CCR, OT EN ES EE
Le A
qui parle.
cinquante de mes se donuvait jolian homme se.—Nous des Rois :
t de soufclous éclau du froid, comme un
rait amené |
ant le plus montrer un narguer les tant, puis-
ou quinze
vigoureu- |
oncle !
t tout son
un homme
enveloppé !
e, portant
saut d’hiss j'ouvrals
| sous son bras.
Le survenant s’excuse sur le grand froid, de son irruption soudaine dans notre cercle de famille. Pas un mot de réponse. Debout, les pipes à la main, chacun le regarde du plus clair de ses yeux. Lui, sans paraître remarquer la surprise des assistants, sans lasser leur curiosité, s'adressant à mon oncle exhibe un grand sac blanc d’une étoffe épaisse et moëlleuse.
“ Je conduis à Montréal, dit-il, une dame qui a grand froid et qui n’a pas le temps de s'arrêter en route pour se réchauffer. Me permettriezvous de prendre quelques tisons à votre poële ?
Personne ne répondit. Mais une pelle se trouvant à la main, l'individu s’en empara (croyant sans doute la permission accordée,) cuvrit la porte du poële, plongea l'instrument dans les charbons ardents, à trois ou quatre
| reprises, et les engouffra dans son sac, qu'il
roula tranquillement dans ses mains et plaça Puis, saluant à la ronde, de la façon la plus affable, il s’éloigna en nous disant “ bonne nuit mes amis, et merci !” L'assemblée resta plongée dans la stupéfaction. Je crois entendre le cri de ma mère m'enlevant dans ses bras jusqu'au grenier. ‘ C’est
1 le diable ! bien sûr, c’est le diable.”
La veillée fut courte, comme vous pouvez bien penser. Croyant à wn avertissement, mon oncle, qui était bon catholique et bon canadien se rendit à confesse, le lendemain. Ceux d’entre les convives qui avaient quelque chose à se reprocher ne marquèrent pas d’en faire autant. La paroisse en fut édifiée, le bon curé, s’en réjouit fort; les maris devinrent plus complai-
sants pour leurs femmes ; quant à celles-ci, elles se contentèrent de rester lés mêmes. Elles ne pouvaient faire autrement, puisqu'il est reconnu, des quatre coïns de ia renommée, que la femme * Canadienne est la meilleure femme du monde.
Cet incident que je viens de raconter devint bientôt un événement, dont on parla, à la veillée, sous frémissement, dans les paroisses, d’alentour, pour ensuite tomber, à la longue, dans la légende. On en parle encore toutefois à
mais pour moi, j'avais presqu'oublié ce soubresaut de simplicité, dans le brouhaha des affaires et l'éloignement de la paroisse natale ; lorsqu'il y a quinze ans, ou à peu près, un de mes foremen (chefs d'équipe) de la Gratineau, vint me demander formellement, l'œil dans‘ l’œil, d’ordonner le renvoi d’un homme qu’il avait sous Ses ordres. :
# Allons donc, lui dis-je, tu es bien libre de renvoyer qui bon te semble de tes hommes, dès qu'il ne font pas leur devoir.
—J’éen conviens: seulement celuilà est le meilleur homme du chantier ; adroit, fort, soumis et même bon catholique, disant:ses prières matin et soir, et qui n’a jamais un mot d'impatience.— Je ne puis prendre sur moi …....…,
— Alors, pourquoi veux-tu le renvoyer ?
—C'est que tous les hommes menacent de quitter le chantier, s’il y reste. Ils refusent de travailler, de manger, de loger même avec lui. Lui s’en aperçoit, car il-a de l'esprit, mais lorsqu'il veut les aborder, ils refusent de causer avec lui.
—Encore ? qu'y a-t-il là-dessous ? Explique-
2s-ci, elles toi mon ami!
Elles ne —1] y a monsieur, pour vous dire la chose treconnü, telle qu’elle est, que tout le chantier prend cet la femme homme pour /e diable.
Lu monde. —Aoh'! un chantier où le diable fait ses
ter devint
prières, matin et soir, est un modèle de patience et de capacité, doit avoir pour ‘“ foreman ” un ange du bon Dieu, un Saint-Michel au moins.—
à la veil- Car Saint-Michel a vaincu le diable, mais il ne
A , . 4 ., oisses, d’a- la pas converti. En ma qualité de propriéigue, dans taire, vous ‘“ foreman ” de l’un de mes chan-
outefois à oublié ce
tiers, j'ai le droit de Vous demander comment vous avez réussi cette thaumaturgique opéra-
uhaha des tion de faire un saint du diable ?
se natale; —Ne riez pas de moi, S'il vous plait, M. Au- )rès, un de mond ; parce que, sans être superstitieux, les Gatineau, | faits dont il s'agit me paraissent surnaturels.
l'œil dans mme qu'il
Vous êtes mon supérieur, mais je n’aimerais pas à passer pour un imbécile à vos yeux. En deux mots, voici la chose !
