TENTAI IVE DE HAUBEVEL
» j'aurois bien plus de plaisir de vous aller veoir » que je n'ay d'estre en ceste court pour beaucoup
» de raisons que je vous diray je pry nostre
» Seigneur, ma fille, ma mie, vous avoir en sa saincte » garde et protection ( I ) »
C'est sans doute quand il pense aux siens, et alors seulement, qu'il s'alarme Et s'afDige, songeant au péril qui le menace, aux haines implacables de ses ennemis. Les Guises, sur l'ordre formel du roi, ont eu beau lui tendre la main, il sait ce que valent ces apparences de réconciliation ; maintenant surtout que les Guises peuvent compter sur l'appui de la reine-mère, il a plus que jamais à les craindre. En s^attaquant directement à Catherine, il ne peut se dissimuler que pour le salut et la grandeur de son pays, il s'est voué à la mort. Mais aussi, comme cette mort expiera noblement les fautes des guerres civiles I
On dirait qu'il la désire; il l'attend du moins, calme, résigné, presque souriant. Lorsque, le 22, dans la rue Bétizy, Maurevel, aposté par les Guises que Catherine a poussés, lui lire son coup d'arquebuse, il ne manifeste aucun étonnement. Seul de sang-froid, il montre à ses serviteurs éperdus la fenêtre d'oii le coup est parti. Rentré en sa maison, et tandis que Paré opère le douloureux pansement : a je vois bien que dieu m'aime, dit-il, puisqu'il
()) BitUelin de ta Soc. d'kUl. dv Prol. />., \- aoaté, p. 369.
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196 CHAPITBB Tl,
» mepermetde souffriraiosipour sonsaintnom. » Et, avec un visage gai, il assure ses amis en pleurs que la mort ne TelTraie point. Il voudrait seulement voir le roi avant de mourir, car il a à lui parler de choses qui regardent sa personne et le salut de son État. Lorsque le roi s^est rendu à sou désir, presque indifférent à la promesse que lui fait Cbarles IX de le venger, il le supplie seulement de se tenir en garde contre les intrigues qui l'entourent, de bien veiller à l'observation des édits, surtout de ne pas manquer à sa parole donnée de soutenir les Pays-Bas. A ce moment suprême, il n'a d'autre préoccupation que la gloire de son roi, le repos et la grandeur de son pays. 11 croit en Charles IX, et il a raison d'y croire encore. Il est donc convaincu que, s'il meurt, ses grands projets lui survivront , il ne demande rien de plus.
Si du moins il eût pu conserver jusqu'à la fin cette espérance, cette illusion dernière! Mais, tandis qu'il rassure, qu'il calme ses amis épouvantés, exaspérés; tandis qu'il attend, tranquille et résigné, la guérison ou la mort, plein de confiance dans les serments de son roi, comme dans la miséricorde de son Dieu, ses ennemis, afin d'assurer leur triomphe ou d'échapper à de justes vengeances, se sont résolus à l'envelopper dans un massacre général du parti. Et lorsqu'il entendit, la nuit du 2i, les cris des assassins qui forçaient sa demeure. Dieu lui fit-il la grûce de ne pas comprendre encore l'horrible vérité,
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DERNIERS INSTANTS DB l'aHIBAL. 197
de ne pas douter de ce jeune roi en qui il avait mis 8a confiance, de ne pas voir que c'en était fait de son pays et des HÏens comme de lui-même? Hélas ! on voudrait, et l'on n'ose le penser. Car à cette heure fatale, oublieux de lui-même, il semble ne songer plus qu'au péril des autres, de ses serviteurs qui l'entourent, sans doute aussi de tant de braves et dévoués compagnons que sa confiance a retenus, que sa confiance va perdre : « fuyez, mes amis, ditj> il aux siens, fuyez, s'il en est temps..., pour que » les vôtres ne me reprochent pas votre mort ! »
Dernières et sublimes paroles qui terminent, qui résument si bien cette noble vie, toute de désintéressement et de dévouement I
Quelques instants plus tard, sous les coups de misérables assassins stipendiés . dirigés par les Guises, le glorieux martyr de la tolérance religieuse et de la grandeur nationale rendait sa belle âme à Dieu.
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Au terme de cette étude, entreprise certes sans parti pris de dénigrement ou d^enthousiasme systématique, nous ne pouvons nous défendre d'une émotion douloureuse, lorsque nous comparons à la France de 1572, telle que Ta voulue Catherine, la France rêvée par Coligny :
L'isolement le plus complet en Europe, la guerre civile plus implacable que jamais, aucune sécurité au dedans, aucune alliance au dehors, voilà les fruits de cette politique d'expédients, qui triomphe à la S'-Barthélemy, voilà Tœuvre de Catherine.
Voici quelle eût été l'œuvre de Coligny :
A Fintérieur, ta concorde, l'union de tous fondée sur la tolérance religieuse.
Au dehors , la grandeur nationale assurée par le démembrement de la monarchie espagnole, par le développement de notre puissance maritime et coloniale.
L'avenir a prouvé si elles étaient réalisables, les grandes et généreuses idées que cet homme si vraiment honnête, si vraiment français, puisait à la source pure de son patriotisme et de spn bonnÈteté.
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La France, et avec elle l'Angletefre peut-être, ne sont devenues les premières nations de l'Occident que le jour où elles entrèrent résolument dans la voie tracée par TAmiral.
Ne l'oublions pas en effet, ce sont les efforts mêmes de Coligny, ses tentatives de colonisation fioridienne, qui semblent avoir éveillé la jalouse attention d'Elisabeth, et lui avoir fait pressentir le vrai rôle, les vraies destinées de l'Angleterre. Il ■ avait été Tun des compagnons d'armes, l'un des élèves de TAmiral, ce Walter Raleigh qui dota son pays de l'immense empire colonial rêvé par Coligny pour la France, et où les puritains anglais réalisèrent si bien la grande idée de Coligny si mal comprise de nos émigrants brésiliens.
Ne l'oublions pas non plus et surtout, c'est àcette même école de l'Amiral que se forma, comme le jeune Raleigh, le jeune prince de Navarre, devenu plus tard le grand roi Henri. Grand, parce qu'il reprit les projets du Maître, et qu'ayant rétabli la paix intérieure, il vit lui aussi la nécessité, Popportunité de lancer sur la maison austro-espagnole la France unie et pacifiée. Les huguenots ce jour-là le reconnurent, et ceux mêmes qui lui étaient devenus le plus hostiles , ceux qui lui pardonnaient le moins son abjuration, se levèrent alors d'enthousiasme à son appel, car ils crurent entendre la voix de leur grand chef assassiné qui les appelait du fond de sa tombe. Hélas ! le disciple comme le maître devait
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tomber aussi sous le poignard des assassins , et comme lui, juste au moment de porter le coup fatal à notre mortelle ennemie. Ce fut donc à Richelieu, à Mazarin, à des cardinaux de l'Église romaine que revint l'honneur de continuer , d'achever l'œuvre du chef huguenot.
D'autres sans doute avaient, avant Coligny, vule danger que faisait courir à notre pays la monarchie de Charles-Quint; d'autres avaient appelé au secours de la France catholique les protestants étrangers. Mais François \", Henri II, ces rois alliés des luthériens d'Allemagne, persécuteurs des calvinistes français, peuvent-ils être considérés comme les précurseurs des Henri IV et des Richelieu, du roi qui signa l'édit de Nantes, du cardinal qui, triomphant à la Rochelle, laissa aux protestants vaincus la liberté de culte et de conscience, ne leur enlevant que des privilégespolitiques incompatibles avec l'unité, avec la sécurité de l'État? Ces places de sûreté supprimées par redit de 1629, Coligny jadis et de luimême ne les avait-il pas rendues, disant à ses compagnons ces belles paroles que Richelieu eût pu rappeler aux huguenots de son temps : « puisque » vous avez la religion , que vous faut-il davan- » tage ? »
Coligny est donc bien réellement le précurseur, le guide de ces puissants esprits. Toutefois, qu'on nous permette de le dire, ce n'est même pas pour avoir frayé le chemin des Uenn IV, des Richelieu,
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des MazariO; que nous admirons et vénérons l'Amiral.
Ce qui nous paraît constituer sa véritable originalité, son incontestable grandeur, cVst qu'avec toutes les vertus des héros des vieux âges cet honnête homme, si bien frappé à Tantique marque, eut en même temps les meilleures, les plus fécondes idées des penseurs modernes ; c^est qu'au milieu des horreurs de la guerre il fit son possible pour sauvegarder les droits sacrés de l'humanité ; c'est que jamais, au milieu des triomphes passagers de la force, il ne sembla mettre en doute la victoire définitive de la raison humaine , proclamant la nécessité de l'instruire, de l'éclairer, pressentant en quelque sorte le grand rôle de l'instruction générale, qu'il répandit et préconisa, et considérant le développement intellectuel de l'individu comme la condition du progrès moral de la société ; c'est, enfin, qu'au milieu d'une époque d'anarchie et de fanatisme religieux, il montra toujours la foi la plus ardente sans l'ombre même de fanatisme, les plus nobles aspirations vers la liberté politique, sans le moindre esprit de rébellion, prouvant ainsi par son exemple que Tobéissance aux édits, que ie respect de la loi n'est nullement inconciliable avec le vif sentiment de l'indépendance individuelle et Tamour des libertés publiques.
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LETTBB DB L AJHIBAL GASPARD DB COLIGHV AV DUC AlfHB DB MONTHOKHNCir, PAIR ET COHNÉTABLE DE FRANCS.
26 août 1556.
