ACTE III, SCENE V
lant.) Catherine? {Silence. Elevant la voix.} C'est toi, Catherine ?
Suzel, entrouvrant la porte. — D'une voix faible. — Non, monsieur Kobus. {Elle parait sur le seuil)
Fritz, se levant. — Sûzel !.. {Il ?ecule épouvante. Silence.) Qu'est ce. . . . que. . . .tu fais là ?
Suzel, d'une voix tremblante. — J'attends mademoiselle Catherine.
Fritz. — Catherine ! . .
Suzel. — Oui . . monsieur Kobus. . . Je l'ai rencontrée sur le marché. . - Elle m'a dit de venir l'attendre à la maison . . . (Silence.) J'apporte le beurre et les œufs. . , comme toutes les semaines. . . . (Elle s' arrête, toute pâle et les yeux baissés.)
Fritz. — Ah ! (Il la regarde un instant sa?is rien dire. A part.) Comme elle est pâle ! . . (Haut.) Entre donc ! . . Tu attendras Catherine ici aussi bien... qu'à la cuisine. . . {Elle entre lentement, sans lever les yeux. A part.) Elle n'ose pas me regarder ... Elle est honteuse de me revoir. . . après ce qu'elle a fait ! . . Ah ! mauvais cœur !. . {Haut, raffermissant sa voix.) Tu vas toujours bien . . . depuis que je ne t'ai vue . . . Sûzel ? . .
Suzel, d'une voix tremblante. — Oui.. . monsieur Kobus.
Fritz. — Et le père Christel. . . la mère Ursule. . . tout le monde se porte bien ? . .
SuzEiv. — Oui. . . . monsieur Kobus.
Fritz. — Il n'y a rien de nouveau à la ferme ?
SuzEiy, après un silence. — Non, monsieur Kobus.
Fritz, à part. — Oh ! la menteuse ! . (Haut, avec iro-
nie.) Tiens, tiens . . c'est drôle !. . Qu'est-ce que le rebbe est donc venu me raconter . . . que tu allais. . . te marier. . . avec le fils du père Jacob. . . un beau garçon ! C'était donc pour se moquer de moi qu'il est venu dire . . . {Sûzel baissa la tête sans répondre.*) C'est pourtant du nouveau, cela. . . un mariage dont il n'était pas question il y a quinze jours. . . {Silence,) Sais-tu ce que j'ai pensé en te voyant, Sûzel ?
Suzee. — Non, monsieur Kobus. . . .
Fritz, les yeux fixés sur Sûzel. — J'ai pensé que tu venais m' inviter à ta noce ...
SuzEL, levant ses yeux remplis de larmes. — Oh ! monsieur Kobus !
Fritz, troublé. — Tu pleures!.. Pourquoi pleurestu!..
SuzEE, cachant sa figure dans ses mains. — Vous me faites du mal ! . .
Fritz — Tu ne veux donc pas de ce garçon. . . Sûzel ?. . Tu ne l'aimes pas. . . .peut-être ?. . {Sûzel agite la tête pour dire non.) Et bien, alors. . . . pourquoi le prends- tu ? Qu'est-ce qui t'y force ?
SuzEE. — Mon père, monsieur Kobus.
Fritz. — Ton père!.. Ce n'est pas ton père qui se marie ! que diable ! . . Tu peux bien lui dire que tu ne veux pas de ce jeune homme. . . .
Suzee, secouant la tête . — Je n'oserai jamais !. .
Fritz. — Pourquoi ?
Suzee. — Ma mère dit que c'est un bon parti. . . . que le père Jaccb est riche ... Si je refusais . . ça leur ferait trop de peine ....