ARS . > PE
sûr que jamais argent ne sera mieux appliqué. Je saïs bien comme vous, que le minéral, une fois enlevé ne se reproduit plus, maïs quand je vous dis qu'il est inépuisable; qu’avez-vous à me répondre ? Si vous ne me croyez pas, venez.
ÿ voir et je suis votre homme,
Eh! quelles sont les mines les plusen valeur aujourd'hui? Sont-ce les mines d’or, d'argent, de platiné—mines de bonne mine, mines rutilantes, mines à reflets chatoyants, mines de représentation ? non! ce sont les mines de consommation usuelle et journalière, —les mines de cuivre, de fer et avant tout les mines de charbon —en un mot les minéraux économiqüues. Eh oui! le charbon vaut mieux qüe Por et l'argent, à raison de sa consommaätiôn utile, de son abondance, et de son extraction facile.
Le monde marche aujourd’hui à la vapeur.
Et le principe générateur de la vapeur, n'est-ce pas le feu, n'est-ce pas le charbon ?
Le charbon frémit en ce momént devant un adversaire terrible, l'électricité. [1 saccombera peut-être, maïs laissons ce secret à l’avenir.
Pour ce qui est de l'amiante, je ne ini connais pas d'ennemis. Elle est encore au berceau ; ce n’est pas là qu'il fant les chercher, et surtout il n'appartient pas à son parrain de Jui en imaginer. |
L'amiante est forte contre l’air, l’eau et le feu, —l’épreuve en est faite. L’amiante du Canada ou la chrysotile ést riche, à défier le génie d’Aladdin de lui ravir ses trésors—düût-il s’y employer pendant des siècles. —L'’amiante du Cahada a droit dé s'appeler le Million !
appliqué.
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DESCRIPTION DE COLRAINE 39
Description de: Colraine,
Des gisements de chrysotile existent en divers endroits de la province de Québec, dans le district d'Ottawa, les Cantons de l'Est, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, au-dessous de la cité de Québec, maïs nulle part ils ne sont aussi riches, d'exploitation: autssi facile et aussi favorablement situés pour le trafic que ceux: de Thetford et de Colraine.
Quoique sous le méridien de Québec (cité) Thetford et Colraine n’en sont pas moins rangés au-nombre des “ Cantons de l'Est,” désignation géographique décevante pour l'étranger, qui, s’orientant de Graspé, relève ces Cuntons de l'Est tout à fait dans l’ouest, et de Québec même, notre capitale, par le sud franc:
Mais bientôt, des noms nouveaux de villes, villages, centres manufacturiers, nés du commerce et de. l'industrie, feront disparaître ces dénominations erronées, ces anomalies d’orientation, qui, pour être sans conséquence, n’en paraissent pas moins fort bizarres à ceux qui n’en ont pas eu l'explication. C’est de Montréal que nous vient celte désignation des: Cantons de l'Est: Pour cette ville, elle est de fait géographiquement exacte.
Le canton de Thetford est compris en entier dans le quarante-sixième parallèle, pendant que Colraine, y attenant, déborde sur le 47ème, Une voie ferrée, le Quebec Central, joignant Sherbrooke :au port de Québec, traverse ces
deux cantons dans leur longueur et les met ainsi à quelques soixante milles, ou si l’on veut à trois heures de chacun de ses fermini.
De Sherbrooke, le trafic rayonne immédiatement, par des chemins de fer, vers les villes et les ports de mer les plus importants de la Nouvelle-Angleterre: et Québec, le portique du commerce canadien, s'ouvre d’un côté sur les provinces maritimes, sur l'Atlantique, sur l’Europe : de l’autre côté, sur Ontario, Manitoba, le Nord-Ouest, la Colombie Britannique, le continent asiatique et les plantureux archipels intermédiaires de l'Océanie. |
La compagnie minière de Colraine, possède, dans le canton dont elle a pris le nom, environ 6,000 acres de terres, désignées sous les noms de blocks À et B. Ces terrains sont bornés, au nord par le canton de Thetford ; à l’est par les terres de la Couronne non concédées et les réserves des Indiens, au sud, par les cantons de Garthby et de Wolfestown, en partie défrichés et, à l’ouest par le canton d’Irlande, couronné de verdoyantes collines, dont les premiers établissements remontent déjà à plus de cinquante ans. Ce canton fut ouvert par des familles irlandaïises, mais la population canadiennefrançaise y domine aujourd’hui, et la plupart des Irlandais ont adopté les coutumes et le langage de la race dominante. On y trouve d'excellents bûcherons et des travailleurs intelligents pour l'exploitation des mines.
