‹ L'amiral; comédie en trois actes, en versChapitre 18 sur 77 · ACTE PREMIER H · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER H

On dit qu'il me ressemble et c'est possible en somme !

A Flageolet.

Fixe donc! grand nigaud!

A Van der Trop.

Trouvez- vous?

ANNETTE, regardant Flageolet, à part.

Le bel homme !

VAN DER TROP, tremblant, à part.

Que lui répondre?

Haut, avec hésitation.

Un peu !

LE CAPITAINE

Rien qu'un peu?

Non, vraiment...

Beaucoup !

LE CAPITAINE, de même.

Comment! beaucoup?

VAN DER TROP, perdant la tète.

 peine... étonnamment!

LE CAPITAINE, riant.

Eh! parbleu! me voilà fixé de telle sorte

Que s'il me reste un doute, il faudra bien qu'il sorte !

A Van der Trop.

Sans rancune, est-ce pas? j'ai voulu rire un peu!

VAN DER TROP

Oui ! sans doute.

A part.

Coquin !

LE CAPITAINE

Eh ! touche là, morbleu !

Il lui prend la main.

Mais capoun de boun Dious ! je crois que ta main tremble !

VAN DER TROP

Jamais!

Aurais-tu peur quand nous sommes ensemble?

VAN DER TROP

Moi! peurl

LE CAPITAINE

Le régiment dont je suis, vois-tu bien, Le troisième hussards, ne tremble devant rien 1 Juges-en! Les Anglais, grâce à quelque embuscade, Prennent nos deux canons engagés par bravade. Le soir même, au rapport, d'un tpn sec et bourru : « Vos deux canons sont pris, hussards? dit Pichegru. » Fort bien ! à l'avenir, vous n'aurez pour vous battre >) Que ceux que vous prendrez !.. » Nous en avons pris quatre ! Et maintenant, mon bon, que nous sommes amis, Sans indiscrétion me sera-t-il permis De réclamer de toi, là-haut, quelque chambrette...

VAN DER TROP

Une chambre!

LE CAPITAINE

J'y veux faire un bout de toilette Avant de déjeuner...

VAN DER TROP

Un déjeuner!

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