‹ L'amiral d'EstaingChapitre 4 sur 252 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. — Dieudonné d'EstaÎDg. Sa descendance. -* Le marquis de Saillans.

II. — Naissance de Charles-Henri d'Estaing (1729). Son enfance 8*écoule auprès du Dauphin. — Tragique aventure dont d'Estaing faillit ôtre victime (1745).

III. — Son mariage avec mademoiselle de Château-Renault (1746). Il sert dans les Flandres et devient colonel du régiment de Rouergue (1748). — D'Estaing suit en Angleterre le duc de Mirepoix et demande vainement à accompagner le marquis de Montcalm en Amérique (1756).

ÏV. — L'Inde. — La compagnie des Indes. — Lally-Tollendal. — Son projet d'une expédition dans l'Inde est agréé par le Roi.

V. — D'Estaing, désigné pour servir sous Lally, est promu brigadier. Il reçoit la croix de Saint-Louis. — Le commandement de la flotte est confié au comte d'Aché. Composition de l'armée de Lally (1756). — Incident de la Guirlande, — Départ de Lally (1757).

Lorsque le 27 juillet 1214, sur le champ de bataille de Bouvines, Philippe- Auguste, désarçonné et serré de près par les gens de pied ennemis, allait tomber en leurs

mainSy un chevalier, se précipitant au secours du Roi, le dégagea, le remit en selle et sauva l'écu de ce prince. C'était Dieudonné seigneur d'Estaing.

Pour suivre la bannière de son Roi, il était sans doute accouru des hauts plateaux du Rouergue, de ce château d'Estaing qui se dresse dans la vallée sauvage par où le Lot conduit ses eaux, à travers lessegalas et les causses y vers les plaines fertiles du bas Quercy.

Afin de consacrer la mémoire de ce dévouement héroïque, le monarque octroya au chevalier de porter désormais les armes de France avec un chef d'or pour brisure : rare distinction propre à perpétuer dans sa descendance le fier souvenir de cet exploit*.

Barons et comtes d'Estaing, marquis de Saillans, vicomtes de Ravel, barons de Plansac ou de Murols, les descendants de Dieudonné se répandirent en Auvergne au cours des siècles suivants, donnant à l'Eglise des évèques, à l'ordre de Malte des profès, à la France des soldats.

Parmi ceux qui se consacrèrent au métier des armes figurait honorablement, dans la première moitié du xviii' siècle, Charles-François, marquis de Saillans, vicomte de Ravel, brigadier des armées du Roi et colonel d'un régiment de son nom. Marié en premières noces à mademoiselle du Bellay*, dont il n'eut point d'enfants, le marquis de Saillans épousa le 28 août 1722'^ Marie-Henriette Colbert de Maulevrier et prit par la

1. Voltaire : Mélangea hUtoriques, — Bouillet : Nobiliaire d' Auvergne.

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