« Monseigneur, jay receu la lettre qail vous a pieu m'escripre par Funteines, que jestîme daultant plus que tous avez prys la peine de lescripre de vostre main, par laquelle me faict(>s enttendre la responce, que le roy vous a faicte sur ceque je vousavoisescript ; aussya faict plus amplement monsieur le cardinal de Chastitlon, suivant ce que luy en aviez dict. Et puys quil lui ptaist que je le serve au gouvernement de Picardie, c'est bien raison que joublie toutes aultres choses pour maccomoder et suivre sa voulunté, mesmement après avoir enttendu les remonstrances que je vous avois faicles. Et pourtant je me despoulleré de mon oppinîon et mu résouidré de le servir ainssy et au lieu quy luy plaist, ou jemploiré toutes mes forces pour le bien servir tant du corps que des biens ; pour le moings sera ce de tout mon povoir et âdellement, estimaut k grand heur et hon-
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306 PIÈCES JDSTIFICATIVBS.
neur qui) a^e en pour agréable sy peu de service que je luy ay faict jnsques icy . Et véritablement jaurois grand lort sy je me pleignois de dire que je luy eusse demandé quelque cliose quîl meust refusée. Aussy est il juge et vous tpsmoing monsL'igneur si je lay gueres importun» pour les biens, ausqueh je ne me suys pns gueres amusé jusques ii cette heure, estimant trop plus sa bonne grâce, et avoir bon visage de luy que les biens de ce monde. Vous sçavcz, monseigneur, que la récompance de Dieu et des homes est du tout diiïerenle de lune à laiiltre ; car celle de l>ieu est après nostre mort, et celle du monde durant nostrc vie ; et ceulx que dieu ayme le plus souvant sont les plus travaillés en ce monde ; mais ceuli que les princes ayment, il le font apparoistre par faveurs et bienfaicis qu'ils font, ou aultremant les homes nen croient rien. Je vous dicis ce propos pour ce que de ce dernier voiage, je nay eu ni gratieuse parolle ny aultre démonstration pour laquelle ny moy ny l«s aultres homes puissions juger que le roy aïe contantemant de moy, ce quy nest point ainssy advenu aulx aultres, ce que je supporlerois trop plus patiemmant, si jestoys seul quy en eust la congnoissance. Et pourtant vous povc2 juger que jen resens ce que peult Tairfî ung home de bon cueur, et croire que je ne suys pas sy despourveu de jugement que je mattende de recouvrer une chose h laquelle avecques bonne occasion jay failly, où je ne faicts pas double que ne maiés voulu ayder de ce quavez peu, tant pour lamour et bonne voulunté que jai tousjours congneue que me portiës, que pour plus grande force pour vostrc maison. Mais je sçay bien aussi que ce nest pas raison que après avoir tenté tous les moiens honestes et raisonnables, que Ion importune les maistres qui veulent estre servis à leurs oppinions et non point il la nostrc. Vous remerciant au demeurant très humblemant, monseigneur, de lasseurance quil vous plaist me
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PIÈCES ICSTIFICATIVES. 307
donner par vostre lettre de vosire bonne louliinté, laquelle je vous suppi; me vouloir continuer et croire que vous navcz aussy enfTent qny vous veille plus rendre dobeissance et service que je teré toute ma vie. Je ne fauldré point à me rendre à Paris pour cette Sainct Michel; et. au surplus il vous plaira me mander s; de so quy ce présentera désormais poar le gonvernemant de ilsle de France, je le rcnvoiré pas h monsieur de Montmorency, vostre Tilz.
» Monseigneur, je me recommande très humbicmant à vostre bonne grâce, et pry noslre Sfigncur vous donner en santé très bonne vie et longue... De Chastillon, ce xxvi* daoust
» Vostre très humble et très obéissant nepveu.
» CnASTILLON. »
B. >. HsK t. f. 3148, f. 109.
l'amiral a h. DB nCHIÈRRS.
24 mars I3J6 (v. s).
« ... de les paier comme aians corcellelz et qu'ils n'en eussent point , il ne seroil pas raisonnable... j'oubiJois à vous dire qu'il me mande avoir faict monstre de vingt hommes qui sont au cliasleau de Péronne, comme s'il prenoit cela une chose a part, et ilz doibvent estre comprins aux cent cinquante de vostre dicte compaignye, k quoyîl faultbien regarder, car aultrement il n'y auroît point d'argent pour eux ou pour xx aultres... »
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B. N. Mss. f. r. 3144, f. 81.
l'amiral a u. de HDHIÊRBS.
I" mi I5S7.
« ... Quant au mot du guet, il est vray que par l'ordoii" nancc du roy, il n'est point faict mention du soulz lieutenant ne, ce croy-je du lieutenant qui le doibt toutesfois donner en l'absence du cappitaine de la place. Ce néant moins pour le respect de la compaignye en laquelle commande mons' de la Salle, je suis d'avis que si vous vous eslongnez de Peronne, vous luy en laissez la charge, et a vostre lieutenant les clefz des portes,.. »
B. N. Msa. f,f. 3144, f.l.
l'amiral a h. de hvhièbbs.
)" avril )JB6 (v. s.)
« ... il est vray qne c'est bien foict d'obvier qu'ilz (les blés] ne soient enlevez des villes de mon gouvernement pour porter dehors ; mais d'empescher qu'ils soient departys d'une villo a aultre, et portez pour les débiter et vendre aux marchez, ce ne seroit pas chose raisonnable... quantaceuli qui ont este acbaptez... il ne seroit pas raisonnable que ceux aulxquelz ilz (appartiennent ne les peussent enlever. Par quoy vous ne les leur ferez retenir... »
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PIÈGES IDSTIFICATITES. 209
B. N. Mss. f. f. 3148, f. ItO.
l'auibal a h. de HUUIËBBS.
30 mas IS56 (v. s.) « ...je vous envoyé une lectre pour le cappitaine Tutil ) angloix afHn qu'il aille a vous quant vous le manderez et } qu'il se comporte aultrement a l'cndroict du peuple avec ) sa compaygnie, synon qu'il s'asseure que je m'en pren- ) dray à luy... »
B. N. Mss. f. f. 3122, f. 43.
l'aHIKAL ad CONNETABLE.
I" avril (557 (v. g ) a Monseigneur... je nay pas plus voulu reteoir monsieur ) Chapelain présent porteur creignant quil ne vous feist ) plus de faulte qua moy, car maintenant la grâce a dieu ) je me porte fort bien... »
» du chasteau de Gaod... »
L'aHIRAL a la DCCH. de FBRRABli.
8 jtDV. <S64 (v. s.) 11 eût été voir la duchesse, s'il n'attendait « de jour a > anitmia venue du gentilhomme que M. le Prince de Condé 1 doibt envoyer icy pour donner le nom k l'enfant qu'il a I pieu a dieu me donner dernièrement... x>
s de Cbastillon. »
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910 PIÈCES JDSTIFICATITEg.
B. N. Mm. r. r. S046I, p. 117.
l'amiral a h. de la badhb.
30 oclobre I55!t.
« Monsieur de La Baunci pour ce qu'il fauldra que dedans deni oa troys jours, je relire Ut AUemaiu qui tont dedant Gtttfte pour m'en servyr, ainsi que le Roy le m'a ordoDné,et que je nepourray lamer dedans voure place qae voilri: bande et celle du eajnlaine Cotiflans, ce qui lera bien peu, je me suis advisé de vous escripre ceste lettre et vous envoyer ce gentilhoromc présent porteur pour vous advertyr que je luis bien d'aiyi que pour ung tel affaire ooui adoertiitiez de ceulx que vont m'avex baillé par roolte, jusquet a deux ou Iroys cent, affin de lei mecire dedam vastre dicte place, cependant que le voyage qae je feray durera. Et par ce moyen, me semble-il qui ne pourra venyr inconvénient. J'espère estre demain ou mardy pour le plus tard i Guyse, mais ce pendant, je vous ay bien Toullu advertyr de ce que dessus, croyant au demonrant ce porteur de ce qu'il vous dira de ma part. Et sur ce, je prye Dieu , monsieur de la Baune, vous avoir en sa saiocte garde.
» De Han, ce xx* octobre I5SS.
» Voiitre bon amy,
» Chastillon. »
B. N. Hss. f. f. 20161, f. lOS.
l'amiral au duc DK flClSB.
12 février 1555 (v. è.).
n Monsieur, jay receu une lettre de Monsieur Bourdin par laquelle il me fait entendre que vous luy aviez commande
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PIECES lOBnFIClTIVES. 911
de mescripre de rostre part pour faire desloger tes Allemans de Tostre ville de Gaize, pojs que les choses sont maintenant rednicles en lestât quil a plen à Dieu sar quoy je Day voulu faillir de vous faire la présente pour vous advertir que javoyes desja satisfaict a cela, ayant envoyé les Allemans en anitre garnison pour le désir que javoye den descharger rostre ville et espargner vos boys, auxquels jestoye bien informe que la présence desdicts Allemans nestoit gueres prouf&lable, et vous pouvez asseurer, monsieur, que en toute aultre chose que je congnoistray de moymesines pouvoir faire s vostre advantaige, proufTict et commodité, je nattendray pas den avoir vostre commandement, mais my emploieray toujours promptement selon le désir que jay de vous faire service, me recommandant snr ce treshnmblement...
» De S' Quentin ce su* de Février I85S.
» Vostre obéissant et bien affectione serviteur, » CHAsnixoN. »
B. N. Usa. î. î. mSOS, p. 147.
l'ahiul av gohn^abls.
24 Svrier 1559 (y. s.).
» Monseigneur, j'ay recea les deux lettres qu'il vous i pieu m'escrire, l'nne par Du Pin, que monsieur le cardinal de ChasUllon avoit envoyé vers vous, l'aultre par mon laquais que je vous avoys aussy despesché ces jours passez ; et i son retour vers moy, il me trouva sur le poinct de m'accbemyner pour m'en venir trouver ceste compaignye, en
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lien qae je faisons mon compte de m'en aller faire mon caresme prenant avecques mon frère monsieur Danilelot k sa maison de TanlBy;et pour ce que je me double bien, monsieur, que vous désirez sçavoir l'occasion pour laquelle il m'a fallu retourner £y tost en ceste dicte compaignye, et mesmes que j'aye esté aulcunuement pressé de ce faire, je ne veulx faillir à vous en esclaircîr, vous sdvisant que pour ce que l'on ha eu nouvelles que la Royne d'Angleterre tenoit quelques vaisseauh armez jusques au nombre de quatorze ou quinze, sur le far d'Escosse, comme pour empescher le passage du secours que l'on veult envoyer en ce païs là, le Roy voulant pourveoir à cela, de sorte que, sy le dicl secours n'a le passage libre par amytié, il le puisse prendre par force, s'est délibéré d'équippcr de ses vaisseauls, qui pourront servir à cest elTect, affîn de pouvoir secourir ceulx qui tiennent son party audict païs d'Escosse ; laquelle a esté l'occasion de me mander pour retourner sy soubdainement en teste compaignye. Et fais bien mon compte qu'elle me fera aussy rompre le voiage que j'avoys projeclé d'aller faire en Bretaigne sur ces Pasques, et qu'il me Fauldra plus tost tirer en Normandye, ce que ne sera sans vous aller veoir; mais pour ce qu'il na encores esté icy rien conclu de ce que dessus, je remectz h. vous en escrire plus certainement devant que je parte de ceste compaignye, ce que j'espère debvoir estre dedans peu de jours ; au moins feray-je tout ce qu'il me sera possible pour estre despescbé au plus tost. Et i. tant je me recommanderay très humblement k vostre bonne grâce, priant Dieu, Monseigneur, qu'il vous doint en partaicte ■anié très longue et très heureuse vie. l>'AmboyBe, le xxiiu* jour de febvrier 1559.
