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emme préparait la gargotte. L'eau du lac étant vaseuse près des rives, elle se mit en quête d’une source ou d’un ruisseau. Des sources et des ruisseaux, on en trouve, paraît-il, à tous les deux ou trois arpents, dans ces endroits. Elle en eût trouvé dix au: besoin, mais elle s'arrêta à la première source qui attira son attention, parce qu'elle crachait des pois d'argent. L'eau était courante et claire, elle en prit ce qu'il lui fallait pour sa cuisine, puis, comme elle avait du temps à elle, que de sitôt les chasseurs ne reviendraient au camp, elle s'amusa à poursuivre ces goutelettes brillantes, quise brisaient, s'émiettaient, s’'égrénaient d’une façon étrange, puis se réunissaient, s’absorbaient sans se grouper pour former une masse, un poids extraordinaire,
Elle en recueillit ainsi une quantité assez considérable, avec un plat. Rendue au camp, elle transvasa cette matière dans la bouteille que vous voyez, et qu’elle m’a apportée en arrivant, à titre de curiosité Maintenant, vous en savez aussi long que moi. Que vous en semble ?
—Ïl rie semble tout simplement que les sauvages ont découvert là une fortune. Pourraistu faire venir Thomas ou la bonne femme ici ?
Rien de plus facile Aie! Petit Louis ! dis donc à Thomas que Tallé le demande !
À huit jours de là, le grand chef Paal, M.
Hough et Thomas étaient rendus au Buton, à la recherche de la source qui crache des pois d'argent.
Les recherches se poursuivirent plus tsrd.
Des capitalistes de la Basse-Ville de Québec
préparèrent -une exploration, à: grands: frais,
-sous la. conduite: d'un, savant minéralogiste
mandé à cette fin, d'Angleterre. L’exploration eut: lieu ; le savant recueillit, dans un: morne,
plusieurs. sacs. d’une poudre d'un-gris roux,
ae rapporta jusqu'à Lévis, où il mourut souainement, frappé d’apoplexie ou empoisonné.
Après avoir enlevé. son corps on chercha les sacs... et on ne les trouva point.
Ces sacs contenaient-ils du cinabre ?
Je le crois, d'autres. l'ont. cru avant moi, d’autres, le croiront encore après moi, jusqu’à ce que la découverte. du précieux minéral vienne confirmer cette croyance.
—M. Hubert Larne prenait ces indices au sérieux, au point de vue de la science : ïl les expliquait et poussait à la poursuite de l'entreprise.
J'en parle avec connaissance de cause, pour l'avoir consulté et. pour: m'être rendu ensuite sur lé terrain, à duux reprises ‘différentes, et y avoir passé plusieurs semaines à ‘explorer ou, pour mieux dire, en termes de mineur, à :prospecter.
Manquant d'expérience, n'ayant jamais vu de mines de mercure ou de ocinabre, allant sur la dictée assez vague de mes, livres, je n'ai pas réussi. Toutefois je reste convaincu que l'anguille m'a brûlé, que j'ai passé à deux pas du| pot aux roses. Et volontiers; je tenterais de nouveau la trouvaille avec des hommes experts.
Dans mes explorations, je n'ai dépassé le Lac des Vases que de quelques arpents. Uneexploration bien entendue devrait dépasser le lac Leverrier, visiter lé lac de la Frontière et des-
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cendre jusque vers: les profondeurs de Témiscouata. (Cette région: contient: des richesses minières incalculables.
Mon guide, un indien d'origine Huronne,n'a pas rempli ses promesses. : Excellent homme sous tous rapports, il partageait néanmoins: les préjugés de sa race-sur le danger pour eux: de révéler aux blancs des gisements de minéraux précieux.
Au sujet de la déconverte des mines de mercure; je me demande s'il n'y avait pas autrefois en: Europe, des sauvages:comme nous en avuns . en Amérique, défiants et soucieux de cacher les secrets.des richesses de la nature; je. me le de- mande, parce-que:je vois, par l'histoire, que les mines de mercure d'Idria, en Autriche; ont été découvertes en 1497, et qu’elles n’ont été exploitées qu'en 1575, près d'un siècle plustard ?
Comment les:mines d’Idria avaient-elles été découvertes ?, Par ‘hasard, comme la plupart
«des mines du reste, comme les mines d’or de la
Californie, dans l'écluse d’un moulin, comme les: mines d'Australie qu'un forçgat mit:au jour en grattant le sol du:bout de son bâton, comme le mercure des cantons frontières de Montmagny aura été découvert par cette vieille sau vagesse, à notre bénéfice et avantage. Toujours le sic: vos non vobis.