Le Quebec Central traverse les blocks À. et B. sur une longueur d'environ cinq milles, à une hauteur de 150 ou 200 pieds de la surface du Lac Noir, la source de la rivière: Bécancour et
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DESCRIPTION DE COLRAINE 4l
l’une des plus belles nappes d’eau de ces régions Des montagnes de trois à six cents pieds d’élévation sont distribuées en éventail au sud et à l'est du lac, s’élevant presque toutes en pente donce par une succession de plateaux disposés en gradins. (C’est du moins ainsi qu’elles apparaissent, vues de l'entrée du canton, en ve nant de Lévis, par le Quebec Central; mais quoi de plus changeant que l’aspect des montagnes ? : D'une saison à l’autre elles ne sont plus les mêmes. Dans leur toilette, elles passent : par tous les tons de la gamme chromatique : verttendre au printemps, vert foncé en été, vert sombre aux premiers jours de septembre, avec une aigrette rouge au chapeau; c'est une coquetterie toute canadienne de notre érable
Après cela, sous les baisers brülants des premières gelées, vous les voyez étaler une:profusion inouie de couleurs, que seul le pinceau de Creighoff a réussi à reproduire. Le temps estil sombre ? les montagnes s’affaissent sous son poids. Par un beau soleil levant, elles se relèvent comme mues par un ressort caché, pour prendre un bain de rosée, que le soleil sèche sur. leurs épaules, en les baisant amoureusement. Sur le haut du jour, elles reflètent l’image de la nuée qui passe, tout aussi nettement que ls miroir du lac. Qu'un rayon de lumière perce. à travers le nuage, il fera changer le décors aussi promptement que le choc de la main fait changer les dés capricieux du kaléidiscope, Parïois, il suffit d'avancer de quelques pas ou de-changer de place pour que toutes les lignes du tableau se brisent et se reforment différemment.
D'une minute à l’autre, leur hauteur varie on ne sait pourquoi: Tout:à l'heure si hautes que leur front se couronnait: de nuages, les voilà tombées; ramassées, pelotonnées : vrai. ment! je ne:les reconnais-plus L’'illasion des distances n’est pas moins décevante. Jeicrayais avoir à gravir des centaines de pieds et tout étonné, j'atteins sans efforts, après un court trajet; des sommets qui me paraissaient incccessibles, AîiHeurs, la surprise sera contraire. Fatigués; harrassés, essouflés, vous allez mettre le pied sur: la’ crête de ce: rocher : vous vous hèàtez pour vous y reposer plus: vite : marche ! marche ! vousav:ncez, mais leterrain fuit sous ve : +8: marche ! marche ! dix minutes, un qi... d'heure, une heure: s’écoulent, la sueur rmisselle sur:vos:fronts; vos jarrets se raidissent et V8: «iarchez: encore! marche! marche!
après deux heures, vous arrivez enfin, épuisés. À votre compte, vous aviez au plus dix arpents à faire et de vrai vous avez parcouru une lieue.
Pour la. plupart, les montagnes de Colraine sont: des rochers nus, dépouillés de végétation, etmême deterre végétale. De loin, au coucher du soleil eHes représentent un groupe de coupoles: cuivrées, avec un certain air de pagode orientale—ou: bien, autant de fronts chauves sur lesquels se dressent de rares-cheveux--des pins'et des épinettes dépourvues de feuillage. Bvidemment le feu a passé par là.
De:place en place toutefois, dans les: plis des montagnes, dans: ru ravinis, l'industrie retrouve et ramasse avec: religion et profit de précieux lambeaux du manteau royal de la forêt primitive. C’est que le fen ressemble aux: grands
ur varie si hautes ages, les es : vraiasion des Jeicrayais ls et tout un court ent insccontraire.