L'homme en question est un Irlandais, né
en Irlande, du nom de Patrick Sober et qui fait honneur à son nom. Je ne lui ai jamais vu prendre un verre de boisson forte ou d’eau de feu, qui doit être la boisson du diable. | L'étrange de sa conduite vient, de ce qu’à sa rentrée au chantier, après sa journée faite, son premier soin est de retirer ses chaussons et de les jeter dans le poële, d’où il les reprend, à la main, une ou deux minutes après, les secoue et se les remet aux pieds, sans qu'il y paraisse, sans que les chaussons aient roussi ou perdu un poil, et sans qu'il fasse une grimace en se
. mais lorsde causer
les passant dans les pieds, tout brûlants en apparence.
Ah! voilà le mal! eh bien! dis à Patrick Sober de venir ici!”
L'explication fut simple comme on doit penser. |
Sobet avait 6t6 employé, en Angleterre, dans une fabrique d’articles d'amiante, Venu au Canada, il avait recueilli, près de Hull, sans y attacher d'importance, une certaine quantité du mineral dont les propriétés incombustibles lui étaient familières. |
À ses heures perdues, il s'en était filé et tricotté ces chaussettes infernales qui avaient jeté la terreur dans un de mes chantiers, à tel point que j'essayai vainement de faire entendre raison à mes hommes. Force me fut de ramener le proscrit avec moi. Je le gardai, pendant trois ans, à mon service : il m’a quitté pour
épouser une’ Caunadienne-Française et s'établir |
sur une terre dans lé canton de Russell, où
il réussit bien et élève beaucoup d'enfants. Sous |
cé rapport, Canadienne-Françaisé oblige autant que noblesse.
—Mais, M. Aumond, l'Hommeé au Sac, plein }
de tisons, de charbons ardents ?
—“ Ah! c'est vrai, le souvenir de l'Homme
au Sac m'est revenu avec les chaussettes de Sober, èt voici l'explication que j'en donne : Je crois qu'une dame Anglaise munie d’une chaufferette en amiante pour se ténir les pieds chauds
en voiture, chose inconnuüe’ici, aura commis-k
sitonné son cocher d’en renouveler le combus tible, à la maison flamboyante où se donnait le fricot de mon oncle, et voilà tout !”
rûlants en à Patrick e on doit
étérré, dans Venu au quil, sans y quantité du ustiblés lui |
it filé et tri- ‘avaient jeté s, à tel point ptendre Tralde ramener dai, pendant quitté pour et s'établir | Russel}, où nfants. Sous oblige autant
au Sac, plein de l'Homime aussettes de sn donne: Je , d'une chaufpieds chauds ura ComImMIsr le combus à se donnait xt!”
Lorsqu'il y a deux ou trois mois, au plus, je vis, pour la première fois, un morceau d’amiante, le même que voici, le souvenir de ces deux anecdotes me revint en mémoire. En l'effilochant sous mes doigts et le soumettant à la flamme qui lui prêta la couleur du feu, mais le laissa intact, je me pris à songer aux usages auxquels on pourrait employer ce minéral. Ils sont vraiment innombrables Un jour ou l'autre, le génie humain en retirera düe ressources prodigieuses.
Songe qu'il résiste à ïa fois à l’action de l'air, de l’eau et du feu, à celle du feu surtout, le terrible ravageur de la terre, qu’il est appelé à détruire !
Réfractaire à outrance, l’amiante sera utilisée comme doublure pour les creusets, les fournaises, les hauts-fournaux, pour le packing dans les machines. Réduite en pâte, on en fabriquera de la peinture, du papier-tenture, du carton pour les toits, du papier à écrire et à
|imprimer. Il restera l'encre à la fois indélébile et incombustible à découvrir. Ce doit être un jeu d'enfant pour nos chimistes, Dès lors, [tous les actes publics, les documents précieux, les archives, les livres de choix sont imprimés sur papier d'amiante Plus n’est besoin de voütes ni de coffres de sûreté. Au lieu de
brûler, le feu fera l'office de nettoyeur, blan-
hissant la page et noircissant l'écriture ou
l'imprimé. Sion réussissait à en faire des tis-
sus. des étoffes, quelle révolution dans le comnerce, l’industrie et l’économie domestique !
—Un moment, M. Aumond: j'applaudis à
à vos théories, à-vos projets, mais vous raison-
nez sur un simple échantillon du poids de quelques onces, J'aime beaucoup le civet, mais pour faire un civet.....….. |
Oui ! oui! je sais qu'il fant un lièvre. (C’est la question de quantité qui te préoccupe, et.ta as raison mon ami. Mais je dois te dire, que par mon état de commerçant de bois, j'ai parcouru une grande partie de nos forêts, vallées et montagnes, au sud comme au nord du fleuve Saint-Laurent. Sans être minéralogiste, j'étais curieux d'observer les roches qui se trouvaient sous mes pas. En examinant le rocher de Hull où ce morceau d'amiante a été trouré, je me suis rappelé avoir passé des montagnes, de formation absolument identique, à la Petite Nation, dans le comté de Témiscouata et dans les Cantons de l'Est, dans ces derniers cantons surtout ! |
Vous êtes jeunes vous autres; vous pouvez ètudier ces terrains, en faire la comparaison et vous en emparer. Je vous le conseille, à toi et à tes semis. Le lièvre que tu demandes pour ton civet, il est là! je le sais, j'en suis sûr! mais tu le vois, mes rhumatismes m'empêchent de le poursuivre, Allez vous autres ! tâchez de le pincer et d’en apprêter le civet, qui s’appelle le Million.
