‹ L'amiral Baudin; with mapsChapitre 21 sur 32 · LE " RENTRANT » DE · texte numérisé non relu

LE " RENTRANT » DE

La France appartenait encore une fois aux Bourbons. Si les gouvernements comprenaient tout le prix de la fidélité, ils honoreraient et récompenseraient les fidèles, ne fût-ce que pour l'exemple : le capitaine Baudin fut placé en non-activité. Il avait déclaré que, fort de sa conscience, il ne pourrait accepter aucune marque de mécontentement. On le blâmait : il demanda sa mise à la retraite. A différentes reprises, le gouvernement de la Restauration fit engager l'ancien commandant de la Bayadère à reprendre du service; Baudin persista dans son refus. En 1830, croyant ramener le roi de Rome aux Tuileries, le peuple de Paris prend les armes; trois jours lui suffisent pour renverser du trône la plus vieille dynastie de l'Europe, — et ajoutons-le, car ce n'est que justice, — la plus libérale. Des complications extérieures semblaient

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imminenlcs : le capitaine de fréyale retraité rentra clans la marine avec son ancien gracie. A|)[)elé presque aussitôt à prendre le commandement de la corvette de trente-deux canons t Ilcruïne, Baudin ne tarda pas à montrer cjue quinze années de relâche ne lui avaient pas Tait oublier son métier. Il est vrai que, de ces quinze années, quatre s'étaient passées entre le golfe du Bengale et le Havre, à commander deux navires de commerce, le trois-mâts la Félicie et le brick le Télégraphe. Le 6 janvier 1834, le commandant de VHéroïne était nommé capitaine de vaisseau. Je me trouvais alors dans le Levant, embarqué avec le capitaine Lalande sur le vaisseau la Ville-de-Marseille : on y parlait beaucoup de l'escadre d'évolutions rassemblée aux îles d'Hyères sous les ordres du contre-amiral Massieu de Clerval. Dans cette escadre, un vaisseau se faisait remarquer par son excellente tenue, parle soin que ses officiers mettaient à le maintenir, dans toutes les évolutions, à son poste. Ce vaisseau était le Triton, commandé par le capitaine Baudin. Quand on manœuvre sous les yeux d'une centaine d'officiers et d'aspirants, sans compter les yeux des envieux, on gagne pour ainsi dire en champ clos sa réputation. Du 7 avril 1834 au 11 mars 1836, le rentrant

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subit à sa gloire la délicate épreuve; la marine du gouvernement de juillet n'hésita plus à mettre ses plus chères espérances dans cette épave de la marine de 1812.

Après le commandement du Trlton^vinile commandement du Suffreriy un énorme vaisseau de quatre-vingt-dix canons, type nouveau destiné à remplacer les constructions de M. Sané. On prétend qu'Epaminondas, chargé de faire balayer les rues de Thèbes, ne trouva pas l'office au-dessous de sa dignité : le capitaine Baudin, sur le Sujfren^ fut, pendant plus d'un an, occupé à transporter des troupes de Toulon en Algérie. L'hiver fut rude, les luttes, pour un si gros vaisseau, quelquefois périlleuses, la mission sans charme; le commandant du Suffren fit bravement son devoir, sans faste aussi bien que sans murmure. Le 28 avril 1838, il était nommé contre-amiral : l'expédition du Mexique l'attendait. Le 13 août, il en prit le commandement.

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