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DESCRIPTION DE COLRAINE 48
vents : il renverse les-chênes: et ne touche: pas aux roseaux: il bondit de montagnes: en montagnes, sans fouiller dans les:coïns. (C'est ainsi que Colraine a pu conserver assez de bois pour lui permettre de faire encore aujourd’hui-des chantiers pour l’exportation ét d'assurer à l’établissement de quoï suffire à la construction d'une ville, |
Une seule montagne est -restée intacte protégée qu’elle était par un:coupe-feu de bois franc. On la nomme la: Montugne-aur-chénes ” parce qu'elle produit en certaine quantité de cette éssence de bois, très rare dans les cantons de l'Est. (Cette: montagne; la plus forte de Colraine est un miassif de fer magnétique, le plus pur qui se puisse voir: Le chemin de fer la contourne à utre distamrcee,; Variant: de six arpents à un mille au plus C’est dire qu’il y # là deux fortunes sous la main.-‘Un filon de cuivre:trèsriche, mis an jour par les travaux du: chemin de fer, traverse la montagne à sa: base, ce’ qui pourrait être une troisième fortune:en d’autres lieux que dans cette solitude.
La première fortume tient aux produits forestiers. Il y a là du pin rouge de bonne qualité, du cèdre à bardeaux, du hêtre, du chêne, de l’épinette rouge et des érablières magnifiques, du merisier, de la pruche, du pin; en un mot, de tous les-bois d'utilité principale, en état parfait de conservation. Ni la hache ni le-‘feu ne les ont jamais touchés.
La seconde fortune est dans le fer, comme la troisième, dans le cuivre, appelant la curiosité et lés recherches du minéralogiste, Pour ma part, j'en sais juste assez pour la deviner, mais
il lui faut des hommes de science pour la scruter, l’interpréter et la faire valoir, Je me borne à dire, en passant, qu’au point de vue géologique, eile vaut la peine d’une étude sérieuse. |
Si j'étais botaniste, à la voir garnie d’une végétation aussi iuxuriante, couverte d'arbres de haute futaie des essences les plus précieuses, que le fer n’a jamais-touchés, descendants de la forêt première dont la noblesse n’a jamais déchu sous la cognée, je dirais- qu’elle est la plus belle fleur des Laurentides attachée à la boutonnière des montagnes blanches. La coquette se mire dans les eaux sombres du Lace Noir !
Dans le brassement ou le pétrissage de la masse ignée dont il fit notre globle, Dieu créa des affinités chimiques ou physiques entre diverses matières qui les firent se réunir, se grouper, sacheminer ensemble dans le tourbillon incandrscent, et lorsque le refroidissement les surprit, elles se fixèrent pour la durée des âges, les unes en filons, les autres en torrents. do quartz, d'autres encore en entassements de cristaux comme le fer, ou de calcaire comme le marbre:ou de magnésie comme la serpentine. Ces divers minéraux constituent une bonne partie des ossements ou de la charpente du globe. Plus tard, la mer et la double vie végétale et animale recouvrirent ces os, de formes arrondies, de couleurs agréables à l'œil. Elles ont été pour la terre. ce: qu'est la chair pour le système physiologique de l’homme.
Dans les formations siluriennes métamorphisées des Cantons de. l'Est, la serpentine et le
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d'une véarbres de récieuses, ants de la amais dést la plus à la boucoquette ; Noir!
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DESCRIPTION DE COLRAINE 45
talc se sont réfugiées et entassées, en masses énormes formant de véritables montagnes. La serpentine est susceptible du plus beau poli. Ses nuances vertes, brunes, noires, jaunâtres distribuées en lignes harmonieuses, en rosaces, en courants tortueux, formant ici des paysages, des arbres, des montagnes, là des ruisseaux, des lacs, entourés d’arabesques capricieuses ou d'irradiations soudaines, cratères de volcan, gerbes de flammes sont d'un magnifique effet. Les serpentines de Colraine sont supérieures à tous les échantillons qui figurent au musée géologique d'Ottawa. Comme la chrysotile, elles attendent des capitaux pour se faire connaître et valoir. |
C'est au cœur de ces masses compactes et imposantes et dans le talc ou pierre à savon que se trouve notre pierre à coton, qui en est l’'écume ou le crachat, erachat précieux qui vaut une prodigieuse fortune.