“Je n’y goûterai pas à ce ciret, mais toi, dans l’occasion, tu sauras te souvenir du vieux levrier qui aura fait lever le lièvre.
Je m'en suis souvenu et je m'honore de cette reconnaissance, envers un homme qui voulait sincèrement le bien de son pays et qui a eu la prescience d’une de ses plus grandes richesses.
de quel-
ret, mais
e. (C'est pe, et.tu dire, que , j'ai pars, vallées du fleuve te, j'étais rouvaient r de Hull vé, je me es, de for- Petite Nat dans les s cantons
s pouvez araison et bille, à toi ndes pour suis sûr !
mpêchent »s |! tâchez , qui s'ap-
mais toi.
du vieux !
re de cette ui voulait jui a eu la richesses.
DE LA CHRYSOTILE 21
De la chrysotile des Cantons de l'Est. Qualite et quantite.
À première vue, on juge de la qualité de la chrysotile en pierre, (Canadian rock), par sa couleur jaune doré ou vort foncé, et par l’épaisseur de la veine, La couleur du mineral dépend du milieu où il gite. A la seule inspection de la roche qui lui sert de gangue, on peut dire la nuance de la chrysotile—-verte dans la serpentine noire, jaune nacré dans la serpentine grise ou vert pâle. Broyée, réduite en bourre ou en flocons, elle devient uniformé.ment blanche et ressemble à de la ouate ou du coton. |
Il sera facile à l'observateur attentif de déterminer la qualité du mineral, par ces couleurs attestant de sa pureté et de l’absence de corps étrangers. L’épaisseur d’une veine ne prouve pas toujours la longueur des fibres.
Souvent, les veines de trois à quatre pouces, qui sont les plus fortes que j'aie vues, à Thetford comme à Colraine sont cloisonnées ou séparées à angle droit de la longueur des fibres
par de minces couches de serpentine ou par
une solution de continuité qu'indique une ligne irrégulière presqu'imperceptible mais que le praticien découvre aisément. Sous l’action des pilons ou du marteau, ces grosses veines se divisent en deux ou trois bouts, de diverses longueurs. Elles ne sont pas plus à dédaigner
pour cela, si elles sont pures et saines. Les filons d'un pouce à un pouce et demi surpris à
une certaine profondeur, dans une roche compacte, sont généralement formés de fibres continues sans intersections. On doit leur donner la préférence, et ce sont précisément ceux-là qui se rencontrent le plus fréquemment dans les mines des cantons de l'Est. |
Pour apprécier à sa juste valeur le produit d’une mine, il faut se rendre sur le terrain et se fier aux explications d'hommes d'expérience. Les échantillons qu'on vous montre peuvent être vrais d’origine ou si vous voulez provenir de tel ou tel endroit désigné, mais à quel pro: fondeur ont-ils été recueillis et quelle est la nature, la disposition et la masse de la roche, voilà ce qu'il importe de savoir et qu'on ne peut étudier que sur place.
Ainsi, les mines de Thetford, “exploitées depuis quatre ans, et qui rapportent d'énormes profits ont été entamées dans un rocher nu, dépouillé de toute végétation et même de terre végétale et de mousses. Les veines de surface sout presque pures et saines parce qu'elles n’ont pu être altérées par le contact de corps étrangers. Cependant, les veines productives se trouvent au cœur de la roche, comme l’amande d’uue noix sous l'écorce.
A Colraine, les mines ouvertes jusqu'ici diffèrent quelque peu de celles de Thetford, surtout, pour certaines grosses veines, placées dans des conditions particulières. On a du ouvrir les mines en profondeur, au lieu de les frapper en flanc comme à Thetford, ce qui fait qu'on en est encore qu’à l'écorce ou à la croûte. Ila fallu enlever une couche assez épaisse de terre végétale mêlée d'oxyde de fer et de matières
che combres conr donner . ceux-là ent dans
e produit terrain et périence. peuvent provenir quel pro:
[le est la la roche, qu'on ne
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» matières
DE LA CHRYSOTILE 23
talqueuses ou crétacées dont les grosses veines plongeantes paraissent fortement imprégnées.
