a bien été un peu chagrinée. . . ah ! elle avait fait de si bons beignets ! . . {Silence. Observant Kobus.~) Saislu, Fritz, que cette petite est très-instruite pour une personne de sa condition ?
Fritz. — Peuh !
David. — Elle écrit comme un notaire.
Fritz. — Comme un notaire ! Elle griffonne, voilà tout.
David. — Elle écrit très bien. Le père Christel m'a fait voir le livre de comptes de la ferme, que Sûzel tient depuis deux ans, et je suis bien forcé de dire que ni ma femme, ni aucune des dames de la ville ne serait capa ble de tenir un registre avec plus d'ordre. Ça m'a émerveillé, car Tordre, vois-tu, dans un ménage, c'est tout. Sans ordre, l'argent s'en va on ne sait par où ni comment.
Fritz, se levé et passe à gauche. — (A part.) Mon Dieu, on me parlera toujours d'elle !
David. — Enfin j'ai quitté la ferme tellement content de cette petite Sûzel, que je me suis mis eu campagne tout de suite ! Et maintenant c'est une affaire faite. {Il se frotte les mains. )
Fritz. — Quoi ? Quelle auaire ?
David. — Eh ! le mariage de Sûzel.
Fritz. — Sûzel se marie ?
David, se levant. — Oui. {Fritz s" assied sans rien dire,
à gauche, près de la table?) Qu'est-ce que tu as donc ? tu es tout pâle ?
Fritz. — C'est mon mal qui me reprend. (77 appuie la main sur son estomac et pousse 7m soupira)
David, à part. — Ah ! bon. ... Ce n'est pas l'estomac qui est malade. . . (Haut.) Veux-tu boire un verre d'eau sucrée.
Fritz, d'une voix faible, — Je veux bien.
David, avec emp?esse??ient. — Reste là. ... je vais t' arranger ça. . . .{Il s'approche de la table au fo?id à droite, et prépare un verre d'eau sîicrée. A part?) J'en étais sûr ! (Ha?it, se retournant vêts Kobîis.) Avec un peu de rhum, n'est-ce pas ? c'est fortifiant.
Fritz, agitant la tête. — Oui.
David. — Voilà. {Il arrive avec le verre. Fritz étend le bras.) Attends que le sucre soit bien fondu. (Il agite la cuiller dans le verre.) Tiens. . . . bois !
Fritz, prenant le verre. — Merci.
David. — Prends garde de verser. . . .ta main tremble. {Fritz boit.)
Fritz, s' arrêtant pour inspirer. — C'est toujours comme cela .... quand ça me prend. {Il se remet à boire.)
David. — Ça te fait trembler? {Fritz, tout en hivant, fait sigjie de la tête que oui.) C'est tout naturel. {A part. ) Ça le travaille !
Fritz, lui rendant le vetre, — Tiens.
David. — Ça va mieux ?
Fritz.— Oui.
David. — Il faut que ça te fasse joliment mal tout de