‹ L'Amibiase: Maladie généraleChapitre 23 sur 30 · PR GES · texte numérisé non relu

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nir à la visite, et c’est avec beaucoup de peine que nous arrivons à le convaincre de revenir. En effet il revient le 29 juin et reçoit une nouvelle injection intraveineuse de 0,065 d’émétine. La quantité minime de crachaïs que nous obtenons montre, cependant encore des kystes. Une dizaine de jours après, nous revoyons encore le malade très content de son état. Il nous fût impossible de recueillir des crachats, sauf un peu de salive dans laquelle nous n’avons trouvé ni amibes ni kystes.

Le résultat fut négatif pour le bacille de Koch et positif pour la présence d’amibes. Le jour même nous pratiquions uneinjection sous-cutanée de 0 gr. 06 d’émétine. Le lendemain le malade nous dit qu’il se sent bien mieux, que son expectoration a diminué, qu'il ne crache plus de sang. Nous lui inJectons 0 gr. 06 dans les veines et 0 gr. 06 sous la Seau Le jour suivant le malade se déclare complètement guéri et il ne veut plus revenir à la visite car, dit-il, il n’a rien. En effet le malade ne peut plus nous donner de crachats tellement son expectoration a diminué, alors que les phénomènes catarrhaux du thorax ont complètement disparu. Nous lui injectons encore 0 gr. 06 dans les veines et nous le prions de revenir dans quel-

que temps pour examiner ses crachats.

Oss. IT (Résumée).—Bronchite amibienne. Forme fébrile. Début brusque par courbature générale et frissons. Hémoptysies. Pas de dysenterie apparente. Rien au foie. Radioscopie négative. Phénomènes plus accusés du côté droit. Guérison par l’hémétine.

Mouhamed-Hass-el-Aoumaï, indigène, âgé de 27 ans,

secrétaire dans un bureau se présente pour hémoptysies e!

Er

des phénomènes de bronchite. Il a eu toujours une santé excellente. Rien de particulier dans ses antécédents, Sa maladie a commencé il y a quatorze jours environ par des frissons sans Cause apparente, avec un peu de fièvre et de la lassitude générale, lorsqu'il y a six ou sept jours il commença à tousser fort, d’une toux quinteuse et opiniâtre, et en même temps que la fièvre augmentait il commençait à avoir des crachats épais.

Il s’est soigné à ce moment par des ventouses et des potions. Depuis la toux a diminué un peu mais la fièvre persiste et il crache beaucoup. Il vient nous consulter parce que, de” puis deux jours, il a observé du sang dans ses crachats, Ces derniers jours il a présenté des coliques mais il n’y a pas eu de diarrhée. 11 nie du reste une dysenterie antérieure.

À l'examen. — Sujet d’une constitution très forte. Le thorax est bien développé. La percussion ne dénote absolument rien d’anormal. L’ausculation fait entendre un murmure vésiculaire rude et sur toute l'étendue du poumon droit et deux. travers de doigt en dessous de l’omoplate on entend quelques râles secs mélangés de quelques petits râles humides, Rien du côté du poumon gauche, à part une rudesse du murmure vésiculaire. Nous prions le malade de cracher après lavage soigné de la bouche et nous obtenons des crachats muco-purulents avec du sang rouge vif et par endroits plus foncé (rouge sombre). Les crachats sont visqueux, glaireux, et adhèrent en masse au fond de la plaque de Pétri, Température 580,

L'examen des crachats, ce jour, pratiqué quelques minutes après au laboratoire en notre présence montre lPexistence d’amibes vivantes. Les urines ne contiennent pas d’amibes,

Le 25 juin. — Le malade reçoit 0,065 d’émétine dans les

veines, Nous pratiquons un nouvel examen des erachats et

log me

nous trouvons des amibes vivantes de deux à trois fois le diamètre d’un globule blanc.