Ces mines ne sont encore creusées qu’à dix ou douze pieds de profondeur moyenne, en sorte qu'il y a lieu de dire que la croûte n’est pas tout à fait rompue, si l’on songe que la ontagne a été attaquée à son sommet, et qu'à sa base, à six cents pieds plus bas, sur les burds du lac Noir, on retrouve les mêmes indices de la présence du minerai et que selon toutes probabilités cette masse de serpentine à 5es assises, à des centaines de pieds au dessous de la surface des eaux du lac. ;
Au mois de novembre dernier, jai ramassé dans la mine “ Amélie” un bon nombre d'’échantillons curieux qui sont des embryons ou des modifications de la chrysotile. La forme est bien la même, mais la couleur est toute autre ; dans les uns, c’est le vert qui domine, d’autres sont d’un gris sale ; il en est de blancs crétacés, plusieurs veines sont ocrées ou pénétrées d'oxyde de fer. Ces dernières, une fois parvenues à l’état parfait de chrysotile ont été profondément altérées et eflilandrées par une action chimique quelconque. J’ai observé que ces veines de forte épaisseur tombaient d’à pic dans la profondeur du roc serpentineux.—Les fortes veines sont de séparation facile d'avec leur gangue — ordinairement de serpentine jaune sale ou vert pâle, moins compacte, à grains moins serrés que la serpentine brune ou noire,
Sous le coup de la mine, ces grosses veines tombent par galettes, de vingt, trente et même cinquante livres: les filons plus minces ont
besoin d’être désagrégés parle marteau. Ilen est même, et en quantité importante, qui restent dans les moëllons, et sont charroyés aux déchets, faute de pilons et de cardes pour les distraire et les ramasser en flocons. Or, les gros filons tombant verticalement, par leur défaut d’adhérence à la roche matrice, par leur densité comparativement moindre, laissent pénétrer plus facilement les matières corrosives contenues dans les couches terreuses de surface et détrempées par les neiges et par les pluies. Elles trouvent jour de s’infiltrer entre la gangue et le minéral, pour de là saturer toute la veine et réduire ainsi, petit à petit, avec l’aide des âges. an minéral pur en un minéral hétéroclite qui a nom, bois ou copeaux de montagne, cuir, liège et autres, de désignation conventionnelle, sur l'apparence qu'il offre au regard et sa ressemblance avec les articles sus-nommés. J’ai vu là une veine de bois de montagne, mesurant plus de quinze pouces d’épaisseur, que je crois avoir été jadis non pas de la chrysotile mais de véritable amiante, mainteuant dégénérée.
Tout à côté se montrait une veine de chrysotile rongée de rouille, de plus de quatre pouces d'épaisseur, qui pour avoir perdu de sa densité se dégageait encore par fibres et portait de ci de là quelque chose de son éciat nacré, quelques rayons de sa splendeur première.
Je ne doute pas, que plus avant, ces veines se retrouveront fermes, saines et pures; et peut-être encore plus épaisses qu’elles ne le sont à la surface. Maïs la mine étant entreprise sur üne longueur dé 150 pieds, par une
au. JIlen , qui res- OYÉS aux y pour les f Or, les ir leur dé- , par leur 1issent pécorrosives es de suret par les Itrer entre jà saturer it à petit, en un miu copeaux le désignaqu'il offre
es articles de bois de
ouces d’é-
$s non pas amiante,
n éciat napremière.
ces veines pures; et iles ne le
DE LA CHRYSOTILE 25
largeur de cinquante à soixante et toute croisée de filons généreux, il faut bien la descendre uniformément sur toute cette superficie. Au cours des travaux de l’année prochaine, il y a lieu de croire que la croûte sera enlevée, et le mineral touché dans toute sa beauté, son éclat et sa valeur—pour se conserver tel jusqu'à épuisement, ce qui prendra des siècles et des siècles encore. 7.
Cette partie des montagnes de OColraine, et aussi les terrains avoisinants, par le nord-est, propriété du Dr Reed sont de même formation que le mamelon de Thetford dont les ent“ailles déchirées enfantent /a fortune, que ses propriétaires ne traitent pas en enfant abandonnée comme vous pouvez bien le croire.
Aux derniers jours de l’automne dernier, M.
Chs. Lionnais, de Montréal, a retenu une mine, au nord-est de l’Euwreka et de l’ Amélie, sur des indices des plus engageants. Le rocher y est en pente, et permet une attaque de base ou de flanc comme dans le caboaron de Thetford. Au lieu dé creuser des puits on pourra y ouvrir des galeries. Les travaux de M. Lionnais vont grand train, et son énergie, son activité, son entente des affaires vont lui faire pousser hardiment l’entreprise, dès les premiers jours du printemps. On connaîtra bientôt, dans le monde entier, une mine devenue célèbre sous le nom de Bonanza: ce sera la mine de M.
Lionnais, située dans les limites de Colraine, mais touchant aux terrains de M. Reed, dans le canton‘de Thetford.
Le grand nombre des veines dans Colraine sont d'excellente qualité, et si j'ai signalé l'infé-
DD PTT APRÈS AU RE EVE ENTRER CRE ME RE 6 en mare ——— Le DS PT UE ete orne en ere ge nee pd mme Es
riorité apparente de, quelques unes, c'est afin d'éviter. les préjugés que leur. aspect pourrait
faire naître, —c'est. aussi, pour. vous. convaincre,
que pour bien connaître une mine, il faut aller
la visiter, la prospecter, et non la juger. sur un
simple échantillon. Pour deux veines avariées,
vous en trouverez mille de première qualité
dans la mine Amélie qu'exploite M. Sénécal.
