CHAPITRE XVI
I. — D'Estaing est nommé gouverneur général de Touraine. — Il fait partie de Tsissemblée des notables. — D*Ëstaing se déclare partisan de Galonné. — Il proteste contre Tarrêté relatif kVavertissemerU. — Son attitude à Végard du clergé. — Clôture de la première assemblée des notables.
II. — Réunion des assemblées provinciales. — Seconde assemblée des notables.
D'Estaing dut attendre pendant deux ans l'accomplissement de la promesse royale, mais sans rien perdre à cette attente, car au mois de mai 1785, il se vit pourvu du gouvernement général de Touraine que rendit alors vacant la mort du duc de Ghoiseul. Ce gouvernement convenait d'autant mieux à l'amiral que sa femme possédait, à proximité de Tours, la terre de Château- Renault, dont il était ainsi seigneur.
Les cinq années que d'Estaing passa au gouvernement de Touraine nous apparaissent comme la seuils période tranquille d'une vie jusqu'alors toujours agitée,
et que bientôt va saisir et^désemparer la tourmente révolutionnaire.
Gomme gouverneur de Touraine, d'Estaing fut appelé à faire partie de l'assemblée des notables que le contrôleur général des finances, Galonné, en vue de remédier à la détresse du trésor, avait décidé le Roi à réunir c pour leur soumettre ses plans et arracher leur consentement, soit par adresse, soit par conviction* >.
Les notables, au nombre de cent quarante-quatre, se réunirent à Versailles, en l'hôtel des Menus, le 22 février 1787, et se partagèrent en sept bureaux présidés chacun par un prince du sang. En ouvrant solennellement la première séance de cette assemblée, le Roi informa les notables qu'ils avaient à donner leur avis sur les moyens propres à « améliorer les revenus de l'Etat, assurer leur libération entière par une répartition plus égale des impositions, libérer le commerce des entraves qui en gênaient la circulation et soulager, autant que les circonstances le permettraient, la partie la plus indigente de ses sujets >. Et Galonné, prenant ensuite la parole, indiquait comme unique remède la suppression des abus, où, suivant lui, € se trouvait un fonds de richesse que l'État était en droit de réclamer* >.
Par une composition très étudiée de l'assemblée des notables, où il avait pris soin de faire entrer « certains grands seigneurs populaires et philosophes, une foule de maîtres des requêtes et quelques magistrats de province. Galonné s'était flatté de tout emporter^ >.
1. a. Thiers : Histoire de la Révolution française ^ t. I,p. 11.