» Vostre très humble et très obéissant nepvea. » Chastilloit. »
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PIÈCES JOSTIFIGATITRS.
B. N. Hss. f. f. 20481, f. 217 L'aUIBAL a CATHERINE DB HBDIGIS.
27 Mars IMI (v. s.)
« Ma souveraine dame,
n Madame, jay receu deuls lettres qui! a pieu a Vostre
Majesté mescripre toutes deuIi du ., la première par ang
Courier envoyé devers monsieur le Prince, et la seconde par Tostre vaiet de chambre, et pour respondre a toutes denix , en premier lieu, je ne sçay dou le roy de Navarre a eu advertissement ijuejefaisois leveede gens, mais je vous respons sur mon honneur que je ny ay pas seulement pansé. Bien ay-je adverti quelques ungs de mes voysins et amys et prier de me faire compagnie pour venir trouver mondict sieur le Prince, que si dadvanture il sen esl veu en ma compagnie darmés, il me semble quil ne doibt estrn trouvé non plus estnnge que de ceulx qui vont trouver monsieur de Gnize avecqucs armes descouvertes, et dout je puys parler comme les ayant veus, dadvantage que je suys adverti de plusieurs eiidroict que monsieur de Guize me menace fort, ce que ma cncores icy confirmé monsieur le Prince comme layant enltendu de bon lieu, et pour CQste cause, je vous supply 1res humblement madame ne trouver maulvais que je me tienne sur mes gardes. La seconde lettre de Vostre Majesté faict encores mention de ce que vous avez enttendu que je suys parti de chez moy avecques grande compagnie de gens armés darmes crcues et descouvertes et que je faicts ainssy marcher ma compagnie layaiit levée de sa garnison. Quant a avoir bonne compagnie, je confesse que je lay et laure la meilleure que je pourro pour me garder destre oul-
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314 PItGES J08TIPICATIVBB.
trsge. Quant a armes desconvertes, je nen ay en ma compagnie sinon de pistoles, et pistolets, ce qui est commun par toat le royaalrae de France. Quant a avoir levé ma compagnie de sa garnison, il ne sen trouvera nul mandemant de mo; et ce qui principalement men a gardé cest que je savois bien qail ny avoit pas tant de gens que cela me peust porter grande favenr, et tontefois madame quant je Jaurols mander je naurois faict que ce que ont faict danltres. Quant a ce qne me mandés si jay faict faire ung sermant a ma compagnie sans parler du roy, affln que vous congnoissiés la vérité dn faict, il y a plas de qnattre ans que je ne fus en monstre de ma compagnie, la ou les sermens se font, den avoir faîct faire depuys en quelque sorte quecesoit, si vous trouves qui! ' en soit rien, je veulx que vous me teniez pour infâme et déshonore. Au demeurant je vous supply très hambleroent ma dame croire quil ny a gentilhomme eu France qui plus désire vous veoir enreposetcontantemant que moy, ce que je
tere plus particulièrement enttendre par le capitaine B
que monsieur le Prince envoyera devers Vostre Majesté. El sur ce je priray nostre Seigneur....
» De Meaui ce xxvii* de Mars 1561.
» Vostre très humble el très obéissant subject et serviteur. » Chastillon. »
B. N. Mss. f. f. 3211, f. 64.
CHABLOTTE DE LATAL A LA DDCHBSSB DE FBBHABB.
a Madame, ceste pauvre femme qui est de ce lieu grandement affligée d'une malladîe dont elle en a perdu un œil, se retirant b Montargis, à la promesse de quelque personnage
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PIÈCES JOSTIFICÂTITBS. 215
dodit lieu de la gnerir ou donner allégement b son mal, m'a requis... de la vouloir accompaigner de ceste lettre pour TOUS supplier très humblement qu'il vous pleust d'user en son endroict de vostre bonté et charité accoustumee. Je vous puis bien assearer que la pauvre femmt a toujours vescn hoonestement... l'aulmosne qu'il voue plaira Iny faire sera fort bien emploiee... »
B. N. Hm. f. t. 3149, r. St.
l'amiral a la DUCBBSSB DB FBBRAaE.
Il implore de nouveau sa protection pour un paavre homme qui n'a pas été trouvé bon ii grand'chose une première fois.
« ... je ne tny ay voulu refuser la présente pour vous supplyer, madame, daultant qne je lay cogneu bien morigine quil vous plaise luy faire tant de bien et dlionneur de commander que Ion reguarde en q uoy il vous pourra très humblement servire... »
B. N. Mu. f. f. 3133, f. 56.
l'aNIRAL a la DUCHESSB DB FBBBARB.
Il implore de même la protection de la duchesse pour un autre « pauvre homme... sa femme et ses petits enfans... »
B. N. Hm. f. f. 3193, p. 60.
l'aHIRAL au roi CHARLES IX.
17 août 1566.
» Sire, hersoir assez tard, après que la despesche que je vous
avoys faicte fut partye, je receuz par ung homme, qne mons'
le cardinal de Chastillon menvoya, la lettre do Vwtrç Ma-
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SI6 PliCES JCBTIFlCjl.'nTBS.
jesté, qui me fat portée k Bresle, depuis qne jen fas party, comme aussy estoient les aultres qui y estoient venuz, tellement que pour faire départir ceste compagnye, il nestoit poinct besoing demployer les lettres et le commandement de Vostre Majesté, et pour ce que par mes précédentes, j'ay satitfaict h partye dn contenu en icelles, je ne ?ons ennuyeray de redilte, mais sur ce qui reste k respondre, je vous diray, sire, que en la dicte compagnye nestotent aultres personnages de qualité que ceulx que jay déclarez par mes précédentes, par qaoy je vous puys bien dire que ce que l'on a rapporté qne mons' le prince de Portian, les sieurs d'Esterncy et de Bonrry y estoient, est fautx, dont je m'esbabis qne gens qui debveroient bien regnarder et sçavoir comment ilz parlent et assenrent les choses, soyent sy légers premièrement à les croire, puys k les faire entendre k Vostre Majesté, faisans par ce moien de très maulvais ofRces et envers icelle et k lendroict de voz meilleurs et plus Bdelles serviteurs, tascbant k les vous rendre aultant suspectz, comme vous y debvez avoir de Qance. Et pour esclaircir maintenant Vostre Majesté de loccasion de ladicte assemblée, je vous diray, sire, que quant h mons' de Senarpont, c'est uug de mes plus anciens amys, dont nous désirions bien denousveoir, cependant que nous nestyoDS pas gueres esloingnez lung de laultre, et en nng lieu, où il se pouvoit asseurer destre le bien venu; aussy, quant k mons' de Morvillier, il est de mes vieilles Gongnoissances, tellement que sa maison nestant que & six ou sept lieues de Bresle, il voulut bien prendre ceste commodité de venir faire ung office de Visitation convenable k la congnoissance et amytié, que nous avons pieça ensemble. Vêla, sire, ce que je vous puys dire de loccasion de leur venue ; ainsy il ne me reste que k vous faire entendre k quoy ceste compagnye sest employée, qui na pas esté pour mettre aulcung en souspeçon ou défiance, car le plus de nostre
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FIÈCBS JUSTIFICATIVES. 217
exercice esUns 1&, ce a esté daller à la chasse et voler le perdereaa, combien que anssy parmy ce passetemps oous y avons faict ua bon eSect, cest laccord de deux gentils hommes, lung de la maisou de BoufQais, laultre des Hercules, lesquels estaas en qaerelle et ayans moîen Inng et laultre d assembler gens et saccompagner cassent peu mettre quelque trouble an pais sy leur qaerelle feast venue plus avant. En tout ce que dessus, sire , vous pouvez veoîr qail ny arien dont Votre Majesté puisse avoir, synoo cootentemant et satisfaction ; et pouvez vous tenir asseoré que je nentre prendra y jamais chose au contraire ; car quant aux aul* très -parttcularitez qui vu n s ont esté dictes, je ne puys pas penser quelles elles sont, mais bien ay je opinion quil ny a non plus d&vérité que en ta plus part decequemescrivezavoir esté rapporté à Vostre Majesté. Et touteEToys, sire, sy cest vostre plaisir de me les déclarer, je mettray peine de vous y satisfaire aussi. Et k tant je supplye le créateur, sire, quil doint à Vostre Majesté très longue vie en parfaicte santé et continuel accroissement de prospérité. De Paris, ce xvu* d'aoust 1566.
» Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur, » Chastillon. »
B. N. Mss. r. f. 3193, I. 29.
l'amiral ad roi CHARLES IX.
21 mai 1568.
« Sire, il y a quelque temps qu'estant k Tanlay je vous teis entendre par le sieur de... le maulvais gouvernement de ceulx de la ville d'Auxerre et depuis je tous en ay encores
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âl8 PIÈCES IDSTIFICATITES.
adverty nagueres par uDg mien secretère qaç j'ay envoyé devers vostre Majesté et combien de désordres et insolences se commettent en divers endroicts de vostre Boyaulme qui ne peuvent eniîn qu'admener un grand mescontement et trouble entre voz subjects : et poor ce qu'il est advenu une chose depuis deux jours, qui conGrme bien tout ce que j'avois mandé à vostre Majesté auparavant, je n'ay voulu faillir de vous envoyer ce gentilhomme présent portear pour tous supplier très humblement d'y vouloir pourveoîr ; et oultre ce que vous en pourez entendre de cedict gentilhomme je n*ay voulu faillir eucores de vous en toucher ce mot par escript, c'est que M' le Prince de Condé m'avoit icy envoyé celluy quy durant ces troubles avoit commencé de faire le payement des reistres et lansquenetz, pour achever de leur faire payer quelque reste qu'il leur restoit encores deu, et les cinquante mille francs, qui debvoieat estre payés par nous de la Religion reformée suivant l'accord qui en fut faict en la présence de M' Verdun d'Orléans, ce que Mondit s' le Prince en avoit faict s'estoit que lors il pensait aller en Picardye pour ^ faire quelque séjour et que je seroys icy plus près et commodément pour recueiller les deniers, et les envoyer ou seroit le Duc Casimir : il y a quelque temps que j'avois faict porter les deniers de ce qui restoit a fournir du mois que nous avions Gommancé de payer et avant hier je l'avais faict partir pour aller porter le payement des cinquante mille francs craignant que pour ce deffault tedîct Duc Casimir avec ses trouppes ne voulsissent différer de sortir de vostre Boyaulme et que cependant vos subjetz eussent a en pastir, et encores que Ion nous empesche le passaige de tous costez pour ne pouvoir recueiller des deniers suivant la permission qu'il vous a pieu de nous en donner sy est-ce que mondict s' le Prince et quelques ungs de ceulx de la Religion avions avec grant incommoditez recueilly les deniers pour faire ledict payement pour éviter la
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PIÊCI» JDSTIFiCATITBS. 219
foDlIe de Tostre pauvre peuple, et a ceste caase j'avois depesché avant hier celuy qui portoitledict payement, lequel estoït
allé coucher b ung lieu nommé près Auierro ou la nuict
fut assailly par ceulx de la garnison dudict Auxerre lesquels le forcèrent en son logis pillèrent et voilèrent les deniers et tout ce qu'il avoit et en sa compagnie, tant de hardes que de cbevanlx : il y avoit quelques gens de Monsieur d'Andelot mon frère et des miens que j'avois baillez pour la conduite desditz deniers lesquels ont esté tous amenez prisonniers liez et garottez andict Auserre, il y en a eu de tuez et de blessez, mais pour ce que je n'eu sçay pas bien la vérité je m'en tairay.