Du reste, vous n'aurez qu'à aller examiner les
centaines de tonneaux qu'il a remisés, à part
ceux qu'il a.déjà expédiés en, Europe.et aux États-Unis, pour revenir édifiés au possible, sur
l'immense valeur des terrains miniers qu'il dé-
tient par un bail de vingt-cinq ans, passé avec
la compagnie minière de Colraine. |
Hors cela, qu'il soit bien. connu, que s’il y.a du lin fm, dans les mines de Thetford..il s'y trouve aussi de l’étoupe—-un peu moins, peutêtre qu'à Colraine, mais on y en trouve. Seulement, on sait l’utiliser pour la fabrication de la peinture,—-dans les usines de Boston, tandis qu'à Colraine,.on roule dédaigneusement sous les pieds ce produit inférieur, qui. rapporterait pourtant de gros profits s’il avait un écoulement assuré. Car le.bois, le carton, le liége de montagne, et toutes les amphiboles partagent les propriétés réfractaires de l'amiante et de la chrysotile. Il ne nous manque pour.les appliquer à bon escient, que. des manufactures, ou si Vous almez mieux, le dernier mot, que des capitaux pour créer ces manufactures.
Des capitaux ? nous en ayons à plein, mais ils sont routiniers à l’extrême. . La fortune les conduit en souriant vers les chemins de fer, vers le commerce de, cuirs, ou de chauseures,
c’est afin pourrait nyaincre, faut aller 7, Sur AN avariées, e qualité ..Sénécal.
miner les és, à part pe.et aux ssible, sur , qu'il dé- )assé avec
les applictures, on t, que. des
lein, mais rtune Jes s.de fer, ausEures,
DE LA CHRYSOTILE, , 27
vers les manufactures de. coton, vers les, spécu-. lations de Bourse, et coûte que coûte, ils, ne,
veulent plus sortir de ces sentiers. battus. Je: consens bien à ce qu'ils fécondent ces industries, je consens bien à ce que. le génie des. affaires fasse jarriver les Canadiens jusqu'au, foyer tourmenté. et dangererx de, la Bourse; mais je leur demande d'ouvrir, les yeux sur.la situation, plutôt que de. les fixer sur un seul point de la route en suivant à la file, comme .ils le font, toujours la même étoile que leur a.mon-
| trée la fortune, au. départ: Qu'ils regardent.
un .peu autour d'eux, qu'ils étudient le terrain. Ils y trouveront peut-être un jour, un: refuge contre les revers. Tant,sont déjà partis pleins de gaiété à la suite de:la fortune quisont revepus plenrant sous.le fouet de la ruine!
Surtout, si l'onne veut rien risquer dans une, tentative nouvelle, qu'au. moins on ne décourage pas les capitäux étrangers de venir..la
| tenter. Par grâce! qn'on cesse de. crier ‘au
voleur”! lorsque des hommes entreprenants, convaincus, vont. chercheren Europe ou ailleurs.
| le levier d’or qui leur manque ici pour soulever
la dalle qui donne accès à nos.mines d'amiante, souterrains mystérieux où,la main de Dieu a
entassé, des millions.
KÿX
Mais avant de m'adresser aux capitalistes, il
me faut convaincre les ‘hommes d'affaires. *
Etant établi que la quaiité de la chrysotile dans Colraine et Thetford ne laisse rien à désirer, qu’elle tient le premier rang dans l’espèce,:il me reste à prouver l’une des assertions, princi-
RE de 2 152
th mms a à
es Le EEE MER nd me a
cipales du Dr Reed, à savoir ‘‘ que la quantité de Chrysotile que recèlent les mines des Cantons de l'Est peut être considérée comme inépuisable.” |
Nous voici en face du chiffre, une force avec laquelle il faut toujours et nécessairement compter. Sans le chiffre, plus de commerce, plus d'industrie, plus d’études économiques, plus de diplomatie, plus de politique. C'est par le chiffre que s’établissent les relations internationales et sociales, par le chiffre que s’affirment la grandeur des peuples et l'importance des individus. Réduits à mesurer les hommes par leur fortune il nous faut bien nous incliner dévant le chiffre. N'’est-il pas la base du trône du roi million, auquel les anciens rois rendent horamage®? Si vous voulez vanter quelqu'un, ne me parlez pas de ses vertus, de ses A érits dé ses travaux, de ses succès, dites-moi d’abord combien il vaut, donnez-moi le chiffré de sa richesse et je vous passerai tout le reste.
C’est par le chiffre qu'on construit les chemins de fer, qu’on coupe les isthmes, qu'on creuse des mers, qu'on emprisonne et qu'on dirige le tonnerre, par lé chiffre qu’on pèse les mondes, qu'on mesure les distances qui les séparent les uns des autres, par le chiffre que le savant suit les comètes comme un enfant suit de l'œil les mouvements de son cerf-volant.
Archimède voulait un point d'appui pour soulever la terre; il est trouvé : c’est le chiffre!
‘Il n'y a pas jusqu'aux hommes de lettres qui ne fassent leur doigt de cour au chiffre. Ils n'écrivent plus, “droit comme un [,” mais “ droit comme un 1.” Scarron vivant de nos jours ne se comparerait plus dans sa difformité
quantité de antons de able.” .
force avec ssairement ommerce, nmomiquesf, que. C'est »lations inre que s’afmportance es hommes rus incliner se du trône ois rendent quel w’un, ses taients,
cerf-volant.
i pour soue chiffre !