Du nord au sud, entre les cantons de Leeds et de Strafford, de. l’ouest à l’est, de Wolfestown jusqu'à Forsyth l'assiette des montagnes se compose principalement de serpentine— assiette ovale de vingt-cinq milles dans sa longueur et de vingt milles dans sa largeur. La convexité centrale s’accuse dans Thetford. Colraine et Irlande, sur une superficie d'une vingtaine de milles, mais les rebords se prolongent au loin. Une étude géologique sérieuse en fournira aisément la preuve.
La cerète des montagnes est de fer et: de cuivre, qui auront été repoussés à travers les fissures de la croûte serpentineuse, par l’action du feu centrai, et qui s'élèvent comme autant
de statues colossales d’airain posées sur des piédestanx de nfarbre.
Chez Senecal!
-" La maison et l'établissement !
: Disons de:suite, que les amis y sont accueillis en frères. L’hospitalité si large. que sait offrir M: Senécal:en Europe, aux Etais:Unis, au Canada se:retrouve la même dans les montagnes de Colraine.
À tabie, nous croyons être au “ Russell ” de Québec; au‘ Windsor,” au ‘ Richelieu,” au “ St. Lawrence: Hall”? de Montréal.
Au salon, pas de piano, mais un harmoniuwm, sil vous plaît? que M. Würtele sait toucher avec une âme d'artiste et un doigté de maître. On cause;:on rit, on chante, on est dans le ravissement. Les soirées passent d’une façon enchanteresse. :Si bonne nous parait la vie pu’on dédouble le jour sur la nuit. On fut le sommeil, de crainte que les rêves ne puissent reproduire les agréables sensations de la réalité.
Ah:oui! on est bien joyeux, on s'amuse d'entrain dans la maison de M. Senécal, à Colraine, je‘puis en attester par moi-même, après ÿ avoir passé quinze jours. |
Les questions de spéculation, d'intérêt y sont posées et discutées à fond, avec raison, sans emportement : les questions politiques arrivent secondaires ;:on parle d'agriculture, de chasse, ‘à de pêche; sans y mettre plus qu'un grain de
, sur des
accueillis sait offrir 18, au Ca- 1ontagnes
ussell ” de au “ Sé.
ar mOonium, t toucher le maître. ans le rane façon ut la vie On fut le
puissent la réalité.
s'amuse al, à Colme, ‘après
rêt y sont son, Sans s arrivent
le chasse, "|
grain: de
sel :attique, tout le monde semble d'accord.
Les plus âpres débats ffnissent parrune chanson.
Quel pays. de cocagne ! Et cependant, on n’y est pas; heureux !
D'où vient cela ?
Pourquoi ne pas l'avoucr sans : hésitation: ? C'est que nous sommes des-ouvriers, des travailleurs, as mineurs, des «chercheurs, et qu'il nous manque a tous, l'âme de la société, le secret du bonheur en commun comme. chez soi;—+la femme !
Oui !’donnez-nous la femme ! Elle : sde sait faire, notre bonheur. Elle nous apportera la discorde ; soit! J'y consens volontiers, pourvu que j'aie; ‘la chance d’être heureux.avec elle.
Femmes intelligentes de:mon ‘pays, je vous donne un: conseil d'ami, dont vous vous trouve rez bien, je l'espère.
“51 votre mari, que vous aimez, vous ennuie, par son humeur maussade, envoyez-le passer quinze jours à Colraïine, à l'établissement de M. Senécal. Il doit avoir de l'intelligence et du cœur, puisque vous l'aimez.
“ S'il a de lintelligence; il:y trouvera :une fortune, que vous saurez dépenser facilement, à votre plaisir et peut-être.au sien.
“F'ila du cœur, il vous reviendra plus fervent qu’il n’a jamaisété. Cette excursion vous vaudra deux fortunes, l’une issue de laterre— et l’autre de la lune... …....sereine !| So; +2 donc mes complices ! ” |
RME M Shi, que: vous sachiez ce qui en est, Si vous ne contrôlez pas les chiffres, au
ja | | moins tenez vous à ce qu’on vous présente un
(al rapport ou une description honnête. Voici :
M Comme corps de bâtiment, ‘ la maison Sénécal” se compose d’un logement principal pour les ouvriers, et d’une allonge formant équerre, pour l'installation des propriétaires et le loge-
-ment des officiers—ce que nous appelons l’hôtel.
