THÉRAPEUTIQUE
L’Émétine a été longtemps le seul médicament employé.
Depuis quelques années on ne lui trouve plus une efficacité aussi constante.
Ravaut dit en parlant de l’Émétine : Il ne résume pas tout le traitement de l’Amibiase et l’on a trop de tendance à croire que quelques injections d’Émétine suffisent à arrêter le cours d’une dysenterie amibienne ou que si ce médicament paraît inefficace c’est qu'il ne s’agit pas d’Amibiase.
L’Émétine n’agit qu'aux phases aiguës de la dysenterie au moment des poussées soit intestinales, soit hépatiques ou contre tout autre manifestation aiguë de lAmibe. C’est surtout un médicament de la dysenterie en évolution agissant surtout lorsque l’Amibe est en pleine activité!
Dans les formes chroniques, celles dans lesquelles la vie de lAmibe est ralentie et ne se reconnaît que par l’émission de kystes, il faut s’adresser à une autre thérapeutique.
Ces notions sont très importantes à connaître sous nos climats puisque nous y rencontrons surtout des
formes chroniques.
Bon
L’Émétine présente de plus un inconvénient on ne
peut la prolonger indéfiniment.
Donnée immédiatement au début d’une dysenterie ou d’une manifestation aiguë de |’ Amube, elle a ur effet presque instantané, mais si elle ne stérilise pas rapidement le malade son action ultérieure est insuffisante et d’autre part,il n’est pas sans danger d’en prolonger trop longtemps l’usage. Tout d’abord les parasites s’y accoutument rapidement et pe nent Émetino- résistants.
Ravaut qui étudia les effets de ce médicament d’une façon très complète signale qu’il détermine de la fatigue, de la dépression des phénomènes cardiaques avec syncopes parfois très graves, ihaugmente lhypotension si fréquente chez les amibiens et produit même des névrites. |
Après Ravaut, plusieurs auteurs ont observé les mêmes accidents et Dalimier, Guglielmetti Mattei, ont étudié sa toxicité d’une façon très précise.
Pour ces différentes raisons, insuffisance thérapeutique dans certains cas, toxicité, action déprimante, il faut recourir à d’autres médicaments dans le traitement de l’Amibiase,
Les sels arsenicaux sont de plus en plus préconisés. Nous citerons en premier lieu le Norvarsénobenzol employé isolément ou associé à l’'Émétine dont il combat les effets dépressifs.
Le point le plus important dans le traitement de l’Amibiase c’est de bien connaître le mode de traite-
| ment qui doit être employé selon la phase et la forme de la maladie.
Nous avons dit déjà plus haut qu’aux phases aiguës et subaiguës de l’Amzbiase quelle qu’en soit la localisation il faut agir rapidement et énergiquement par des injections d’Arsenic et d’Émetine,
Au contraire dans l’Amibiase chronique si par exemple nous avons affaire à une dysenterie torpide nous aurons recours au traitement local par la voie buccale ou par la voie rectale.
Ravaut a préconisé l'emploi d’une pâte à base de charbon bismuth, ipéca, associé à des sels arsénicaux comme le Novarsénobenzol.
M. le D' Marchoux a eu le premier l’idée d’administrer le Stovarsol. Il a communiqué au mois de mai 1923 à la Société de Pathologie exotique des résultats des plus encourageants.
Ï1 a constaté que le Storvarsol faisait disparaître les kystes dans les selles dès les premiers jours d’un traitement et cette propriété caractéristique distingue le nouveau produit des autres médicaments puisque c’est la persistance des kystes, qu’ils étaient impuissants à détruire, qui causait la longue durée et la gravité de la maladie en raison des rechutes toujours possibles. Le Stovarsol est efficace dans certains cas où l’Émétine n’agit pas, il détruit les kystes amibiens insensibles à l’Émétine, il agit également sur divers parasites pouvant exister dans l’intestin soit associés aux amibes soit à l’état isolé.
Lacétyl-Arsan a été également enployé dans le
ren ee traitement de l’Amibiase. Sutrout dans les formes dites Emetino-résistantes en cas d’association parasitaire. Enfin le Treparsol a été également employé.
A côté du traitement spécifique il ne faut pas négliger dans l’amibiase la thérapeutique accessoire.
L’Amibiase est une maladie chronique du fait de sa chronicité, de ce qu’elle peut toucher un peu tous les organes elle déprime l’organisme, provoque des insuffisances glandulaires intestinales, hépatiques pancréatiques, surrénales.
L’Opothérapie, des cures de repos, les changements de climat rendront les plus grands services.
Enfin disons en terminant ce chapitre thérapeutique que le diagnostic certain n’est pas toujours possible par la clinique, ni par le laboratoire, et alors l'épreuve thérapeutique peut prendre une grosse importance. | |
En ças de doute, il faut toujours y recourir.