DE LA CHRYSOTILE
à un Z, mais à un 2. Aussi, les poëtes ont-ils perdu ‘le chemin de l'hôpital. Victor Hugo n’a-t-il pas réalisé une. fortune de. plusieurs millions ? Je vous dis qu'Homère au milieu de nous chanterait, l'Iliade sur une lyre d’or.
Camoëns ferait le tour du monde, à la manière de Jules Verne, en steamer, un vrai palais flottant. Au lien de mendier en chantant, les rapsodes se feraient payer de.cinq à six mille francs par chanson, tout comme, la Patti, l‘Albani, Faure ou Mario qui poursuivent la même carrière.
J'ai déjà dit que dans les temps anciens l'amiante était prisée à l'instar des bijoux les plus précieux. Ce qui s'explique par les
. travaux pénibles qu’exigeait son extraction,
qui ne s'opérait qu'au moyen de piques, de pinces et de leviers. . Depuis l'invention de la poudre, ce minéral perdit de son prix par la facilité de le produire. D’objet de luxe et de curiosité qu'il était, il devint un élément d’industrie. Il perdit de son prix mais il gagna en utilité. Cependant, la quantité restreinte de la production ne lui permit jamais d'entrer dans la consommation commune, et quelques manufactures, en Îtalle, e1 Angleterre, en Ecosse et aux Etats-Uuis suflisaient aux demandes du monde entier, On refusait de tenter de grandes entreprises par crainte de manquer de matière première...
Cette crainte n'’existera plus désnrmais et l'esprit humain peut en faire toutes les applications, bien convaincu que le minéral ne lui manquera jamais. Comme le dit le Dr Reed, la chrysotile existe en quantité telle, dans les
“ ; f : qu so va ha 4 pe sas “ ul
| (IH {| (if
cañitons dé l'Est qu'ôn peut l4 conisidérér comme
‘inépuisable.
Les gisements connus comprennent au delà de vingt.mille âcrés pénétrées du précieux minéral, dans les cantons de Thetford, Colraine, Shipton, Ireland, Garthby et Strafford et à lui
‘seul, Colrainé en contient plus de'troïs mille
äcrès. Voïci la description qu’en donnait la Minerve du 24 mai 1883. | ! “Dans le systèmé orographique des cantons
de Thétford, Colräine, Wolfestown, Invérness,
Ham, Wotton et Stoke, les montagnes de Colraine sé dréssent comme un tronc. principal | dont les racines courent en tous sens, souvent à de grandes distances, montrant d'ici de là, à la surface du sol, des saïllies noueuses sous forme dé mornes, de cabowrons où de rochers isolés. La même formation, les mêmes roches de serpentine opaque, de granit gris pâle micassé, mêlées de hornblende, d’oolithe, de sunistes, ‘sé rencontrent un peu partout, depuis Thetford | jusqu’à Danrille au shd. (Ces roches sont irrégulièrement coupées, croisées, traversées d’innombrables veines ot filons d'amiante, variant d'épaisseur depuis une ligne jusqu'à quatre pouces. Il n’est pas une pierre erratique, pas üh caïllou qui ne pôrte des traces ou des stries du mineral bybride que le vulgaire nomme ‘€ pièrré à coton,” que la science appelle amiante ou asbeste, employé déjà à la fabrication d’une infinité d'articles et que l’industrie du tisserand et du passementier français fera bientôt passer dans les tissus de soie, de satin ét de façonnés de tout genre. |
On ’ne’‘saurait déterminer l’éténdue du dépôt
rér comme
nt au delà écieux mi- : Colraine, rd et À lui trois mille donnait la
les cantons Inverness, es de Col-
e. principal | ns, souvent |
ici de là, à leusés SOUS de rochers
mes roches À
pâle MICasde sunistes,
is Thetford |
:s sont irréersées d’innte, variant ju’à quatre ratique, pas u des stries ire nomrnie ile amiante ation d’une u tisserand entôt passer e façonnés
1e du dépôt
DÉ LA CHRYSOTILE 31
Fo cette’ matière étrange née du feu’et cepengens incombustible ; mais par l'analogié de î “ ation retrouvée ‘à de fortes distarcés du Ka as reins Colräine, il y!a:lieu de cupe une Süipé considérable sd cahtefib de Pa ne rires : Oñ'trouve dé l__iante sur les rives du la SE corimé sur là crête des môntagnés qui e : agp d’une hauteur de six cents pieds. Sur Ne ôie du Québéc-central des ouvriers employés se construction du chemin ont coupé dés filôns d j'ont rappôrté plusieurs centaines de piastrés ; et cépendant ils n’ont entamé le sol, d'ici dé là, ue quelques pirds de profondeur. ‘En Ha ghant du chemin de ‘fer, pour gagtier les sie HR l'ést, on ne saurait faire un pas observer, dans les crevasses, même sur les Mi « ie roulants, des lignes capricieusés” resmi safe des peaux dé couleuvre désséchrées
sr ées dans la piérre rougie par lé feu sur laquelle tranche nettement leur couleur gris cendré. On les distingue d'autant mieux
ue le fe is à vé toute tra | | que le feu des bois 4 enjevé toute trace de terre
Hi are Grattez un peu ces veines, et’ soûs qu ques lignes de silicé, vous trouverez des gs us HE ed AS blanc argenté.”