. Le grand côté extérieur de l’équerre mesure 80 pieds, et le petit, 50 pieds. La ‘son a deux étages, sans-compter un rez-de-cnaussée spacieux où sont installées lés boutiques de menuiserie, les fabriques de boîtes, etc. etc.
Au premier, le réflectoire, de 60 pieds par 80. Une table en long, au milieu de la salle, garnie constamment de grands pots remplis d'eau
‘fraîche et de petits pots remplis de sirop— : des bancs fixes de chaque côté de la table : trois lampes suspendues au plafond: partout, propreté ad ungnem, ou si vous l'aimez mieux ‘“ d ne rien ramasser sous l'ongle.”
Au bas-bout, vers le sud, la cuisine,. vingt pieds sur trente, Pour cuisinier, M. Meloche, bien connu à Montréal, pour y avoir gâté plus d’un palais, à force de talent culinaire.
Au second, le dortoir; de 75 sur 80 pieds, logeant 38 lits au large, pouvant en loger 76, au besuin. Au dessus, dans les mansardes, même espace ! °
J'étais là, en octobre dernier. Le-froid com- | mençait à prendre.
Dans le dortoir, j'observai que l’on chauffait un gros poële, un poële gros comme on n’en voit guère, et qui chauffait d’un feu d’enfer.
Deux rougeurs bien marquées sur ses deux
résente un Voici :
aison Sénécipal pour 1t équerre, et le logeons l'hôtel.
rre mesure a ‘son à le-cnaussée utiques de etc. etc.
eds par 80.
alle, garnie n plis d'eau de sirop— :
table : trois artout, pro- Z mieux ‘4
ne, … vingt ..Meloche, r gôté plus re. ; 0 pieds, looger:. 76, au rdes, même
» froid com- |
bn chauffait e on n’en d'enfer.
r.ses deux E
| grandes plaques, nous attestaient qu’il y allaït
de tonte flamme.
Trois rangées de couchettes, munies de bons matelats, ecouverts de couvertures «en laines étoffées : lavabos en zinc, aiguières de même métal; miroirs appendus au mur: consoles
à fixes, une ici, une là :: 4 lampes suspenduëés au
plafond ; üne table à cartes sur:pliants.
Douze fenêtres ‘à guillotine, ouvrent de grands yeux sur ün panorama de la plusrare:
beauté.
Dans le petit bout de l’équerre sdnt lés bu,
reaux'et les appartements destinés aux officiers. Le tout ensemble forme un'véritable musée: où l'on trouve les plus ‘beaux échantillons dès mines, parmi lesquels les amis choisissent à : souhait, sachant que les maîtres de céans-sont assez généreux pour être aveugles sur ces ler: | çins: :
Au-nord du ba time adossé au petit bont de l’équerre, se trouve une boulangerie: de 40 sur 16 pieds, avec ün four, cuisant au besoin, d’une seule:fournée, jasqu’à 150 pains:
Tel qu'elléest, la charpente du bâtiment se faconne de 9,980 pieds de bois courant, dont le plus petit morceau mesure 8 pouces carrés! Il
jen ‘est qui porient jusqu'à 14 pouces:carrés.
Construit en bois depin sec, lambrissé à déclin au dehors, par dessus un lit de carton ce bâtiment est habitable Fos les phis rudes roidé dé nos hivers. |
An nord-ouést dela maïson, une forge de rrande dimension, munie d'o outils perfection-
hés; sous là direction habile de M: Léveillé
naîtré-forgeron! de la:ville de Québec.
Sie ne Sem
RS 2 RE nm er nd Le Ne De
En. CC
Au sud-ouest, la remise ou hangar à l’amiante et la boutique à gober, 2 étages, mesurant 75 sur 20 pieds, parfaitement lambrissée.