» Sire, il vous plaira considérer que s'il vient faulte pour ledict payement que cela ne nous doibt point eslre imputé ayant satisfaict à ce que nous debvions et d'aultre part que s'est bien loin de pourveoir et remédier aux desordresquant ceulx que Ion envoyé pour y pourveoir les font et commettent encore plus grands : il plaira aussy a vostre Majesté de considérer l'oultrage qni est faict a Monsieur d'Andelot mon frère et a moy d'avoir ainsy vilainement assailly nos gens et honteusement menez prisonniers, et me semble bien que nos personnes merittent d'estre aullrement traictés et respectez que nous ne l'avons esté depuis ung tems, en ça est monstre combien que Ion seroit bien ayse de nous faire faire ou entreprendre quelque chose de qnoy Ion eust occasion puis après de nous taxer. Maïs dieu nous fera la grâce de ne noua oublier point tant que nous fassions jamais aultre chose que ce que gens de bien et d'honneur doivent faire et bons et fidelles subjets de Vostre Majesté, et pourtant, Sire, je vous supplie très humblement nous voulloir a ce coup faire faire * raison et justice, laquelle vous nous debvez, et de croyre que j'estime plus mon honneur que ma vye remettant le surplus sur ce présent porteur je prieray nostre Seigneur
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3S0 PIÈCES JDSTIFICATIT8S.
» Sire donnera vostra Majesté en très parfaicte santé et prospérité très beareose et très longue vie, de Cliastillon le ui* jour de Hajr 1668.
» Votre très humble et très obéissant snbjet et serviteur.
» Chastillon. »
B. N, Hm. V Colberl, 24, p. <S9.
l'^HIKIL à.V moi CBABLSB IX.
24 juiB IS68.
» Sire , j'ay présentement reçeu deux lettres qu'il a pieu à Vostre Majesté m'escripre du xiiii et ssii de ce moys. Par la première me faisant entendre la réduction qu'elle entend faire des compaîgnyesde sa gendarmerye, assçavoir de cent à soixante et de cinquante à trente, et que j'aye à faire la réduction de ta mienne à la dicte raison. Sur quoy il plaira ^ Vostre Majesté avoir esgard que la mienne est de cent comme sont toutes les anltrcs des officiers de vostre couronne, comme il pleut au feu Boy vostre père le faire en me pourveoyant de l'eslat d'amyral ; car oultre les cinquante lances que j'avoys, il me bailla crcue de vingt et depoys par la mort de feu mons' de Buillon, de dix pour estre k quatre vingtz ; ce que je feys entendre i Vostre Majesté b la réduction dernière, comme il apparoist ; car elle demeura au rang de celles de ■cent, et oultre, que ma dicle compaignye est l'une des plus anciennes et qu'il ne se trouverra point, que mes prédécesseurs amyraulx ayent jamais eu moins de cent lances. Je ne veulx point doubler qu'il ne plaise ii Vostre Majesté me
; CooqIc
PIÈGES JVSTIFICATIVIE. S21
Iraicter comme mes prédecessears et que maintenant elle yonldra mettre la mienne aa rang des cent, comme il a pieu à Vostre Majesté le faire jnsqaes à présent, et comme il parroist par mon estât et des chefz de ma dicte compaignje, et roetteray peine qu'elle sera, comme elle a toasjours esté tenue, l'une des pins belles de voz ordonnances, de la J maintenir, pour avoir meilleur moyen arecques icelle de m'emploier k vous faire service, quant il plaira b Vostre Majesté de me le commander.
» Quant à la seconde qui faict mention de la levée des deniers deubs au duc Casimir, j'en at escript à mong' le cardinal de Cbastillon, suyvant ce que par cy devant j'eo ai mandé h Vostre Majesté par le s' de Combault et pour ceste heure je ne luy en sçauroys mander aultre chose, que ce que desjà j'ay faict, et sur ce je prieray Dieu, Sire, qu'il donne à Vostre Majesté en très parfaicte santé et prospérité très heureuse et très longue vye. A Cbastillon, le xxim* de juiDg 1568.
» Vostre très humble et très obéissant snbject et serviteur.
» CsAITILLOIf. »
B. N. Hss. V< Coll>ert, 24, t. lU. L AV SOI.
13 jniUet IS6S.
» Sire, il yadeuxou troisjoarsqnejenvoisyaAuierrennK gentilhomme qui est à moy par devers Monsieur de Pryo pour lo prier de vouloir donner moyen an lieutenant gênerai de la justice dudict lien quil me peust venir... trouver et pour
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cet effect luy bailler escorte de quelque nombre d'hommes pour bien peu de temps quejavoys besotng de son conseil et advispour faire dresser une procuration pour envoyer en Bretagne concernant ma seareté et celle de mes enfans sur les dilDcultez qui pourroieut intervenir a cause du decez de feue ma femme, lequel me feist respouce quil ne pouvoit bonnement satisfaire a cela tant pour la crainte qui) avoit que led. lieutenant tombast en quelque inconvénient par les chemins a cause des dangers et peu de seurete qui est maintenant quaussi le peuple pouroit murmurer sïl sabsantoit de la ville pour ce que Ion esloit après a la recherche sur le faict de sa charge dont il falloit quil respondist par devant le m" des req'" que V" M" a envoyé audit lieu, Dequoy javoys occasion de me contanler, nayant estimé lors que je lenvoye mande quérir quil y peust ou deust avoir quelque difficulté a le faire sortir de la ville, ny mesmes quon feost après a la recherche sur le faict de sou estât. Mais il est advenu a mon très grand regret et desplaisir quayant led. s' de Prye donne escorte de deui harquebouzJers au gentilhomme que je luy avoys envoyé pour le conduire jusques a la porte, incontlnant après quils leurent laisse et auparavant quil feust hors des faulibours de lad. ville, il fut charge de guet apend et poursuivy furieusement par dix huîct ou vingt harqnebouziers qui tous tirèrent contre luy dont il y a en un coup qui fut porte de façon que sil nest mort il ne vault gueres mieulx, la plupart desquels assasinatenrs sestoient desbandès du corps de garde qui estoit pose a la porte de lad. ville pour aller eiécuter ung si malheureux et meschant acte qui sont choses bien estranges, et merveileusement dores et fascbeuses a supporter et dont on ne peut resoaldre anltre chose sinon quil ny a plus de justice en ce royaame pour ceulx de la religion et quil est permis a ung chascun de les meurtrir et assasiner avec toute impunité sans qnilt
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PIÈCES mSTIFICATIVES. 323
en puissent doresnavant avoir espérance de pouvoir vivre en seurete sous v" parolle et protection on qui! puissent plus aussi espérer destre garentiz des... violences par la force publique, attendu roesmement que ce ne sont les premiers degaz insolences et oultrages qui ont este commis par tous les endroictz de ce royaume et particulièrement par ceulx de la garnison dud. lieu dont ongest tant de foys plainct a V^' M" et moy mesmes pour le vol des deniers quon envoyoit aux reitres, meurtres emprisonnemens et ranconnemens des gens de mons. Dandelot mon frère et des miens qui en avoient la conduite, ayant espère quelque temps quon nous en feroit justice dautant que V" M" avoit envoyé sur led. lieu ung m" des req'",qui devoit bientost estre accompaigne du prevost de monseigneur v" frère ainsi mesmes quil avoit pieu a V" M" me le mander: maisV'*d. M" aura entendu par monsieur de The! igny que led. m" des req"'5esl bien peu soucie ày pourveotr et Ihonneste excuse quil a prins de nous denyer justice, pour ce quil navoit aucune charge de la nous fa ire et que V" M'*sestoit reserve la congnoissance dud. faict et dautant que la connivance et dissimulation dont on a use jusquesacesteheure en cela a augmente et augmente encores de jour a autre linsolence audace et arrogance dun peuple qui semble vouloir partager v" autorité et v" justice avec vous et qui desja commence a respecter bien peu voz edictz et v" parolle et que je scays combien vous debvez craindre la conséquence dune licence si effrénée et desbordee et désirer quelle soit chastiee et reprimée je n'ay peu encores et ne puys que souvent je nen advertisse V" d. M" afQn quil luy plaise y pourveoir par autres moyens et remèdes quelle na accoustume tant pour le danger qui en peut advenir en gênerai et dont il y a assez dexemples de tout temps que pour ce quen mon particulier telles façons de faire et entreprises me sont insupportables, et ce qui est en>
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SSt 'PIÈCES JUSTIFICATIVES.
cores a considérer cest quelcd. peuple est bien desja si malicienx et meschant qne de faire ce tort a V" M'* pour colorer ses deportemens et actions... inviter les plus modestes a faire comme eulx, que de publier quilz ont ung mot do guet et quilz ne font rien dont ils ne se facent bien advouer quand iE sera besoing. Et pour persuader et faire croire cela aux plus crédules ils mectent en avant quil ne se trouvera point qu'il ayt uste encores faict une seule punition de meur* tre cruaulte ou violence qui ayt este commise contre ceulz de la religion, dont itz concluent que silz nont exprès commandement de faire ce quilz font qua tout le moins ilz ont ang tacit consentement, remectant le surplus sur ce gentilhomme présent porteur que jay despesche exprès vers V'" M" qui vous pourra faire encores plus particulièrement entendre ïomme te tout sest passe sil vous plaîst me faire cest honneur que de lescouler
» Sire je supplye le créateur vous donner en 1res parfaicte santé très heureuse et Ires longue vye. ATanlay ce xiii'jail. iS68.