Certaines de ces amibes présentent une différenciation très nette de l’endoplasme et de l’ectoplasme. Plusieurs d’entre elles sont bourrées de globules rouges, alors que d’autres ne présentent qu’un protoplasme, granuleux ou vacuolaire. L'examen cytologique des crachats montre des globules rouges abondants, d’assez nombreux leucocytes, des cellules

. épithéliales aplaties et des cellules bronchiques. Rares eosinophiles, des globules blancs : 6.500 par cm? température : 370,9. Examen des selles : négatif.

Le 26 juin. — Nouvelle injection intraveineuse d’émétine

0 gr. 065. Examen des crachats par le bacille de Koch : négatif.

K Observations personnelles faites dans le service du DT Anglade, à Orléans, laboratoire de bactériologie du Ve Corps

d'armée.

Le hasard d’éxamens cliniques et de recherches appropriées de laboratoire nous ont permis, pendant les mois de novembre, décembre 1923 et de janvier 1924 de constater successivement :

a) Deux pleurésies à amibes dysentériques.

b) Un phlegmon de la cuisse de même nature.

c) Trois entérites chroniques reconnaissant le même agent. Ces trois derniers malades et un des pleurétiques présentant cette première particularité qui en fait l'intérêt, à savoir qu'ils n’ont jamais quitté la France.

Si nous examinons d’un peu plus près l’histoire clinique de

ces divers malades nous voyons :

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1° En ce qui concerne les deux pleurésies qu’il nous paraît | y avoir lieu de signaler les points suivants :

19 Tous les deux ont présenté avant la constitution de leur épanchement pleural une crise intestinale aiguë mais très fugace, une véritable bouffée entéritique aussi rapidement disparue qu’elle était apparue et qui n’a pas attiré l'attention du malade ni des médecins. |

20 Les deux pleurésies amibiennes ont été des pleurésies primitives, vraies sans qu'il s’agisse d'infection à point de départ hépatique et secondairement propagée à la plèvre.

Il ÿ a néanmoins lieu de remarquer que ces deux épanchements occupaient la plèvre droite.

30 La preuve de l’agent causal ne peut être faite que par des examens de laboratoire, encore cependant que l’attenton du clinicien puisse être aturée vers le diagnostic de manifestations amibiennes par la recherche de l’incident entéritique plus ou moins marqué qui peut se retrouver dans l’histoire de tous les malades. Par certains caractères précisés ciaprès de l’évolution de la maladie et de l'examen microscopique du liquide des ponctions.

Voici du reste brièvement résumées les deux observations des deux premiers cas.

Le sergent D..., du 131€ d'Infanterie a été en Orient du 15 décembre 1920 au 15 juin 1922. Pendant ces dix-huit mois il n’a jamais été malade. Ce n’est que le 20 octobre 1923 au cours de manœuvres exécutées sous des pluies torrentielles et après avoir eu froid qu’il éprouva une constipation opiniâtre de huit jours. Elle ne céda à aucun laxatif. Une débâcle survient le 8° jour caractérisée par une diarrhée abondante glairo-san-

guinolente en même temps qu’il constatait un amaigrisse-

ment progressif. Puis le 3 novembre, alors que la diarrhée avait cessé depuis quinze jours, il ressent un violent point dé côté au niveau de l’hémithorax droit qui le fait entrer à l’hôpital. uit

L'examen clinique révèle des signes de pleurésie droite exactement confirmée en quatre ou cinq jours. À ce moment D..., émet brusquement des crachats purulents, très épais, verdâtres, Une ponction est pratiquée le jour même donnant issué à un liquide blanchâtre, poisseux, gluant et à notre grand étonnement l'examen à l’état frais de cé liquide nous pérmet de constater la présence d’amibes vivantes. Le diagnostic causal était fait et permit un traitement spécifique aussitôt institué le lendemain de la première piqûre d’eémetine et de la ponction la température descendità 37 et s’y maäintenait jusqu’à complète guérison.

2m cas. — Soldat E..., 8 Chässeur à cheval. Jeune soldat originaire du Maine-et-Loire et cultivateur. Aurait présenté avant son arrivée au régiment dés altérnatives de diarrhée et dé constipation traitées symptomatiquement.