Au sommet du monticule, la poudrière, en forme de guérite, hors d'atteinte des éclaboussures de la mine et construite d’après les instructions du génie. Personne n’y met le nez, autre que le chef d'équipe des mineurs, M....., et toujours, lorsqu'il fait éclater une mine, le drapeau noir flotte à la hampe, Rien ne se fait ici, qu'à l’ordre et sous la surveillance de MM.
Wurtéle et Lionnais.
Ça et là des batignolles, pour des écuries on des remises d'utilité temporaire.
La maison Senécal est bâtie dans un pli des montagnes, à environ deux ou trois cents pieds au-dessus de la ligne du chemin de fer. On l’aperçoit de loin. D’aucuns prétendent qu’elle ressemble au monastère de la Trappe. Va pour la maison, mais pour ceux qui l’habitent je n’y suis plus. Je vous jure qu'ils ne sont rien moins que des trappistes ! Lors, c’est d’une fenêtre de la maison que je décris les mines.
À ma gauche, la nappe bronzée du lac Noir, que surplombent les montagnes d’Irlande :
dans le fond, échelonnés sur d’autres montagnes, les champs vert pâle de la paroisse de Saint- Aubert; à ma droite, une forêt de sapins, un crêpe immense.
Tranchant là dessus, à trois arpents d'ici, s'élève un mamelon en dos de tortue, de huit arpents Sur six, qui mesure bien cent vingtcinq ou cent cinquante pieds au dessus denous.
Au sommet on a bâti le magasin de la dynamiie ou plutôt dé la dualine. Il ressemble à
amiante arant 7 5
rière, en :claboussinstrucez, autre £..., et e, le drase fait ici,
de MM.
curies ou
n pli des ents pieds fer. On nt qu’elle Va pour ent je n'y sont rien d'une feines.
lac Noir, ’Irlande :
ontagnes, de Saintapins, un
nts d'ici, , de huit nt vingt-
un bonnet phrygien, la coiffure des révolutionnaires de 93. C’est bien porté, de nos jours, par la dynamite ! |
De ci, de là, une quinzaine de pins, desséchés par ie haut, carbonisés par le bas, traçant des Ï ou des % sur l’horizon bleu, restés debout sur le brasier qui consuma leurs frères, parcequ'ils ne pouvaient tomber, leurs pieds étant pris dans les crevasses du roc. Il faut entendre l'ouragan soufller dans ces grands chalumeaux ! Pauvres arbres ! cypes funéraires d'une splen-dide forêt emportée par un coup de feu, ils ne donnent même plus d'ombre, ombres eux-mèmes de leur antique beauté. Les murmures de la brise, les douceurs de la rosée ne leur sont plus sensibles. Les oiseaux chanteurs les ont abandonnés: Seule la corneille et les oiseaux de proie se reposent en passant sur leurs branches dénudées. De nombreuses souches calcinées rappellent la forêt disparue.
Les flancs du monticule sont recouverts d’un foin abondant, à chalumeau dûr, résistant, foisonnant jusqu'à hauteur d'homme. Dans tout le canton du reste, ce foin tapisse les endroits où se trouve un peu de terre végétale. Récolté vert, il donne un excellent fourrage, mûr, il sert à faire des couvertures de grange. Mais si j'avais de l’argent, jen ferais de la pulpe de première qualité.
Dans Colraine et dans Wolfestown le canton voisin, on peut en récolter, bon an mal an, au moins cinq ceu* mille bottes. Avis aux hommes d'affaires ! »|
Deux chemins serpentent, l’un à droite, #5 l'autre à gauche du mamelon, gagnant vers le
quai du chemin de ‘fer qui se trouve à 200 pieds plus bas.
M. Noël, de Sherbrooke, en ouvrant: cette mine;il.y.a trois ans, a pris le monticule par la tête, il lui a tranché un bout d'oreille. Il est sorti de là plus de cent tonneaux d'amiante, et il n’ÿ parait pas le moins du monde.
Pour une raison ou pour une autre que j'ignore, M. Lionnais a abandonné la mine de Noël, toute productive qu’elle. fut, pour aller frapper le monticule par le Nord-Est. La mine! y est également riche, puisque je vous dis, qu’il n’y a qu'à trancher les montagnes comme on tranche du pain ou du fromage, pour avoir de l'amiante. M. Noël avait fait une galerie, M. Lionnais a creusé un puits, où l’eau cause nécessairement uu embarras et nécessite des frais.