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ommé étant évalué, au minimum, à 5 tonnes,
donnerait un résuliat de 60,000 tonnes par année,
Mais. il ne faut pas s'arrêter à ce calcul.
Notre, population est trop faible numériquement pour nous permettre de compter sur le concours . d'autant de travailleurs. À peine trouve-t.on assez de bras pour suflre à l’exploitation des trois mines aujourd’hui en activité. Et dès l’année prochaine les patrons se verront } forcés de hausser les salaires s'ils entreprennent plus en grand et poussent davantage à la production. Il leur faudra de plus recourir aux forces de la vapeur, aux mnyens mécaniques, aux perforateurs, aux broyeurs, aux grues, aux tramways. Ils’agit ni plus ni moins que d'éventrer, déchiqueter et transporter des montagnes, tâche à laquelle ia foi des spéculateurs ne saurait suffire.
Je trouve dans le Quotidien du 80 octobre der: nier, l’entrefilet suivant.
ÿe L'exploitation de l'amiante prend une importance sérieuse dans les cantons de l'Est, et plus spécialement dans Colraine. Au fur et à mesure que la mine pénètre dans le flanc des montagnes, la roche montre des veines plus nombreuses, plus larges et plus pures. Jeudi dernier, dans la mine Amélie, propriété de M. Sénécal, vingt hommes ont extrait cinq tonnes et demie d'amiante ou de chrysotile, si on l’aime mieux ainsi. Au nord-est de cette mine, M. Lionnais en a ouvert une autre, dans lel® même canton, et les travaux de nettoyage du roc ont révélé des richesses réellement extraordinaires, Tout à côté, entre Colraine et Thetford, le docteur Reed prépare une exploitation]
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DE LA CHRYSOTILE 33 en grand, dans un terrain non moins avanta-
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Du moment que le nom de M. Sénécal est accolé à une entreprise ou une spéculation, on est sûr qu’elle ne languira pas. Si M. Sénécal est l’activité même, ses agents, à Montréal et sur le terrain, M. M. Würtele et Lionnaiïs ne lui en cèdent guère sous ce rapport. (C’est un des grands talents de M. Sénécal de savoir trier les hommes et de leur marquer l'emploi qui convient le mieux à leurs aptitudes.
Pendant qu'il finance à Paris ou à Londres, qu'il dirige de haute main les intérêts de .compagnies et de Sociétés importantes, dans Québec, Ontario et la Nouvelle-Ecosse, il ne peut naturellement donner aux mines de Colraïine, tout le soin, toute l'attention qu'il voudrait ; mais il a la conscience de leur valeur et des perspectives qu'elles ouvrent à l’industrie et au commerce.
Il abandonne à M. M. Lionnais et Würtele la tâche de faire éclater les montagnes, à la poudre, à la dynamite, à la dualine, pendant qu'il provoque à Paris, des expériences, des essais, des études de tout genre sur le minéral. Chimistes, tisserands, mécaniciens, journalistes, savants, politiciens, dignitaires de l'Etat sont à ses ordres, et la chrysotile que M. Lionais arrache du sein de nos rochers, fait vaillamment son chemin en Europe sous la surveillance de M. Senécal. Le rapport suivant emprunté aux journaux de Paris vous convaincra mieux que je ne puis le faire.
« De curieuses expérience sont eu lieu l’autre
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jour, dansla cour des Tuileries, place du Carrousel, Paris, sur d’incombustibilité des imprimés, manuscrits, décors d'appartement, : de théâtre, etc. d’après un procédé de M. Gaspard Meyer déjà expérimenté avec succès, le 8 no- TRUE. à l'Opéra. |
. Camescasse, préfet de police ; Caubet, chef de la, police municipal; Charles Garnier, architecte de l'Opéra ; le Directeur des archives nationales ; l’Etat-major des sapeurs-pompiers, etc., assistaient à ces expériences qui, disons-le tout de suite, ont été des plus concluantes.
Deux immenses brasiers ayaient été ‘allumés l’un en face de l’autre: sur:ces brasiers on plaça deux maisonnettes en bois et en-toile.
L'une, sans aucun apprêt, ne tarda pas à flamber ; au bout de vingt minutes elle était dévorée par les flammes.
L'autre maisonnette était construite en toile et papier recouverts de peintures: tout, jusqu'aux peintures, était d’une composition spé: ciale. Le plancher et les autres bois étaient, soit recouverts de papier incombustible, soit enduits d’une colle incolore également à base d'amiante.
