‹ L'amiral d'EstaingChapitre 43 sur 252 · Vraisemblablement Pora-Nord · texte numérisé non relu

Vraisemblablement Pora-Nord

2. Ue de l'archipel de la Sonde, située sous Téquateur à une faible distance à l'ouest de Sumatra.

3. Relation de la prise de tous les forts anglais de la côte de Sumatra. Batavia 1760. — Archiyes de la Marine B* {• 306.

4. Ayer-Bongy, sur la côte occidentale de Sumatra et immédiatement au nord de l'équateur.

5. Natal» à une faible distance au nord d'Ayer-Bongy, par ving-t minutes de latitude septentrionale.

l'âmirâl d'bstaino 65

dix-huit pièces, défendu par quarante Européens et soixante noirs, se rendit h discrétion. Les Français capturèrent deux navires abrités sous le canon de Natal et, à défaut d'argent, recueillirent dans la forteresse, avec beaucoup de munitions, quantité de vivres, secours précieux pour les équipages menacés du scorbut.

Cependant d'Estaing ne songeait pas à s'attarder en ce lieu. Confiant aux moins valides la garde de Natal et laissant sur la rade le Condé gravement endommagé, faisant appel pour le suivre à quelques hommes énergiques, braves gens auxquels « le bon vouloir tenait lieu de santé »| il reprit la mer sur V Expédition à destination de Tappanooly^

Tappanooly, c le dernier fort que les Anglais eussent vers le nord » , s'élevait en un point où la côte offrait de grands avantages pour le commerce de la poudre d'or, du camphre et du benjoin. Quelques années auparavant, les Hollandais avaient cherché à occuper ce territoire ; mais leur tentative échoua devant l'opiniâtre résistance des indigènes. Les Anglais y débarquèrent plus tard € par adresse » et, malgré les protestations des États-Généraux, s'y établirent au fond d'une baie fermée de plusieurs Ilots, qui en rendaient l'accès difficile et dont les « deux pointes d'en dedans » furent garnies par eux de batteries. Ils construisirent sur les hauteurs voisines les deux forts de Tappanooly, pourvus chacun d'une € triple palissade de canons et de pierriers » et entourés d'une commune enceinte constituée vers la mer par un retranchement que continuait, du

1. Tappasoolj, par TingUnn degrés bîz minâtes de latitnde septen»* triooalA.

côté de terre, un abatis d'arbres. A l'arrivée des Français, quatre-vingts soldats européens, des Arabes en pareil nombre, deux cents Malais ou Battas*, bien armés et disciplinés, en composaient la garnison*.

D'Estaing n'arrivait donc point avec des forces suffisantes pour intimider l'ennemi, mais la capture, opérée chemin faisant, d'un boat sorti de Tappanooly pour aller à la découverte et la fuite précipitée de deux autres bâtiments légers lui donnèrent à penser qu'il aurait affaire à des adversaires peu redoutables. Enhardi plus encore à la vue d'embarcations déjà incendiées par les Anglais, le général somma aussitôt la place, menaçant le commandant des forts, sir Robert Nairn, c de le passer par Fépée > s'il mettait également le feu aux navires échappés à la poursuite de \ Expédition^

La pauvre frégate ne semblait pourtant guère de taille à gronder assez fort pour appuyer cet impertinent défi, auquel sir Robert ne prit garde, brûlant sur l'heure les deux boats, tâchant même de les envoyer en dérive sur le bâtiment français. Ce danger évité, d'Estaing, pendant la nuit, sut avec ses chaloupes approcher assez du fort pour ouvrir, dès l'aurore, une canonnade qui dura une partie de la journée.

La descente s'opéra le lendemain 15 février, deux heures avant le jour, si discrètement conduite que les canots gagnèrent le rivage sans donner l'éveil. A terre l'un des premiers, d'Estaing saute dans le retranchement. Là s'engage une furieuse mêlée où le général,

1. Les Malais, répandus dans le grand archipel asiatique, l'Indo- Chine et les Indes néerlandaises sont, croit-on, originaires de l'Inde- Chine oa de la Nouvelle-Guinée. Les Battes sont au contraire aborî-*gènes de la Malaisie.

a. Relation déjà citée.

payant de sa personne comme un simple officier, casse son épée dans le corps d'un Anglais. Mais bientôt les ennemis, soudain saisis de panique, prennent la fuite, cherchant refuge dans le plus élevé des forts. Les nôtres y entrent avec eux si gaillardement que les Anglais s'en évadent ou demandent quartier. L'autre fort, dominé par celui dont nous étions maîtres, fut aussitôt abandonné.

Alors commença par les forêts voisines une chasse aux fuyards, chasse qui eut pour résultat la capture du commandant et de tous ses officiers. Mais, parmi ce gibier humain, combien de blessés demeuraient dans les parages où ils étaient tombés, incapables de se soustraire à la terrifiante éventualité d'être dévorés par les Battas! A cette pensée le vainqueur s'émut de pitié. Il fit battre à nouveau toute la contrée pour rechercher les blessés, poursuivant ses investigations jusque dans les huttes des indigènes où furent découverts plusieurs cadavres d'Anglais € qu'ils avaient vraisemblablement achevés et mis dans le sel pour les manger plus à loisir* I.

Qu'allait faire d'Estaing de ces forts dont il ne pouvaît assurer la garde; car projetant d'attaquer les Anglais sur d'autres points du littoral, il eût été imprudent de s'afTaiblir pour laisser garnison à Tappanooly? En abandonner les ouvrages, c'était les rendre à l'ennemi. Le général dut se résigner à les détruire.

Natal eut assurément subi le même sort, si la rencontre fortuite d'un bâtiment monté par le résident hol-

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