CHAPITRE IV
I. — Après une pénible trayersée d'Estaing atteint la côte de Sumatra. Prise de Natal. — Prise et destruction de Tappanooly. — Cession de Natal aux Hollandais.
II. — Attaque du fort Marlborough et occupation de Benkoulen. — D'Estaing se met à la poursuite des Anglais. — Il s'installe dans le fort Marlborough et soumet les postes voisins. ,
III. — Occupation de Mocomoco. La garnison de ce fort échappe à d*E8taing qui regagne Benkoulen. — Partout yaînqueur, mais à bout de ressources, d*Estaing rentre désarmer à Tlle de France (1760).
IV. — Rappelé en Europe, d*Ëstaing est pris par les Anglais devant Lorient. — Sa détention à Plymouth; sa captivité à Londres. — D'Estaing trouve à son retour en France le brevet de maréchal de camp. Injustes accusations portées contre lui (1761).
Sumatra ^ ne subissait pas alors la domination exclusive de la Hollande. A côté des comptoirs dont cette puissance commençait à jalonner la côte de la grande
t. Suioatra, la plus occidentale des grandes lies de la Malaisie, avait été déccmverte ao commencement du xvi* siècle par le Portugais Fîgoeira. Les Hollandais 8*7 établirent yers 1625.
île malaise, TAngleterre en avait établi d'autres assez nombreux pour exciter la jalousie des États-Généraux, assez prospères pour allumer les aventureuses convoitises d'Estaing. La rivalité coloniale de l'Angleterre et de la Hollande semblait ainsi promettre au général qu'il trouverait, à son arrivée sur cette terre lointaine, l'accueil sympathique des Néerlandais. La dureté de d'Estaing, et ses exigences, non moins que l'esprit timoré des résidents hollandais, devaient rendre cette espérance illusoire.
La traversée de l'océan Indien fut lente et pénible. Souvent arrêtés par les calmes ou contrariés par les vents, le Condé et V Expédition se virent « réduits pendant vingt jours à la plus grande extrémité faute de vivres >. Après avoir atterri à File inhabitée de Bonne- Fortune *, après s'être témérairement engagés dans le détroit séparant cette île de celle de Mintao * t passage inconnu que les plus petits bâtiments n'osaient pas hasarder' », d'Estaing et ses compagnons atteignirent enfin, le 4 février 1760, le comptoir hollandais d'Ayer- Bongy*, sur la côte occidentale de Sumatra.
D'Estaing ne relâcha dans ce port que le temps voulu pour y embarquer quelques rafraîchissements. Le 7 février il apparut devant le fort anglais de Natal *, et le même jour, à première sommation, ce fort armé de