» V" très humble et très obéissant subject et serviteur
» Chastillok. b
B. N. Mm. r. r. 8177, f. S
COLtflNr A ^A KBINE-HÉBB.
t Madame jay rcceu lalectre quil a pieu a Vostre Majesté B du Tii* de ce moys par laquelle il lui plaist me mander que le roy et vous estes bien marris du meurtre du
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PIÈGES ICSTiFICATtYES. SS5
S' Datnansay el de taot daultres qai se commettent tons les
jours dont Vos Majestés désirent punition et nest possible
de mienx exprimer par escrit une bonne volonté de faire
justice que le contenu de et de toutes celles quil vous a
pieu mescrire depuis quatre ou cinq mois Mais je denian
derois volontiers ou est la première justice qui sest encore faicte dinfinis meurtres et contraventions a ledict et dont ton sest tant de fois plaint, de sorte qui! faut advouer que si vons
avez bonne volonté vous navez nulle puissance mais que
faut il adjouter après tant de belles asseurances que Ion a données à monsieur le prince de Conde et a moy et après nous avoir chassés hors de nos maisons et fait toutes les indignités.... je ne doute pas madanie que Ion ne veuille dire comme Ion a fait jusquesicy que ce sont deRiances et soupçons que nous avons sans propos : mais aussi ne sommes nous pas
si sots que de nous laisser surprendre et aussi la chose
sest conduite trop grossièrement.... je ne mestendray point davantage sur ce propos sinon que je vous suppliray de croire que jempescheray pour ma part jusques a leitremité les troubles et prises des armes en ce royaulme. Mais sy nous y sommescontraints pour défendre la liberté de nos consciences nos honneurs vies et biens, Ion cognoistra que nous ne sommes pas sy aises a battre et deffaire comme le cardinal de Lorraine
sen vante tous les jours je vous supplye aussi madame
considérer la pitoyable remarque qui en sera pour vous et vostre^iostérité quil faille que sous vostrc gouvernement tel malheur sott advenu, et davantage vous souvenir que du commencement des derniers troubles Ion vous advertit quand nous estions a St-Denis que Ion seroit contraint de saider de forces estrangeres sy lou ne pourvoyoit a nos requestes et la conséquence que cela pouvoit amener : de quoy vous aimastes mieux croire les ad vertissements du cardinal de Lorraine... par oa vous pouvez juger ou quil a mauvaise intelligence en
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%36 PIÈCES JCKTWUATIVBS.
Allemagne ou quil estoit bùasyseda vwu dissimtder ce tpiil ecavoit pour entretenir les troubles.
n .....Vous me mandez que je vous advertissedu nom de ceuli qui mont mander que Ion me vouloit tuer, autrement que vous penserez que ce sont personnes qui me veulent entretenir en deUlance, et que sy cela est vray vous ferez chasiierceaixqui se trouveront meschans, cest la mesmerequeste que je veui faire a V. Maj" suivant un langage que
ii' du Breuil m'a mandé que je ne tieus la vye que
d evous, et que plusieurs sestoient offerts pour m« tuer, ce que nauriez voulu permettre. Je vous laisse donc a penser. Madame sy cest pour moster hors de defliance que d'avoir un tel advertissement par vous mesmes; et pourtant puisque
vous les advouez meschans je vous supplie de men faire
justice et cependant pour maugmenter l'obligation encore davantage me vouloir advertir du nom de ceuls qui vous ont
faiet une telle offre afTm que je sache de qui me garder
» De Noyers, ce xsii* d'Août 1568.
» V. très humble et très obéissant subject et serviteur. » Chastillon, »
B. N. Usa. f. f. I5U3, f. 3D2.
l'&hibal au BOI. ' 13 août 1570.
» Sire, Monsieur le mareschal de Cossé m'a envoyé la lectre qu'il a pieu à Vostre Majesté m'escripre du IX* dece moiset par mesme moyen m'a mandé le chemyn que nous aurions à tenir. Lequel faisai»t, Sire , nous ntius destournerions do
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PliCBS JUSTIFIUTIVIS. 327
beaaconp, qui contreTiendroit au deslr qu'a Vostre Majesté de soulager ses subjects, car ilz en seront de tant plus mangez et rayu^, et vous consequemment, quant plus les estrangers demeureront dans vostre Royaume; pour laquelle occasion je luy ay faict tncontinant une despesche, afin de l'en advertir et d'un autre chemynque nons pouvons faire beancoup plus court, qui ne luy tournera à aucune incommodité, et si sera le soulagement de vosdicts subjectz. Toutesfois je suyvrsy tousjours en cela et tontes autres choses ce qu'il plaira à vostre dicte Majesté m'en ordonner et commander. An demeurant, Sire, Mons' de Mauvissiere est arrivé en ce lien, lequel m'a pareillement faict entendre la charge qu'il avoit pieu à vostre dicte Majesté luy donner. Sur qnoy je la supplie très humblement de considérer et croire qu'il seroit malaisé, voire impossible que nous sceussions mettre les estrangers dehors pour trois cens mil livres, et pour ce avons nous passé procuration pour en trouver davantage et y obliger noz biens et nos personnes, afin que vostre dicte Majesté congnoisse que nous voulons qu'elle demeure entièrement satisfaicte de nous, en tout ce que noDs pourrons faire pour son service et contentement. La suppliant il ceste cause de rechef très humblement de commander qu'il soit trouvé plus grand somme de deniers sur nos dicts biens, afin qu'il ne tienne point à cela que l'on ne descharge Ses subjectz d'une telle rujne et despense que feront les dicts estrangers tant qn'ilz séjourneront sur voz terres. Je luy feray aussi très humble requeste de pourveoir aux insolences et désobéissances que font ceuli des villes et aux estranges langages qu'ilz tiennent, selon qu'il sera donné k entendre par noz députez à vostre dicte Majesté plus particulièrement et par ce que Iny en escript présentement mons' de Sainct- Remy, qui ne tendent qu'a entretenir tes troubles et guerres comme ik oat faict jusqaes iey. Car s'il n'y est remédié de
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S38 Fli.CRS ItlSTIFICATIVBS.,
bonne heure et & ce commencement, ilz se licencieront encore davantage au grand dommage et préjudice de ceuli qai ne cherchent qu'à paci&er toutes choses, à veoir vostre dict Royaume en repoz et vos subjectz bien unyz les ungs avecqaes les autres. Sire, je supplieray Dieu... De Chassy, ce XIII* jour d'aoust 1S70.
» Chastillom. »
B. N. Mss. V Colbert, 24, p. 223.
l'AHIBAL au roi CHARLES IS.
12 Mptembre 1570.
» Sire, j'ay receu les lettres qu'il a pieu à Vostre Majesté m'escripre du xxviii* du passé, premier et troisiesme du présent, me faisant entendre par la première la bonne afTec- Uon qu'elle a de f^ire observer son edict, et les despescbes qu'elle a faictes k ceste (în, me commandant par mesme moyen de faire le semblable en ce qui dépend de nous, sur quoy, Sire, je dîray à voUre Mojetié que je ne double nullement de la 6onne volunié h l'endroict de l'observation du dit édict, de quoy entre aultret chout noui nousaeniom toui très ettroietemenl obliges à vottre dicte Majeilé et moy particulière' ment, mais bien la pujs asseurer que son intention est en cest endroict aussi mal suyvje et respectée qu'il e&t possible, car nous ne voyons que contraventions b. toutes heures et de toutes parlz. Pour vous informer de partie desquelles. Sire, nous avons advîsé de despescher encore & vostre dicte Majesté,
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PIÈCES JrsTIFlCATITES. 229
le sieur de la Roqae, présent porteor, entre antres de frcschë mémoire, ont esté tuez denx des myens, l'un allint en son quartier et l'autre revenant de m'achepter quelque linge, et le pis qae je y Toye c'est qae au lien d'en faire jastîce par ceulx fa qui il appartient de la faire, non sealement ilz y ferment les yeulx, mais quelques preuves suffisantes qu'on leur en donne, combien qu'on leur nomme les personnes et les lieux ou itz sont, en font si peu de diligence et de raison que s'il n'estoit point de justice pour nous, ont refusé des vivres pour l'argent, et nous eussent affamez, s'ils eussent peu, ayans retiré les hostes et les biens de noz logis. Quant ik nous, vostre dicte Majesté peult croire. Sire, que jusques k la moindre injure dont on nous faict plaincte elle est incontinant reparée, ainsy que le pourront tesmongner ceulx qui ont esté déléguez de vostre part pour y prendre garde. Et si on nous en faict sans nombre par deçà nous sommes advertîz qae l'on n'en faict pas moins aux nostres en beaucoup d'autres endroictz et mesme du costé de la Rochelle. La Royne de Navarre se plainct grandement et jusqoes & mander qu'il s'y ' faict des confrarie» et associations contre nous, tellement qu'il semble que c'est nng complot pour nous faire pis que devant, k quoy s'il n'est promplement pourveu par vostre dicte Majesté par quelque punition bien exemplaire, par laquelle se puisse veoir le desplaisir qu'elle reçoit de telles désobéissances, il ne s'en peult attendre que beaucoup de désordres. En cest endroict, je diray aussi fa vostre dicte Majesté, sire, comme je suysadverty que es maisons de monsieur le Cardinal de Chastillon mon frère, et nommément en celle de Bresle, l'on ne cesse de tirer tout ce qu'on peult du revenu d'icelles, nonobstant l'édict, suppliant très humblement Vostre Majesté y pourvcoir de remède convenable, et fa muy pareillement pour pouvoir, suyvant ledit édict retirer des particuliers qui auront de mes meubles ce que je gçauray
S30 FifeCBS JtSTIFICATITKg.