Cette erreur est de correction facile. , On n’a: pour cela, qu'à ouvrir une mine au-dessous, pour donner de l'écoulement aux eaux génantes de la mine Amélie.
La mine Ewréka représente un coup de bêche frappé au pied du monticule, de cinquante pieds de largeur à la coupe, de trente de profondeur, et chassé d’en bas sur une longueur de cent pieds.
La mine Amélie (nom de madame Lionnais) à cinquante pieds. de distance de l’Euréka, formant une excavation ou un puits pour employer les termes de mineurs, représente un bassin de 150 pieds de longueur sur 50 de largeur, avec une profondeur moyenne de douze pieds, un trou de loup et pas plus.
On en a pourtant retiré 125 tonnes de minerai marchand, sans compter ce que rapporteront
t cette > par la
Il est ante, et
re que nine de ir aller
La mine:
lis, qu'il ame on avoir de
erie, M.
use néles frais. |
On n’a.
les déchets, sons le choc des pilons, ce que j'évalue à 20 tonnes au moins.
‘Æt cela, avec le service d’une vingtaine d'hommes, et durant l’espace de deux mois:
Car, les travaux miniers n’ont commencé sérieusement, qu'après l'installation des grues, au mois de septembre dernier. |
J'étais là, en octobre, et de quatre coups de mine, j'ai vu sortir de la mine Amélie. cinq tonnes et demi de minerai de première qualité. Jugez par là de ce qu’elle pourra produire.
Cependant, je l’ai déjà dit, ce n’est là que l’entame de la mine; on n’en est encore qu’à la croûte. Attendez qu'on l'ait creusée jusqu’à cinquante pieds et vous verrez des merveilles.
Ne vous imaginez pas que ces mines soient isolées. Partout autour, le sol est le même.
Sur le terrain de M Senécal, mesurant mille pieds de largeur, sur dix arpents de profondeur, on peut ouvrir, n'importe où, de vingt-uinq à cinquante mines et réussir tout aussi bien que dans la mine Amélie.
M. Lionnais l’a si bien compris, qn'il vient de retenir les terrains voisins pour y installer une exploitation grandiose qui se nommera “Ja mine ” Bonanza ou si vous voulez {“ l’abondance ” la richesse.
Capitalistes, qui avez de l'argent, à ne pas savoir où le placer, si le cœur vous en dif, je me fais fort de vous trouver des mines dans Colraine valant tout autant que l’Ewreka, l'Amélie et la Bonanza. |
On prête à M. Senécal l’intention d'acquérir les blocks A et B de Colraine. Je le crois sans
peine. M. Senécal doit avoir dans ses poches, la baguette de coudrier, qui lui fait deviner les trésors souterrains. Je dis, dans ses poches, mais pour lui rendre justice, je dois déclarer ‘que cette. baguette de coudrier, il l'a dans le cerveau— : c'est la baguette magiqne du talent, du génie des affaires, que nul qui l’a vu de près et connu ne peut lui dénier.
Seulement, si j'étais propriétaire des Blocks À et B, je lui tiendrais la dragée haute. (Car, l'amiante, c’est Le million !
Travaux des mines.
La disposition du terrain, presque partout en pente douce facilite les opérations des mines dans Colraine. Au lieu de creuser des puits où l’eau de pluie s’amasse ou ouvre des galeries en pente, un tramway vous débarrasse des déchets en les transportant à la queue de la mine.
A la longue cependant, on comprendra que ces déchets deviendront une nuisance. Quand les mines seront plus avancées, que des capitaux considérables y seront engagés, on devra transporter de première main, la matière de rebut jusqu’au lac Noir, profond de quarante brasses, long de deux milles et demi et large d'un mille. On peut y loger deux ou trois montagnes à l'aise.
Le minage se pratique à la barre à mine (drill) ou foret et au marteau. Nos canadiens sont de merveilleux frappeurs. Ils tapent comme de vraies machines, à tour de bras, l’œil
s poches, viner les hes, mais arer ‘que as. le cer-
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