‹ L'amiral; comédie en trois actes, en versChapitre 17 sur 77 · SCENE VllI · texte numérisé non relu

SCENE VllI

Les Mêmes, plus LE CAPITAINE MARIUS. Uniforme

défi'uichi et troué de capitaine de hussards de la République, accent marseillais.

FLAGEOLET, son brosseur. Grand, maigre, accent normand.

LE CAPITAINE, un billet de logement à la main.

Monsieur Van der Trop, s'il vous plaît !

C'est moi!

LE CAPITAINE

Ravi, mon bon, de cette circonstance Qui me permet de faire avec vous connaissance !

VA.N DER TROP, tremblant et bourru, serrant sa fille contre lui.

Moi de même...

A part.

Brigand !

LE CAPITAINE, montrant Jacquemine.

Mais sans doute voilà Votre fiUe?

VAN DER TROP

Oui, ma fille...

LE CAPITAINE, s'approchant de Van der Trop, à voix basse.

Hé! hé! cette enfant-là, Le jo ur où lu la fis, je suis certain, Laga! Que tu ne t'étais pas regardé dans la glace !

Lui tendant la main en riant.

Sans rancune, est-ce pas?

VAN DER TROP, lui donnant la iiiain.

Diable! il est familier!

LE CAPITAINE, lisant son billet do logement.

Donc ce vingt-neuf nivôse an III... dix-neuf janvier De l'an mil et sept cent quatre-vingt-quinze, à maître Blasius Van der Trop, jusqu'à domain peut-ùlre Je demande logis... La guerre a ses hasards! Primo d'abord pour moi, capitaine aux hussards, De mon nom Marins, né natif de Marseille, Ce qui se reconnaît, prétend -on, à merveille, Grâce à certain jargon, que d'un terme blessant Les gens qui parlent mal appellent de l'accent: Puis, pour ce grand flandrin à la mine engourdie...

A Flaj^eolet.

Fixe donc!... mon neveu, natif do Normandie, Aujourd'hui mon brosseur, que, grâce à son mollet Plu» mince qu'une fliHe, on nomme Flageolet!

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