qa'ilz en aaront entre les mains, ne permectsnt qne les détentears d'iceulx me facent ce tort et ceste TÏolence k vostre ediet, de retenir ce qai est à moy, puysqne par icelluy, il est ordonné que je l'aoraj, selon que Vostre Majesté en sera plus amplement requise et suppliée par le sieur de Thelligny. Au mesme propoz, pourra; dire & vostre dicte Majesté, sire, sur sa seconde lettre, qui est It ce que, suyvant ledict édict, j'aye à faira délivrer le capitaine Quartier, que, combien qu'il y eust non seulement des reystres mais des français qui me l'eussent demandé pour la somme de ir et xvni° escuz, je ne le leur ay voulu bailler, mais l'ay tousjours retenu entre mes mains et faict sL bien traictcr que je croy qu'il ne s'en plaindra point, pour le moins n'a il occasion de ce faire ; et ce a esté pour retirer deux prisonniers que nous avyons de longtemps à Langres, lesquelz on m'avoit tousjours promis de faire sortir moyennant sa délivrance, laquelle n'a estée différée pour autre cbose et pour la somme dev° escuz, qu'il avoit promis payer plus d'un mois avant la paîi, et néant* moins voyant l'instance qu'il plaist à vostre dicte Majesté en faire, ayans les deux prisonniers qui escient i Langres este amenez icy par les sieurs de Rochcbaronet de Cublant, on leur a mys ledict quartier entre les mains sans payer aucone rançon. — Sur la dernière de vostre dicte Majesté, que j'ay receue par ledit s' de la Roque, ou elle me faict ces^ honneur de dire que, suyvant l'afTection que j'ay au soulagement de ses subjectz, je m'efTorce de vaincre toutes dîfficultez que font les reystres , pour les mettre bors yostre royaalme, j'espère que Dieu me fera ceste grAce qu'elle ne sera jamais trompée d'avoir c>;ste opinion de moy qne je sois affectionné en une chose si recommandable, car il n'y avoit rien qui me pezast tant que de pouvoir descbarger vos dicts subjectz de l'oppression en quoy ilz estoient, et en ce faisant pouvoir contenter comme je désirois en cest endroict et tout
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PIECES JCSTIFICATITBS, 331
anbvs Tostre Majesté, joinct que je voyais que le retardement des deniers nous coustoit desja, a faulte de l'avoir rendu icy à la fin du mois passé, comme le nous avait promis monsieur de Maavissiëre, bien cinquante mil escnz d'avantage qu'il n'enst faict, lequel retardement a esté cause aussi que les estrangers ne sont sortiz, si tost de huict ou dix jours qu'ilz eussent Faict ; en povant asseurer vostre dicte Majesté, Sire, que depuis l'arrivée des dicts deniers, qui ne fut que le tx* de ce mots après disner, il ne s'; est perdu une seulle minute de temps qu'elle n'ayteslé employée an paj'ement des dicts reystres, tellement qu'ilz partiront demain pour s'en aller en Allemaigne, et nous prendrons nostre chemyn pour nous en retourner, ains; que du tout TOStre dicte Majesté sera plus amplement informée par ledict sîeur de la Roque, sur lequel m'en remettant, je feray fin, en suppliant le créateur qu'il donne à vostre dicte Majesté, sire, en très perfaicte santé très heureuse et très longnc vye. De Luzy, ce XII* jour de septembre 1570.
B Sire, Vostre Majesté pourra enttendre du s' de la Roque, que pour luy satisfaire et contanter an licencimant de nos estrangiers, il y avoit des difficultés qui méritoîent bien de renvoyer devers vostre dicte Majesté, ipais nous avons passé par dessus, nous asseurant bien quelle y aura esgart. Au demeurant. Sire, jay enttendu qu'on luy a faict enttendre que depuys lédict de pacification public. Ion a abastu des images et desmoly des temples en ma présence, ce qui est entièremant faulx et controuvé, et la supply 1res humblemant que si cela est trouvé véritable ; ny que \ ma veue ny à mon sceu telle chose aye esté commise, que je soye privé à jamais de sa bonne grâce, qui est la chose que je tiens la plus chère en ce monde. Mais ce nest pas cela, Sire, car je veoy recommancer les mesmes erres du passé ; car Ion veulst continuer les mesmes artifices en mon endroict et en
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232 FiiCBS nrsxrFiCATiTBs.
ceulx de la religion, qai est de nous vouloir mettre sas les choses que nous ne voulons point, et à ceulx qui les font, passer le tout souibs silence, et nen faire point de chastimanl. Je ne puys aussy me taire de la responce qui a esté faicte i, long de mes gens sur linstance quil faisoit en la recherche de mes meubles, disant quil avoit esté accordé que Ion nen feroit point de si exacte recherche, de peur dengendrer des querelles et inimitiés, ce qui ne mapparoist pas par la teneur de lédict, car si je ne demande que le mien en ramboursant le prix de ce quil a esté vendn, ou de ravoir ce qui na rien cousté ; je ne sçay si Ion doibt dire que par cela Ion veille chercher des querelles et inimitiés, et si cestpas faire et lua etlaultre, quant en cela Ion me vouldra Driver du bénéHce de lédict, et ce que Ion pourra espérer de toutes aultres choses, quant Ion me fera une si manifeste injustice, et quen cela Ion vouldra préférer mes ennemys fa moy; lesquels je ne puys appeler daultre nom , sils veulent retenir le mien iniquemant, ce qui ne se peult faire quaveques ma honle et aux despends de mon honneur et réputation que jeslime beaucoup plus que les biens, et ne fault pas pensser, Sire, que je naye desjii descouvert là où sont la plus grande partie de mesdicts meubles et que je ne descouvre tout le reste, et que après cela je fei§se samblant de nen rien sçavolr, je confesse que cela ne seroit en ma puissance, et que aussy peu mo seroit il honorable et moings proRtable. Il plaira dunques à Vostre Majesté comander quil ne me soit rien de^nié, qui soit de justice, et suivant vostre édict, lequel il est bien besoing. Sire, que vous lambrassiés pour le faire observer et entretenir par vostre auctorité, comme vous lavés faict, car aultrement il samble quil y en ait qui sont si envieulz et ennemys dn bien et repos de vostre royaulme, quil feront ce quils pourront pour troubler tout, ce qui indubitablement apor-
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teroit une manifeste et totalle ruine de vostre estât, et ceali qui seroieiit cause duae telle perte ne vous coiiquesteront pas nng tel royaulme, et pourtant, Sire, le debvés vous bien garder et conserver. Et pour ce que jen ay dict daul- Ires particularités sur ce propos audict sieur de la Boque, îl plaira à Vostre Majesté tescouter et croire.
» Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur.
» Chastilloh. »
B. N. Ms9, V Colbert, 24, p. 221.
l'amiral a la REINB-MiRB.
12 eeplembre 1570.
Madame, jay recen les deux lettres quil a pieu a Vostre Majesté mescripre des xxviii* du passé et tu' du présent, et veu par la première la bonne volunte que Vostre Majesté a de faire entretenir l'edict et semployer à faire punir et chaS' lier les contrevenans a icellny, as que Madame je veulx crtnreet nen doubler autcunement ; mais d'autant qu'il lie se présente que trop de subject de toutes parfz pour en faire une bonne dcmonstration, et que l'importance de l'observation dndict edict consiste k faire quelque punition bien exemplaire h ce commencement de quelques unes des contraventions faictes k icelluy a ce que Ion puisse congnoistre le desplaisir que voz Majestez y prennent, je supplieray très humblement la vostre de vouloir tenir main a ce qu'il soit faict quelque bonne justice de quelques ungs de ceulx qui vous seront mys en avant par le s' de Thelligny et autres noz
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334 nicts JosTiFiciirrES.
doutez, et par mesme moyen donner ordre que les gens et oERciere de monsieur \e cardinal de Chastillon mon frère pnUsent entrer en ses maisons, sayvant l'edict et en joayr, d'autant que je suys adveny que l'on en tire encore toat le re?ena que l'on peult. Quant a ce que jay veu par la deaxiesme de vostre dicte Majesté quelle désire que ce panvre peuple soit délivré de la misère ou il est a l'occasion do noz reystres, je voua puys asseurer, Uadame, que Vostre Majesté n'en a pas meilleure envye que moy. Que si l'on nous eust tenu la promesse que nous avoit faicte Mons' de Maovissiere de faire rendre icy les deniers dedans la fin de l'antre mois, lesdicts reystres fussent sortis huitjoursplus tost qu'ilz ne font, oultre qu'il nous coustera cinquante mil escuz qu'il n'eust faict. Qaoy que soit, depuis que lesdicts deniers sont arrivez, il y a esté faict telle diligence au payement et licenciment desdicts reystre« que vos Majestez en auront contentement, et dont d'autant que par le s' de la Hoque elles seront plus particulièrement informées. Je feray fin \ cestecy en auppliant le Créateur, madame, qu'il veuille donner a vostre dicte Majesté en très parfaicte santé très heureuse et très longue vie. De Lnzy ce xit* jour de septembre 1370.
>> Madame, il y avoit plusieurs diRîcultes qpi eussent bien requis denvoyer devers voz Majestés, mais considérant {importance quil y avoit au licencimant de noz estranglers, nous avons passé oultre, espérant que vos dictes Majestés auront csjart que, oultre les charges insuportables que nous avons. Ion ne nous vouldra pas contraindre de porter les deniers que le roy nous baille de Mets i, Francfort, et que nous payons en monnoye d'Alemaigne ce qu'il nous fournit en monnoye de France ; et nay pas voulu en cela contester beaucoup aveques monsieur de Maulvissière ny employer quelques volages que Ion eust peu faire k la Court pour limporlance que telle chose eust peu amener, et me eon-
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PifcCES lUSriPICÀTlVBS. S35
fiant tant de voz Majestés quelles ne requerront de nous que les choses raisonnables et possibles, et quelles auront esgart au devoir, auquel nous nous sommes snbmys et que nous navoDS rien espargne pour contenter et satisfaire le roy. Et au contraire, il semble par les deportemans dont Ion se gouverne en plusieurs endrois que Ion tasche dentrete» nir les troubles en ce royaulme, et encores que le roy face «ssés paroistre quil veust le contraire, si e«se que les esfaicts font paroistre quil nest ny obey ny respecté. Il y a davantage, Madame, cest qne lédict est si peu observe par ceulx mesmes qui debveroient estre le plus songneui de l'entretenir, que cela donnera courage a quelque fols de continuer a mal faire. Tout le mal que je y veoye, cest que je veoy toutes degobeissatices sans nul chastimant, messieurs de Manlvissiëre et de Saiact Bemy en sont bons tesmoings, et encores qne nous nous pleignions asses, si esse que je n'ai encores veu faire aulcune punition, ny justice. Et oullre le gênerai, je ne puys que je ne me pleigne en mon particulier, comme Vostre Majesté pourra veoir par les lettres que jescripts aa roy, dont je ninsere point de redite, de peur de lennuyer, et la soppliré très humblemant denttsndre quelques aultres particularités, que jay prié au sieur de la Boque lui faire enttendre.
» Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur, » Chastillok. »
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B. N. Hss. V Colbert, 24, f. 219.
l'ahikal au roi.