Un:berger d’Icria se trouvant au bord d’un ruisseau, y dépose un baquet qu'il y laisse pendant quelques: heures. dont vient le reprendre, il est tout surpris de trouver au fond des grains brillants insaisissables, comme il n’en
AVait jamais vus. Ce vase est conservé dans le
musée d'Idria. Si jamais nous découvrons des
mines de mercure en arrière de Montmagny, il nous faudra loger dans un de nos muëées, l'écuelle de notre sauvugesse. : L’eût-on : perdue ou détruite, il serait toujours facile de la remplacer par une autre, frime: pratiquée généralement parles fripons archéologues d'Europe. Mais qu'avons-nous à faire de ces hochets de la curiosité humaine ? |
L’Autriche ramasse des millions dans ses mines de mercure d’Idria :
L'Espagne puise dans les mines de mercure d’Almaden, la meilleure part et le plus sûr de son revenu.
Les mines de mercure de la Californie sont plus profitables à l'Etat que les mines d’or.
Après cela, ne paraîtra-t-il pas raisonnable, que nous nous mettions un peu en frais, pour poursuivre la recherche du mercure, déjà tentée par diverses personnes, dans un but d'intérêt particulier, pour la poursuivre, dis-je, dans l'intérêt de l'Etat, dans le but louable d'améliorer notre condition financière ? Je puse humblement cette question à nos gouvernants?
Je n’entretiens aucun doute, que tout le long des ‘“ Montagnes Blanches” cet énorme chevron, qui, dans la charpente du globe relie le système des Alleghanys à celui des Laurentides en passant par dessous le golfe Saint-Laurent, il se trouve des quantités considérables de ns; A solile dont l'existence est ignorée, mais que la présence de la serpentine sur les hauteurs accuse évidement.
Or, le gouvernement possède dans cette région, de vastes terrains non concédés, qui pren-
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Car, je ne partage nullement l'avis du Dr Reed, lorsqu'il veut que le gouvernement vende “ ses lerrains améantifères au prix de $1.00 l'âcre.”
Il est de ces terrains qui valent plus de $1.000 l’âcre: voire ceux de Thetford par exe ple. Les compagnies qui en font l’exploitation ont acquis pour ae avé centaines de piastres, ces rochers dont l'Etat était heureux de se débarasser, et qui ne se vendraient pas aujourd'hui, à moins de plusieurs centaines de mille piastres. Les six mille âcres de la compagnie minière de Colraine se trouvent dans les mêmes conditions. Vendus à raison de $1.00 l’âcre, soit $6,000 pour le tout, il y a encore peu d'années, ils valent, le tout ensemble, et presque. sans exploitation, déjà plus d’un million de piastres,.
On va crier à la spéculation, de la part du gouvernement ! Et pourquoi le gouvernement ne tirerait-il pas parti de ses biens ? Pourquoi ne mettrait-il pas à l'enchère des mines d'amiante comine il fait des limites à bois, comme il fait de ses mines de phosphate ? Qui l’'empêcherait d'exploiter ou d’affermer ses mines de mercure ? comme cela se pratique en Autriche, en Espagne et en d’autres Etats de l’Europe ?
A mon humble avis, il est d'urgence que le ic op Be se renseigne sans tarder, sur ‘étendue des gisements amiantifères et de mercure des cantons de l'Est et des profondeurs des comtés de la rive sud, sur leur richesse probable, sur leur position géographique en rapport avec les voies de communication, etc., etc.
Pour ce faire, il faut des explorations. Chaque parti d'exploration devrait’ étre muni d’échantillons de minéraux: diversnotamment d’a:
miante, de cinabre, de phosphate, de galène, de manganèse et d'antimoine, qui seraient distribués entre leshommes. Afin de créer l’émulation, une généreuse récompense serait accordée‘à celui qui ferait-une découverte importante bien constatée’et rapportée par le chef du : pañti. |
De campement en campément, les hommes seraient envoyés dans diverses directions et prospecteraïent ainsi en quelques mois'une vaste: étendue de pays:+ Un seul parti pourrait 'parcourir en quatré on cinq mois toute la lisière de forêt comprise entre le comté de Bellechasse et celui de Rimouski, à partir des derniers établissements jusqu'anx frontières. Bien sûr, le cinabre est là: et le cinabre autant que la chrysotile, c'est le million.
À, N. MonTreriT.
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