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HISTORIQUE

L’Amibiase, bien connue avant là guerre, surtout par les travaux de Dopter, Mathis et Mercier, comme la forme la plus commune de diarrhée dysentériforme des pays chauds était ignorée en France et considérée comme une affection coloniale. |

Survient la guerre, des importatiôns multiples de troupes coloniales comprenant des éléments français et indigènes installent l’Amibiase en Europe tant et si bien que cette infection est considérée actuellement comme susceptible de donner naissance à de nombreux cas de dysenterie métropolitaine, chez des individus ayant simplement été en contact avec des coloniaux ou ayant véeu dans les mêmes localités mais n'ayant jamais été aux Colonies.

Au cours de la période 1914-1918 l’Amibiase acquiert droit de cité en tant qu’affection autochtone Européenne mais elle ne se révèle toujours que sous la forme de dysenterie.

Cependant on ne tarde pas à constater que cette infection parasitaire du tube digestif soit à l’état aigu soit à l’état chronique, soit subaigu, soit tout

à fait latent est l’origine de nombreuses complica-

tions pleurales, pulmonaires, cérébrales, hépathiques, appendiculaires.

L'ensemble des localisations amibiennes est considéré dans cette 3€ phase comme une complication d’une infestation première du tube digestif dans lequel on retrouverait par des examens coprologiques appropriés,soit l’Amibe hématophage à l’état végétatif, soit à l’état kystique.

Avant la guerre les cas d’Amibiase constatés en France étaient très rares. ;

M. Dopter en relate un cas en France en 1904.

En 1914 Landouzy et Debré faisant le recensement des cas publiés n’en relevaient que 14 observations.

Dès 1913, Chauffard avait pensé que le polymorphisme clinique de cette affection la faisait sans doute

méconnaître souvent, et qu’elle devait être en France

moins exceptionnelle qu’on ne le pensait, mais la

plupart des médecins s’en tenaient à cette opinion des ouvrages classiques disant qu’en Europe la dysenterie amibienne est pour ainsi dire absente.

En 1915 Paul Ravaut publia les premiers cas d’Amubiase autochtone contracté en assez grand nombre sur le front Français. Nous citerons ici la statistique portant sur des centaines de malades observés sur le front français.

Dix-sept pour cent de ceux souffrant de troubles intestinaux présentaient des Amibes ou des kystes dans leurs selles. Dans certains régiments cette pro-

portion était encore plus élevée.

ns 24 ee

Paul Ravaut donne une autre statistique peutêtre encore plus démonstrative portant sur quatorze mois d'étude à Marseille et concernant les malades atteints d’entérite. ai

Les évacués d'Orient comptaient 19,5 % d’amibiens.

Les coloniaux 25 %.

Les malades du front français 15 %

Ceux de l’intérieur 27,3 %

Le plus fort pourcentage des cas positifs a été trouvé parmi les malades qui n’avaient jamais quitté la France et qui pour la plupart n’avaient jamais été sur aucun front. ;

Il est vrai que la région sur laquelle fut dressée cette statistique est à cause des deux ports de Marseille et de Toulon particulièrement exposée, même en temps de Paix à la transplantation des maladies exotiques.

Après cette période, une nouvelle va s’ouvrir ou de plus en plus on va considérer l'Amibiase comme une maladie générale, en 1924 Pevyrot à Marseille, Petzetakis en Egypte signalent de nombreux cas d’Amibiase sans localisation intestinale, Petzetakis et Delavergne semblent voir les localisations amibiennes précédées d’un stade prodromique d’amibhemie.

Ainsi donc l’histoire de l’Amibiase est la suivante :

Avant 1914, l’'Amibiase est une maladie des pays chauds, extra-européenne.

En 1914, l’Amibiase apparaît et s'implante dans

les pays froids, mais n’est cliniquement connue que par ses manifestations intestinales.

Depuis 1914, elle tend à être considérée comme une infection parasitaire générale avec des voies d’introduction dans l'organisme qui paraissent multiples et des localisations viscérales des plus variées.

C’est précisément le but de ce travail que d’appor-

ter une modeste contribution à cette dernière manière

de voir.

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