‹ L'Amibiase: Maladie généraleChapitre 17 sur 30 · RÉFLEXIONS D'ORDRE BIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS D'ORDRE BIOLOGIQUE

Il ne faut pas croire que seules les selles présentant le caractère dysentérique renferment des Amibes.

Il ne faut donc pas négliger la recherche de ces parasites dans des matières ne présentant pas ce caractère.

. Les selles se présentent sous des aspects extrêmement différents sous nos climats.

Tous les types peuvent se voir, depuis le type dysentérique avec glaires, sans filets sanglants, îlots purulents, fausses membranes, mucus, jusqu'aux types les plus ordinaires de selles diarrhéiques qui semblent banales.

On rencontre également le parasite dans les selles

- moulées et dures mais 1c1 ce sont surtout les formes

kystiques du parasite alors que les Amibes sous leur forme végétative se voient surtout dans les matières liquides ou pâteuses, en bouse de vache.

Ceci est très important car si au cours d’une affection quelconque on pense à l’Amibiase, l'aspect des selles non dysentériques ne devra pas faire écarter la recherche des Amibes et de leurs kystes? On peut les rencontrer dans n'importe quel type de selles.

Si on ne trouve ni Amibes n1 kystes il ne faut pas

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non plus conclure à l'absence d’infection amibienne.

En effet l’émission des Amibes et de leurs kystes est toujours intermittente en dehors des poussées aiguës de la maladie, aussi lorsqu'on pratique l’examen en dehors de ces poussées aiguës, il peut se faire qu’on n’en rencontre pas. |

Le fait de trouver à la fois des kystes dans l'intestin et dans le pus de certaines localisations n'indique pas semble-t-il, que l'introduction se soit faite par la muqueuse intestinale. Il n’est pas à nos yeux trop osé de prétendre qu'il s’agit d’une coexistence du parasite dans divers organes à la fois.

On pratiquera des analyses nombreuses, On aura soin avant de les pratiquer de provoquer une irritation factice de l'intestin. |

Un moyen assez simple et assez efficace sera de donner le lavement purgatif du Codex. Si cela ne suffit pas on fera une injection intraveineuse de cyanure de mercure l’irritation sera alors plus violente, mais même si malgré tout, les recherches sont négatives 1l ne faut pas par ce seul fait rejeter le diagnostic d’Amibiase.

Ravaut cite le fait suivant :

Dans une statistique publiée en 1919 portant sur 21 cas d’hépatite amibienne il n’a trouvé que cinq fois des Amrbes ou des kystes dans les selles (trois fois sous la forme histolytica et deux fois sous la forme Minuta). Par contre chez ces 21 malades on retira 12 fois du pus hépatique contenant des Amibes et 9 fois des ponctions du foie furent négatives.

(RL + ANREERS

Chez ces derniers le traitement médical spécifique donna d’excellents résultats,

Un examen négatif des selles ne doit jamais permettre d’écarter le diagnostic d’Amibiase. Seul doit compter l’examen positif. L’examen négatif ne veut souvent rien dire et ne doit pas écarter le traitement.

La constatation dans les selles d’autres parasites ne doit pas non plus faire rejeter trop rapidement le diagnostic d’Amibiase.

Ravaut montre en 1915 que si l’Amibiase avait été méconnue c’est parce qu’on attribuait une sigmification qu’elle n’avait pas à la constatation des bacilles dysentériques ou paradysentériques trouvés dans les selles.

Ces constatations firent cesser les recherches et ainsi l’Amibiase passa inaperçue.

C’est alors que Ravaut décrivit les associations ami-bacillaires si fréquentes et qu’il montra que d’autres microbes pouvaient aussi venir camouffler la véritable affection.

Les Lamblias, les Trichomonas, les Spirilles, autres parasites de l’ordre des protozoaires peuvent également faire commettre les mêmes erreurs. Aussi avant d'attribuer à l’un de ces parasites une valeur pathogène il faut être bien sûr par des examens répétés que l'Amaibiase n’est pas en cause.

I faut savoir que sous nos climats l'Amibe histolitica n’est pas la seule variété pathogène. L’Amrbe minuta ou nan ayant des petits kystes extrêmement

J. Bertrand 3

non résistants au traitement aurait également un rôle pathogène d’après Ravaut. |

Dans une de nos observations de méningite cérébrospinale suite d’avulsion dentaire il semblerait également que l'Amibe du type ae aurait eu également un rôle pathogène,

L’examen clinique des malades, l'épreuve thérapeutique nous permettront souvent de juger en dernier ressort les cas difliciles où le laboratoire aura été impuissant à nous éclairer.

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