Peu de jours après son arrivée au corps il est brusquement pris d’uné crise aiguë d’entérite avec vomissements et selles abondantes glairo-sanguinolentes. Le tout rentre rapidement dans l’ordre mais six jours après cet incident le soldat E..., est hospitalisé pour congéstion pulmenaire à droite. Le lendemain de son arrivée à l’hôpital il émet brusquement de pros rachats muco-purulents. L'examen clinique à déjà permis la constatation d’un épanchement pleural assez abondant. Le liquide de ponction est semblable au premier, blanchâtre, poisseux, gluant. L'examen à l’état frais révèle également des

amibes vivantes.

Quant au 3€ cas d’amibiase, il est beaucoup plus complexe, le voici :

M. le lieutenant B..., du 8e Chasseur à cheval entre à l’hôpital pour une tuméfaction douloureuse de la face antérointerne de la cuisse droite qui pendant un mois présente des alternatives d'augmentation et de retrait accompagnées de fièvre ou d’abaissement de température avec retour à la normale tels que la courbe thermique ondulante fait songer à une infection à spirille. Une prise de sang et un examen à lPultra-microscope firent en effet constater la présence de nombreux spirilles genre Obermeier. Cette constatation déclenche un traitement par l’arséno-benzol. Les phénomènes locaux s’amendent et le malade sort de l'hôpital, Huit jours après M, le Dr Simonin et nous-même sommes appelés d’urgence auprès du lieutenant B... Il accuse des douleurs violentes à la cuisse droite qui est tuméfiée et présente en certains points des zones profondes de tissus indurés et ligneux sans aucune tendance à la collection purulente. Pas de réaction ganglionnaire. Pas de Iymphangite. Pas d’œdème,

M. le Dr Simonin décide une intervention malgré cette carence d'indications opératoires. L’incision large et profonde permit d'explorer les divers plans de la cuisse jusqu’au fémur : Issu d’uñe sérosité hématique très peu abondante et, venant de la partie profonde des zones indurées de sés gros fragments de tissus sphacélés, de teinte chocolat. L’examen à l’état coloré fait constater la présence de rares polynucléaires et de quelques germes qui ensemencés ne poussent pas. Par contre une préparation à l’état frais fait apparaître dés amibes vivantes.

Un traitement spécifique à l’émétine et à l’arséno-benzol

oo est institué. Le malade éprouve un mieux être à chaque . piqüre. Peu à peu les phénomènes locaux déjà décrits rétrocèdent mais sans apparition de pus et seule se fait une élimination de produits sphacélés.

Si nous faisons une incursion dans l’histoire pathologique de ce malade nous apprenons qu’il y a deux ans en Macédoine al fut brusquement pris d’une crise d’entérite aiguë avec vomissements et température relativement tenace qui fut étiquetée fièvre typhoïde bien qu'aucun contrôle bactériologique n’ait défini exactement quel fut l’agent causal des symptômes présentéspar le lieutenant B...

Quoiqu'il en soit quelque temps après cette crise gasirointestinale le malade présenta une tuméfaction douloureuse de la parotide gauche qui, après tergiversations multiples, probablement en raison de ses caractères inédits (dureté ligneuse, sans phénomènes inflammatoires nets) motiva une incision chirurgicale. Cette intervention ne donna issue qu’à de la sérosité louche, hématique et ce n’est qu’au bout de quatre jours que du pus apparut en très grande abondance. M. le lieutenant B... fut dans l’ensemble hospitalisé, pendant quatre mois.

En présence de cet ensemble de faits anciens et récents ne sommes-nous pas autorisés à croire que la fièvre typhoïide de : Macédoine était en réalité une atteinte aiguë d’amibiase intestinale et le phlegmon parotidien une localisation secondaire de cette même infection parasitaire.

Tels sont les trois premiers cas observés dans les salles militaires de l’Hôtel-Dieu d'Orléans.

Quant aux trois autres cas de dysenterie chronique à ami-

bes hématophages ils ne présentent que l'intérêt suivant à

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