Pendant plus d’une heure un feu d’enfer brûla sous:cette maisounette ; on jeta à lJ'intérieur les débris er: lammés de l’autre construction, on arrosa le ior.t de pétrole... rien n° fit: le plancher r: fut même pas entamé. Seul, un côté de toile se déchira, mais:sans, brüler, sous l'action d’une chaleur éponvantable.
Pour achever l'expérience, on jeta dans le brasier des morceaux de papier qui sortirent intacts. d’un foyer qui aurait fondu du verre.
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Aucun des spectateurs ne pouvait retenir son admiration à la vue de pareils résultats.
MM... Camescasse et Garnier s'en sont allés vraiment enthousiasmés.”
Vous voyez que Paris applaudit à l’excellence de la chrysotile du Canada. Un seul doute lui reste au sujet de la quantité qu'on pen en produire et c’est dans le but de s'édi-
er sur ce point principal que des, capitalistes ont décidé d'envoyer ici des experts qui nous arriveront prochainement.
J'en suis heureux pour le succès de nos mines et la prospérité du pays, car, je suis prêt à leur prouver ce que j'avance solennellement
On pourrait extraire des mines de chrysotile des.Cantons de l'Est, 50,000 tonnes de mineral par année, pendant des siècles, et il en resterait encore, il eu restera toujours |!”
Que le capital nous vienne et nous fermerons promptement la bouche aux industriels étrangers, dans cette branche, qui tentent de dénigrer nos produits, croyant par là sauvegarder leur. position présente. Nous les débordons, ils le comprennent. Pourquoi, au lieu de se laisser noyer, ne consentent-ils pas à.flotter avec nous ? Qu'ils nous tendent affectueusement la main et nous marcherons avec eux. Il y a place ici pour tout le monde, et nous savons nous ranger quand des amis nous arrivent, comme nous savons serrer nos rangs contre des adversaires.
Je conçois la crainte des économistes lorsqu'ils voient le nombre de brevets d'invention pris à Ottawa et à Washington pour l’applica-
DE LA CHRYSOTILE
tion de ce minéral à des industries nouvelles.
Je conçois qu'on s’effrzie ex plus d’un endroit, lorsque M. Reed vient nous déclarer, qu’il croit :
“ Que l'amiante peut remplacer avantageusement la soie, la laine et le coton.”
Mais, faut-il pour cela dédaigner les dons de Dieu, en les laissant enfouis lorsqu'il nous les révèle? L’amiante pour nous, c’est le talent de FEvangile. Nous serons punis, si nous ne le faisons valoir.
Tout en respectant les économistes, les politiciens, les savants dans l’art de conduire le penple et de ménager ses intérêts, je me réserve encore de m'instruire au flambeau de
l’histoire et de l'expérience. Comptez aveck
moi les bienfaits que Dieu à semés sur la route de Fhumanité et qui font aujourd’hui son bonheur matériel. Je dis l'humanité, mais il serait mieux de dire, les nations chrétiennes. Car, en regard des nations barbares, étrangères à la civilisation, nous vivons réellement dans une agape continuelle. C’est ainsi, par exemple,
que nous sont venus, tour-à-tour, à leur heure, le sucre, le thé, 1" café, le tabac, les pommesl
de terre, etc., qui font notre joie ou nouf sauvent de la disette.
C’est également ainsi, que nous sont venus le lin et le chanvre originaires de l'Inde, puis la soie issue de la Chine, puis le caoutchouc pleuré
par un arbre du Pérou, merveilleux spécifique contre les rhumes et les rhumatismes, sans
compter tant d’autres emplois auxquels il es embauché.
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DE. LA CHRYSOTILE 37
Pour couper court à cette énumération fastidieuse, laissons venir l'amiante. —La voici!
Et je vous dis, à vous guides des nations, savants, économistes, ontendus en affaires, que cette pierre est un don du Ciel arrivant à son heure, tout comme tant d’autres dont vous usez à satiété, souvent sans le savoir et sans reconnaissance aucune--mais c’est un don du Ciel quand même, don général pour l’humanité, don spécia: et de faveur pour la province de Québec. Il y aura des dérangements, des déplacements d'intérêts assez sérieux, lors de son advention solennelle sur nos marchés,— mais en est-il autrement de nos inventions ordinaires qui tiennent du génie humain. Tous les jours on se dérange, on se déplace pour une amélioration, une invention souvent boursouflée par “ Le progrès.”
Pour l'amiante, c’est autre chose et je m’en fais le héraut, en disant ‘ Place ! Place ! au don du Ciel!
Ne me dites pas que la consommation exige reproduction—-par le travail de l’homme et la fécondation—comme le blé, le lin, le chanvre. Vos arguments ne valent pas, lorsqu'il s’agit d'un trésor enfoui par Dieu lui-même dans notre sol, pour nous être ouvert à un moment donné. Le trésor, nous l’avons : et le moment
del’ouvrir est venu. La clef? nousne l’avons pas, mais nous la trouverons. Qu'elle vienne d’Angleterre, d’Ecosse, de France cu d'Italie je vous dis que nous l’aurons, et si nous ne l’avons pas, nous trouverons le ‘“ Sésame ouvre toi” dans notre travail, notre énergie, dans notre bon
Soyez
sens, et dans notre bourse nationale
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