‹ L'Amibiase: Maladie généraleChapitre 13 sur 30 · MA PT; LI · texte numérisé non relu

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des lésions intestinales, préconisée par Bensaude et Carles à l’aide de la recto-sigmoïdoscopie ne fera que compléter les renseignements donnés par la Clinique. Elle semble difficilement apte à préciser la nature étiologique de l'affection, elle ne peut remplacer l’examen microscopique, seul capable de jaue affirmer la présence du parasite en cause.

C’est de cet examen dont nous allons parler dans ce chapitre.

La recherche des Amibes doit se faire surtout et. avant tout à l’état frais afin de pouvoir apprécier la mobilité de l’animalcule. Cette recherche peut se faire avec plus de chances de succès, avec des selles prélevées dans le rectum même des malades. Dopter a particulièrement insisté sur l’efficacité de ce procédé.

Cet examen à l’état frais au hit du malade est extrêmement important, non seulement pour les selles, mais aussi pour du pus dont on soupçonne l’origine amibienne et ceci quelle que soit la localisation anatomique de ce pus.

L’inoculation de quatre centimètres cubes de selles dans le rectum d’un chat, lui donne la dysenterie en quatre heures, mais c’est un procédé peu pratique en clinique.

Nous signalerons également la culture des Amubes, procédé difficile et à eflet tardif, cette culture a été réalisée par Jaroslav, Drhohlav, à l’aide d’un milieu constitué par : œufs coagulés (milieu Dorset), auxquels on ajoute du liquide de Ringer albuminé. Ces

cultures injectées au chat dans les conditions habi-

age

tuelles, produisent chez cet animal l'Amibiase expérimentale.

Maintenant nous allons dire quelques mots de

l'examen à l’état frais :

Examen à l'état frais. — L’examen doit porter sur des selles fraîchement émises et non mélangées à l’urine.

À l’aide d’une pipette on prélève dans la selle liquide ou diluée dans un peu de sérum artificieltiède un flocon muqueux, qu’on place sur une lame et qu’on recouvre d’une lamelle en appuyant très modérément. En examinant entre lame et lamelle, on aperçoit facilement les Amibes se déplaçant avec rapidité si la température à laquelle se fait l’examen est suffisante. Si la température est basse les Amibes sont paresseuses et il faut légèrement chauffer la lame. Les parasites sont souvent remplis de globules rouges. Les kystes se reconnaissent grâce à leur grande réfringeance, ils ont de 16 à 14 y ils sont faciles à distinguer des grands kystes à 8 noyauxet de 16 à 20 noyaux de l’entamæba coli et des prétendus kystes autogamiques de trichomonas qui présentent une grande vacuole centrale, les kystes de Lamblia sont beaucoup plus petits.

On provoque parfois la sortie des kystes en injectant dans les veines deux centigrammes de cyanure de mercure, ou en prescrivant un lavement 1iodé.

Dans une selle liquide, quelle soit dysentériforme, glaireuse où simplement diarrhéique, on y trouvera

PNR trie

presque toujours des Amubes, rarement des kystes, les parasites associés se montreront également sous

leur forme adulte. Dans une selle solide, quelle soit pâteuse ou dure, on y trouvera presque toujours des kystes, rarement des Amibes, les parasites associés

se mettront également sous leur forme kystique. Le

prélèvement est ici beaucoup plus difficile, il faut prélever une parcelle de matière et pour rendre plus apparents les kystes et leur noyau, on la délaie dans une goutte de solution iodoiodurée, l’étalement est parfois très difficile, et 1l faut user de patience.

Dans les selles de malades atteints de dysenterie amibienne on constate en outre, la présence de polynucléaires neutrophiles, beaucoup moins nombreux, et plus dégénérés que dans la dysenterie bacillaire, avec par contre des éosinophiles assez abondants, et de nombreux microbes très variés qui ne s’observent généralement pas dans les dysenteries amibiennes,

Maintenant que nous avons donné quelques idées générales et essentielles sur lAmibe dysentérique, nous allons rapidement étudier son rôle pathogène.

L’Amibe dysentérique, donné naissance à des lésions présentant diverses localisations. |

Dans sa localisation mtestinale, la plus fréquente, elle engendre une dysenterie spéciale caractérisée par la formation d’ulcères profonds,à bords décollés, on a cité des cas d’appendicite amibienne (Harris Kartules et Mangrave); de l'intestin elle peut colo-

niser dans le foie, pour déterminer lhépatite dite

dysentérique, ou grand abcès tropical du foie, elle peut coloniser également dans les poumons, dans la rate, dans le cerveau.

Dans tous ces viscères, l’Amibe provoque tout d’abord de la nécrose, des tissus qu’elle envahit, dans ces abcès nécrotiques, l’Amibe seule est perceptible et le tissu nécrosé est vierge de tout autre germe. Plutard survient la suppuration vraie, qui s'ouvre dans l’intestin pour former des ulcères, dans le foie, les poumons, le cerveau. Les abcès peuvent s'ouvrir en dehors de l’organe, dans les séreuses environnantes. 8

Le pus se forme sous l’influence du développement de germes banaux apportés par l’Amibe. La dysenterie amibienne ou Amibiase s’ob$erve chez un faible pourcentage de sujets ayant ingéré des kystes d’Amibes, il y a peu de malades et beaucoup d’infectés. Les conditions générales qui favorisent cette infection tiennent au pays et au climat, agissant d’une façon encore mal connue sur l’organisme.

Les conditions individuelles favorisantes tiennent surtout au régime alimentaire, à l’état intestinal à l’état général et aux associations parasitaires et microbiennes.

Parmi les causes favorisantes, on peut citer l’ingestion habituelle d’eaux magnésiennes, les indigestions provoquées par des aliments avariés, les refroidissements, l'alcoolisme, le surmenage, la famine, les dysenteries bacillaires, les entérites à flagellés. La transmission des kystes rejetés de l’organisme

ASE FRA

avec les matières fécales se fait facilement par les eaux de boisson, les aliments souillés par des mains sales de porteurs de kystes, par Les déjections des mouches, ou par les pattes de divers insectes coprophages.

Les Amibes dysentériques semblent très bien tolérées par certains individus qui constituent les porteurs d’Amibes. Il y a dans ce cas une sorte d’équihbre, qui peut être rompu facilement par une cause souvent banale et l’Amibiase se déclare. La marche de la maladie est tout à fait irrégulière, la moindre modification du régime alimentaire, un repos de quelques jours, suffisent pour rétablir le malade qui fait une rechute quelques jours plus tard. Pendant toute la durée de l’infection, une poussée aiguë peut survenir et aggraver l’état du malade.

La durée de cette maladie est illimitée, 1l est probables qu'il ne se produit pas d’immunité chez l'homme et que l’Amubiase persiste durant toute l'existence du sujet. |

Le diagnostic de la nature amibienne de la maladie ne peut se faire qu'après avoir constaté l'existence de l’Amibe dysentérique, à l’état mobile et renfer-

mant des hématies.

j. Bertrand 2

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