» Sire jay recen la lettre qnll a plea a V" Maj>* mescrîpre par monsienr de Thelligny la veuav duquel ma mits hors dune grande peine; car comme dune part je nestois nallemant satisfaict de la principalte occasion pour laquelleje lavois prie daller deroieremant devers V" Uaj", je ne lestois pas moings daultre pour infinys soupsons et deffiences ausquels je voyoig que ceulx de la religion estoient entres et cela eitoit aveques tant dapparence et occasion que je ne desavoure point sire que moimesmes ny fusse entré aveques eux. Et neust este la grande asseurance que led. S' de Thelligny me faisoit ordinairement par ses lettres de la bonne voulunte que V* Maj" avoit en lobservation de son edict je y fusse entre encores beaucoup davantage. Cela mesmes a este caase que jay empesche anltant que Jay peu quen beaucoup dendroiclsde ce royaulme cesle mesme deffience ne soit tellement accreue, quelle y eust peu amenerle plus grand malheur que y scauroit advenir. Et affm Sire que V" M'* ne pense point que ce fust une oppinîon mal fondée ; quant on ne lay desguisera rien de la vorite elle congnoistra que cestoit and partie laicte par tout vostre royaulme que dy faire une émotion et sublevation generalle comme le comte Dolivare na point craint dédire en passant dernièrement par ses cartiers ainsy que jay prie le seigueur de Puch de dire a V" Ha" lequel est parti dicy depuys quelques jours. Et oullre cela depuysnagueres monsieur de Gordes a faict une si eslrange responce au seigneur de Grilles pour le faict dOrange que ^
f,Coo<;lc
ce nestoit lassenrance que jay de V M", il y aaroit occasion et grande apparence déjuger que Ion nous voulsist tromper. Mais comme les particularités queled. s. du Thelligny ma dicteï' mont relevé de cesie peine aussy ne faut il pas trouver' estrange si ceuli qui ne les peuvent scavoir y demeurent, et dire davantage, que tant plus les personnes seront de bon discours et jagemant tant plus auront ils doccasion de se le persuader. Et comme je nay rien en plus grande recommendation que la grandeur et réputation de V" Maj'* je la supplire très humblemant mexcuser, sy je luy dicts quil ny a rien qui desfaTorise tant ses affaires. Ce que jay espérance luy faire entendre bientost plus particulieremant par monsteor de Biron, car je luy ay œ jour dhuy envoyé la lectre que V» Ma" luy a escripte ; et par mesmes moien je le prie que nous nous puission veoir le plus tost quil sera possible. Et cependant je nobmettere rien de soing et dilligence en laDaire duquel led. s. de Thelligny a parle a V" Ma", mais comme je voyois sa longue demeure cela me faisoit penser que vous ny voulies enttendre qui a este cause que depuys quelquetemps jey suis aile fort retenu. Pourdonquesmieuls préparer et faciliter toutes choses je supply très humblemant y* Ma" de lever touts soupesons et defiiences ce qui ne se peult mieulx demonstrer quen levant les garnisons qui vous sont inutiles, de grande despence et de foule et oppression pour V" pauvre peuple ; et faisant bien chastier ceuls quy contreviennent a v'* edict, et commancer par Rouan, Orange, et aultres lieulx ansquels voz cmmandemans ont este par trop mesprlses.^Anltremant an estimera que vous dictes tout le contraire deceque vousvouleson que vous voulesceqae vous ne poves et Inng et laultre vous seroient par trop honteux. Mais pour ce quil est bien certain que telles parties ne se jouent point sans quelque grand snport, il sera malaise de se persuader que voua veillies que les choses ce portent bien
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a^ TIÈCU. JDmFU:A.TITBa.
Jasques a ce que Ion verra qne vous vous attacherea aîii principaolx cheb Et si tous ne le faictes penses que tous vous en ailes le plus mesprise ro; qui aye este long temps a, et me pardonnes si jeuse de ceste franchise de langage car le seul zelle que jay a v* service et bien de vos aCTaires me le faict faire. Et encores Sire que Ion pourroît dire qae vous avez desja bien pourveu au faict de Rouan y ayant envoje raonsienr de Montmorency aveques bon pouvoir et pronvi- »ons nécessaires si vous diray je librement quon ne sen penlt rien promettre quon nen veoye lissue. Il y a ung aultre point cesl que si vous ne descharges cenix de la religion de la cottisalioR quon leur veult mettre sus pour le paymantde vos souisses et reistres oaltre quil est impossible quils puissent satisfaire a ce quîls sont obliges il ne fault pas espérer que Ion puisse obtenir faveur deulx en chose que Ion puisse entreprendre. Tant pour le malcontanlement quils ont que pour estre les choses reduictes a limpossibilite, et pour ce Sire que je congnois Ihumeur des personnes a qui jay afaire je ne vous veulx rien desguiser de la vérité af&n que cy après il ne me puisse estre impute que je vous ay rien desgnise ou dissimulé. Sire, par les languages que Ied< s' de Thelligny ma tenus, il ma dict que la royne v" mère luy avoit faict enttendre que loccasion principalle des garnisons qui sont en cescartiers estoit pour quelques gensde guerre que messieurs les princes y entretiennent. Et encores que par cy devant Ion vous aye faict enttendre par monsieur le mareschal de Cosse que ce que Ion en faisoit nestoit que par nécessite et en son corps deffendant, je vous dire encores que lesd" sieurs princes ne demandent pas mieulx que de ce relever de ceste despence. Et si vous meslimes homme de bien je vous supply très humblemant Sire croire qneceuli de la religion ne demandent que lobservation de v" edict et de vous rendre tout debvoir obéissance et Sdellite ; et moy entre touts encores que jaye
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PIB6BS JUSTIFICATIVES. 339
jo^e oecastoiK.de me plaindre veu ft peu d» respect, que kn me porte et le maulvais traictemant que Ion me faict ajant eu la perte que jay faicte en ma maison de laquelle je ne scaurois plus avoir de raison pour les injustices que Ion ma faictes et desquelles je me suys plainct assea de fojs. Et oultre cela qnil j a quatre ans que je nay jouy de mon bien ny receu auculne chose des pentions quîl plaist a Y" Ma" me donner. 11 est vraj que la royne v" mère a dict aud' s' de - Thelliguy que ceste sainct Jehan elle aura souvenance de moy. Quoiquil y ait sire il ny a ripn qui me puisse diminuer la voulunte que jay de vous faire service. Et comme jay bitn et fidellement servi les roys vos prédécesseurs je memploire pour le v" de telle façon que je nj espargnere dieu aydant ny vie ny biens, espérant anssy que vous jugeres que comme je ne puys faire les choses impossibles, aussy ne vouldreg vous que je macheve de ruyner et les eniTents quil a pieu a dieu me donner desquels doibs avoir le soing si je ne suys du tout dénaturé et sans amour.
» Sire je pry a n" Seigneur donner a V" Ma<* en très parfaicte saute très heureuse et très longue vie. De la Hochellc ce Tiii* de may 1S7I.
» V'* très humble et très obéissant subject et serviteur, » Chastillon, »
B. N. Hs3. r. r. 3198, f. 25.
COtiGHT AD ROI.
13 décembre 1571.
A Sire, encores que jay respondn k Vostre Majesté k la Ititre quil lui a plu mescripre... je œ lerré de Caire ia«itiiHi ai
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240 PiiCES msTincATiVBS.
ceste cy da contenu en U'dicte lettre, et vous^ envoyer monàeuT de Theligny mon Qlg suyvant ce qu'il vous a pieu me mander... Sire, Vostre Majesté sera donque avertie que tant sen fault que je me soys e^meu pour les assemblées quont faictes ceulx de Gaize, que bors environ vint et cinq barqbusiers que jay mis pour la garde de ma porte , je nay point eu... douze gentilhommes deitraordinaire mais bien ay je adverti mes amis pour se tenir précis, comme je lay faict entendre i Vostre Majesté... Et neust esté, Sire, la promesse que Javois faîcte à Vostre Majesté, quand je partis de Bkis , javois bien moien de relever de peine ceulx qui disoient quils me venoyent assiéger en ma maison, et de faire la moitié du chemin au devant deuli , et si ne les eusse ny braver ny menasser. Mais, Sire, je craincts tant de desplaire et désobéir k Vostre Majesté, et daultre part, je désire tant entretenir la paix et le repos en vostre royaulme que je scay lui estre tant nécessaire, que je preferere toujours le public et le service de Vostre Majesté ï mon particulier, comme en peult rendre bon tesmoignage le language que je luy en tins dernièrement ï Blois, en présence da la Boyne vostre mère et de monseigneur vostre frère, et lequel jeusse faict difRculté de tenir de crainte quon n'eut imputé cela a quelque peur et timidité, neust esté que Dieu ma faict ceste grftce de me faire congnoistre entre les hommes.
» Sire , monsieur le mareschal de l^ssé a icy envoyé le s' de Quincay suivant cequil vous avoit pieu luy mander et ma samblé qnil estoit meilleur quil allast trouver vostre M", laquelle je remercie très humblemant du soing quelle a de moy et de ce quelle vcust que je sois conservé par ses forces, lesquelles jayme et estime beaucoup plus que les miennes, car avecques cela je ne craindre gneres les aultres. Et si davautnre. Sire, ja; eu oppinion que lassemblee et préparatifs que faisoient cenlx de Gaize estoient contre moy, il ma
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PIÈCES lOSTIFlCATlVBS. ' 241
Gambie que jea avois bonne occasion,' veu les bruits queulx et tenr serviteurs faisoient courir, et la inaulvaise voulunte que je scaj quils me portent. Et si je trouvais lors bien estrange quils osassent entreprendre telle cbose après leur avoir mande ce que vosire M" avoit faici enttendre... je le trouve encores davantage quils se veillent opposer a vosire voulante sesforcant de rompre le mariage de madame vostre seur et ne scay, Sire, quelle aultre chose il noteront entreprendre sils satlaquent a vostre M". Et pour ce que si jen disois davantage on pourroit dire que jen parlerois comme partie ou par palion jajme mieuli men taire et supplire treshumblemant V'' M" destre asseuree que je ne donnere ny plaisir ny advantage a mes ennemys pour prendre les armes. Car si je le faicts, ce ne sera que par \'* commandemant et pour vous faire ung si bon service quils en auront plus de desplaisir que de contantemant. Et pujs, Sire quil plaist a V" M" que je me contienne chez moy, je le tere pour luy obéir, mais je la supply aussy très humblement que c& ne soit ny a ma honte ny a ma deslaveur, et faire différence entre ceuli qui font bien ou mal.
» Sire, pour nennuyer point V" M" jay prie monsieur de Thelligny mon fils luy dire de bouche ce que je craindrois luy estre ennuyenls par une trop longue 1'*, et pour ce que je scay aussy quil a necessairemant alTaire chez soy comme ung nouveau mesnager quil plaise a Vostre Majesté luy donner bientost congé et sur ce je priray nostre Seigneur
» Sire luy donner en très perfaicte santé très heureuse et très longue vie. De Chastillon ce xin' de Décembre 1571.
