‹ L'Amibiase: Maladie généraleChapitre 16 sur 30 · ARE · texte numérisé non relu

ARE

souvent d’origine colique que d’origine gastrique. L’appendicite chronique n’est souvent qu’une forme déguisée d’Amibiase.

Ravaut signale un cas de sténose colique où le diagnostic d’uleus colique ou de cancer avait été porté. L’état général du malade devenait de plus en plus précaire quand il pensa à une Amibiase possible et en effet des amibes furent découvertes dans ses selles et après un long traitement il guérit complètement.

Dans les Amibiases du tube digestif il faut signaler l'Amuibiase rectale. Elle se présente sous la forme de rectites chroniques sténosantes, ou bien sous la forme de véritables tumeurs prises pour des cancers ou encore sous la forme de simples hémorragies intestinales se répétant sans cesse. À ce sujet Ravaut signale un cas diagnostiqué cancer du rectum qui n’était autre qu’une Amibrase qui guérit par le traitement. ee

La localisation amibienne au niveau du foie peut donner des symptômes très variés. On sait maintenant qu'il existe l’abcès du foie autochtone. On a signalé l’existence de petits abcès cachés très profonds s’accompagnant souvent de réactions pleurales, périhépathiques. On a signalé également l'existence de petits abcès verant saillir au niveau du foie simulant une tumeur hépathique. Le Professeur Achard a montré que l’amibe peut même créer de véritables cirrhoses.

Ce qu’il nous faut mettre ici en valeur à l’appui de

Page | MS

notre thèse, c’est qu’au cours de ces hépatites ami-

biennes les antécédents intestinaux peuvent manquer, les examens des selles peuvent être négatifs.

Les lésions amibiennes du tube digestif ou de ses annexes, celles d’autres appareils comme le rein peuvent déterminer des syndromes douloureux, simulant surtout les coliques hépathiques, tantôt les coliques néphrétiques. |

Certains malades souffrent des reins, se plaignent d’une barre lombaire et souvent on prend une Amuibiase pour une néphrite, une pyélonéphrite, une appendicite, des coliques hépatiques. D’autres malades éprouvent une sensation de plénitude, de tension ou l'impression que leur ventre bombe. D’autres ressentent des picotements d’épingle le long des côlons, des points très nettement perçus au niveau de la fosse illiaque gauche avec corde colique et dans l’hypocondre droit. Si, à ces symptômes s’ajoute de la fièvre, de la diarrhée, du ballonnement du ventre, un mauvais état général, l’on aboutit presque fatalement au tableau de la péritonite tuberculeuse ou de la tuberculose intestinale. Les surrénales peuvent être également touchées parles Amibes. On a signalé des symptômes d'insuffisance surrénale presque constants chez les amibiens.

Hertz-Boyer a décrit le syndrome entéro-rénal dont l’Amibiase peut être le point de départ. Ravaut dit avoir observé plusieurs malades qui consultant pour des douleurs rénales et vésicales ou souffrant de

cytistes ne virent disparaître ces symptômes que

lorsque Pétat intestinal fut modifié par le traitement de l'Amibiase.

La rectite sèche relève souvent de l’Anubuase. Les malades sont des constipés ayant la sensation d’une atonie rectale complète, ne sentant pas le bol fécal progresser.

Dans ces dernières années l’amibe a été retrouvée dans différents appareils simulant des affections banales. Petezetakis a décrit et publié de nombreuses observations de bronchites amibiennes, de cystites et de néphrites amibiennes.

Îl en signale dans une communication à la Société médicale des Hôpitaux de Paris, séance du 7 décembre 1923, et il insiste sur ce fait nouveau : la présence des Amibes dans les urines et les crachats au cours de la dysenterie amibienne aiguë, dans ces cas de bronchite amibienne et de cystite.

Dans ce même article, il signale que la dysenterie amibienne ne semble pas être une maladie locale de l'intestin c’est une infection généralisée.

Elle est précédée d’une phase prodromique d’amibhémie d’un passage des amibes dans la circulation générale, et de là au niveau des différents prpene foie, poumon, vessie, etc.

Peyrot, dans le Marseille dal du 27 octobre 1924, rapporte trois cas d’hématuries d’origine rénale et d’étyologie amibienne confirmant les recherches de Petezetakis.

Le premier cas était une néphrite aiguë, avec diar-

rhée et amibes dans les urines, le deuxième cas était

PAPE: LR également une néphrite aiguë, avec diarrhée, selles contenant des spirilles sans amibes mais des amibes dans les urines, le troisième cas était une néphrite aiguë sans dysenterie, et présence d’amibes dans les urines, ces trois cas ont guéri par l’Éméline.

Dans les observations qui vont suivre nous allons mentionner deux cas de pleurésies amibiennes inédites avec présence d’Amibes dans le liquide pleural et guéries avec le traitement à l’Emétine. Nous signalerons également un cas assez curieux d’Amibiase musculaire.

Nous voyons donc que tous les viscères peuvent être atteints. Il faut donc que tout médecin y pense et fasse les recherches nécessaires.

Le développement des Amibes sous nos climats semblait autrefois une exception, son action ne sem- - bait pas dépasser l'intestin ou le foie, son rôle pathogène est maintenant jusque sous nos chimats considéré comme beaucoup plus étendu.

Il faut également rappeler que l'Amibe est un protozoaire que les affections à protozoaires sont des affections essentiellement chroniques et que les poussées aiguës ne représentent que des phases très courtes de leur évolution, elles peuvent ne pas exister ou

ne se manifester qu'à des intervalles très espacés de plusieurs années.

Pendant ce temps la maladie reste cachée, les parasites sont enkystés mais n’en persistent pas moins. Pour cette raison |’ Amubrase ne se révèle pas

toujours par des symptômes intestinaux bruyants,

la recherche des parasites est souvent négative aussi le médecin hésite-t-il souvent à admettre une affection dont les principaux signes sont absents. D’où l'importance du traitement d’épreuve très souvent pierre de touche des diagnostics.

Disons maintenant un mot de la contagion. Il faut savoir que dans les périodes silencieuses de l’affection le malade peut continuer à émettre des kystes dont rien ne permet de soupçonner l’existence.

Ces kystes peuvent rester vivants très longtemps, résistant à toutes les agressions extérieures. | Ces porteurs et semeurs de germes sont dangereux car en général on ne s’en méfie pas.

Page 1