ït Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur, » Cbastillon (1). » ■ '
(1) Cette remarquable lettre nous a été signalée par H. J. Boonel.
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D. N. Mss. f. f. 17463. Harlay, 319,f. 17, 19.
PBOJBT DR UAB1AGE D'ÉLISABETB ET RU PRINCE DE NAVARBE.
L'envoyé de Walsingham étant venu h, la Rochelle, et ajanl fait part du projet au comte Louis de Nassau, celuici fut d'abord dans un grand embarras, ne sachant comment en parler à la reine de Navarre. Il feignit alors d'être malade, certain que cette princesse qui avait une grande affection pour lui enverrait ou viendrait elle-même prendre de ses nouvelles :
■ ... Et de faict ne le voyant point ceste princesse comme » elle avoit accousiumé tous les matins, elle envoyé voir
• comme il se porte. Il repond qu'il ne se porte gueres bien » et supplie la rcyne de leicuser pour ce jour quil ne désire D pas sortir pour voir que deviendra son mal. Le lendemain
• elle ne fault de renvoyer on le trouve au lict se trouvant
• comme ildeist plus mal quelejour de devant dont il navoit » plus grand regret que destre empesché daller rendre à la
> reyne son service. Après son disner elle ne fault pas de le
• venir voir et le trouve en ung eslat le plus misérable quil
> peut représenter.., et luy demandant quel estoit son mal,
• luy deist quen vain luy romproil il la teste dung si fas-
> cbeux discours auquel il voyoit peu de remède... •
Et comme elle le presse, il Tinit par lui déclarer tout ce qu'il prétend avoir appris de source certaine, concernant les secrets projets de la cour de France : le mariage de son fils avec Marguerite n'est qu'un piège ; le roi de France est d'accord avec le roi d'Espagne pour amuser et tromper les huguenots, et le comte prie la reine de Navarre d'aviser, la laissant très inquiète de cette confidence. Le lendemain elle
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revient le voir, lui demande s'il n'a pas Irouvé lui-même quelque remède au mal qu'il a découvert, et lui ordonne de parler :
... k Puîsquil vous plaist me le commender madame je vous » dira; après voui avoir supplie très humblement de lavoir ' » agréable et le lenir secret, estant assez temps de le publier
> par lelTect si dieu veult quil soitfaict, et auparavant dan-
> gereux au:ï alTaires présentes, que pour uiig mariage il sen
> peut faire deux en ung jour de monseigneur, et dame voz
• enfans avec personnes qui leur porteroient non une fille
> sans qualités liltre et biens convenables, mais tiltrcg de » roy et de rejnc... — Vous dictes le mieux do monde mon
• cousin,... ne me laissez davantage languir sur cela, dictes
> ouvertement en qui sont tous ces advantages aHin d; pen-
> ser et en resouidre au plustdt avant quon nous ait oblige a
• chose qui nous ostat la liberté d'y entendre. — C'est ma-
> dame la reyne dAngleterre et le roy dEscosse que je vous
• ay désigne. — Vrayemerit vous avez bien choisy sy ces-
toit chose qui se peust faire... — Madame jay tant remue
1 cela en mon esprit que je croy fermement que ceste ouver- » ture me vient de dieu qui ma donne lasseurance de... la B vous proposer avec une cerlaine confiance que jay que si
> vous voulez, ta moitié de taffaire est (aicte... et je vous » diray plus que jay tant desperance dy parvenir... que je 1 le vouldroy bien entreprendre au péril de ma vye. — Je 1 vous en remercye mon cousin deist elle en lacollant... et B voyant lodict sieur comte un peu allège : il semble deist » elle mon cousin que vous ayez bien descitarge vostre
> cueur vous commencez a monstrer meilleur visage... »
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PlkCBS jrSTIFKATITBS.
B. N. Mas. f. r. IT4G3, r. 28.
SDBPRISB DB M0IC9.
Ledict s' Comte y arriva le xxuii environ entre trois et quatre Iieures du matin, trouvant les portes desja ouvertes, entra dedans laissant ii la porte ung nombre dhommes et se tint en bataille en la place appelée (le la Paix devant la maison de ville dont il se saisit, le peuple endormy commença au brnit des chevaux a se mectre les angs aux fenestres, les aultres a venir voir en la place que cestoit, et ne congnoissoient gueres led. s' Comte qui leur desclaroit loccasion de sa Tenue en armes estre pour les délivrer de la tyranie du duc d'Albe qui estoit odieux a tout le monde et les cxfaortoit a luy assister pour leur delivrancp taschant a gaigner le temps jusques a la venue du s' de Genlys qui estoit nng gentilhomme mal expérimente mays de crédit en son pais et qui sestoit esgare la nuict. Le peuple ne respondoit rien samassoit et croiSBOit a lenteur des forces dud. S' Comte de sorte quil doubla de tomber en péril de sa personne tant que ne voyant point de nouvelles dud. s' de Genlys il deist a ce peuple: « Vous ne dictes mot si ma venuene vous est agréable » dictes le moy je men retourneray, donnez nous seulement » a chascun nng verre de vin et ung pea davoyne a nos che- » vaux et nous retournerons dou nous sommes vennz, » ce quil disoit pour délayer et de Caict plusieurs mirent pied a terre et donnèrent de lavoyne a leurs chevaux... ne venant point encores led. s' de Genlys... depuys près de deux heures quil estoit entré il priiit conseil voyant le peu dhommes quil evoic et se résolut de sortir et abandonner la ville, et retournant
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riÈCBS IDSTIFICATITBS. 24S
Binsy en ordre i U porte par laquelle il estoit entré lentement et a la file ie peuple commença a se retirer peu a peu et sortit hors la porte ny ayant pas encoreB dix hommes dans
la ville prêts à sortir que le estoit prest a abatre sur
eux quil rencontra nng paisan venant de la part du^'-de Genlys lasseurant quil estoit presdeluy... et rentra led. s' Comte en la mesme compaignye quil estoit sorty -et peu après entra led. E' de Genlys avec une bonne compaignye de noblesse qui feist doubler le peuple de plus grandes forces et retirer chascunensa maison ou led. s' Comte envoya de ses confidens les exhorter a avoir bon courage et sasscarer de recepvoir de Iny toot le plus gracieux traitement qu'ils scauroient désirer...
B. N. MSS. f. r. I951T, r. 191.
l'amiral au roi CHARLBS IX.
30 jniUel ISSS.
» Sire, jay receu la lectre quil a pieu a V" Haj'* mescrira par le cappo* Lantrechant avec celles quelle escrit aussi a monsieur de Prye gouverneur d'Auxerrc et au s' de Champîgny m" des B'" lesquelles eusse este contrainct de garder longtemps sinon que je me suis trouve fort à propos à Noyers lorsquan de vos varletz de chambre despesche par V" Maj" vers mons' le prince de Coude y est arrive qui est retourne par ledict Auierre et auquel je les ay baillées. Car dy envoyer quelque autre des miens, je neusse peu sans le mectre en dangier désire traicte comme laatre dautant mesmes que depuys ils ont tué ung des gens de monsieur de St. Michel et se vanteot pnbliqu^nent quautant qailz en
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946 PIÈCES JOSTIFICATITBS.
trouveronl de U religion quilz en feront de mesmes. Au reste il me desplaist bien fort qui! faille que jadjouste a ceste cy ung subject aussi plaiii de pitié et commisération que le précèdent ayant este présentement adverty par ung gentilhomme que ma envoyé madamoizelle Damanzay que
depuys deux jours son feu mary qui estoit lieutenant de la compagnye de gendarmes de monsieur d'Andelot mon frère, sortant de sa maison et tenant ung de ses petitz enfans par la main fut assassine et misérablement tue a coups de harquebouzes par six hommes masquez qui pstoieiit en embnsquade derrière la muraille des fossez de sa maison lesquels se- retirèrent incontinant au château de la Clayette dou ilz esloient auparavant sortiz. Ce qui faict croire que se sont des fruiclz et efTectz des confrairies du S' Esprit et S"' Ligues qnilz appellent, cest quilest a naistre quiaytjamays eu diiîerend ou querelle particulière avec led. s' Damanzay qui estoit bien aussi doux et paisible gentilhomme que autres que j'aye congneu. Mais si on void que dinfiniz meurtres et massacres qui se sont faiclz avec une cfTrenee licence en tous tes endroiclz de ce royaume depuys la paciffication il nen ayt este faict aucune justice ou chastiment quelque déclaration que V. M" ayt faicte de sa volunté el intention je nen espère pas davantaige de cestuy cy estant bien facile a congiioistre que ce sont choses projecte^s et délibérées avec tes gouverneurs dej provinces et que cela ne se faict point sans advis ou pour le moins sans un tacit consentement. Aussi ne craîngncnt ilz pas de dire tout hault quilz nont pas peur d'en estre recherchez et a vray dire quand il ny auroit que la longue tolérance et dissimulation dont on a use jusqucs a ceste heure cela leur sert bien d'une asseurance d'impunité pour les rendre plus insoleas et audacieux ; estant bien neanmoings asseure que telz actes sont autant esloingnez de v" intention que de v" naturel si est-ce pourtant que je ne pays
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que je ne dje que dune si manifeste injusiice et dune si grande fréquence de meurtres qui a cours en ce rojaume on nepeute5pererenfinquelaruynedev"Estat quelque desguîsement et fausse couleur quon puisse vous mectre en avant pour vous fermer les jeulï. Remectant le surplus sur ce gentilhomme p' porteur qui est à moj lequel je vous supply e me faire cesl honneur de vouloir entendre et croire de ce qui! vous dira de ma part comme si cestoit moymesmes.
» Sire je siipplye le créateur vous donner en très parfaicte santé très heureuse et 1res longue vye. A Noyers ce pennlliesme juillet.
» V. très humble et très obéissant subject et serviteur, » Chastillon. »
SIEGE DE FOtTIEBS.
A la suite du Slige de Poitiers, par Liberté, éd. Poitiers, ' trouve une Chorwon jeouse in tangage Poetetinea, dont ^ écbaaiillon :
A t'iioure qu'ils scn alliant Lan sortit d'itau manière Qu'on en prinl mœz de coinq cons Et deoui de leur clicouère Qui fachirant bain l'Amiro :
Et vredront igl cez Hugueno Vredront igl pas cez Minœstres Et lot cez bea Ilugaeno.
FIN RES PIECES lUSTinCATireS.
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