CHAPITRE II
L'amitié considérée dans les institutions et dans les mœurs.
I. L'amitié dans les gymnases et les écoles. — Les hétairies ou sociétés d'amis. — Leur organisation sous le régime de la communauté des biens (Pythagoriciens, Socratiques), blâmée par Épicure, adoptée avec des tempéraments par
les Stoïciens 11
L'amitié définie : une communauté de vie, de sentiments, ôfidvota (Aristote), d'opinions et de doctrines philosophiques, ôfioôo^a (Épicure, les Stoïciens) 18
II. L'amitié entre maîtres et disciples, à l'état pur chez les Socratiques, mêlée d'esprit de secte chez les Épicuriens . 22
III. L'enseignement salarié combattu par Socrate comme contraire à l'amitié entre maîtres et disciples 34
IV. L'amitié et l'enseignement : a) L'amitié, condition de l'enseignement 3g
Pages.
b) L'amitié, prise pour objet ou fin de l'enseignement . . 47 V. L'amitié et la famille. — Rôle de l'amitié dans la vie antique. — Il y tient la place laissée vide par l'amour ... 61
I. Socrate. — L'amitié et la haine sont également naturelles à l'homme, mais l'amitié se fonde sur l'intérêt bien entendu
et est le triomphe de la raison sur l'instinct 69
II. Platon. — Platon étudie moins l'amitié que la faculté d'aimer. — Il cherche si elle est l'affection qu'on éprouve, qu'on inspire ou qu'on partage. — Il ne la fait dériver ni de la ressemblance ni du contraste, c'est-à-dire qu'il déclare qu'elle ne se rencontre ni entre les bons, d'une part, ni entre les bons et les méchants, de l'autre ; il prétend qu'elle s'établirait entre les bons et ceux qui, n'étant pas bons, aspirent à le devenir (Lysis). — Théorie analogue dans le Banquet et le Phèdre. — Mythe d'Éros, fils de Poros et de Pénia. — L'amour est un désir ; il est donc la privation d'un bien, mais en même temps l'aspiration à ce bien. — L'amitié rattachée à l'amour du Bien en soi 72
La place de l'amitié dans la dialectique de l'amour. — Trois sortes d'amour : concupiscible, irascible, intelligible. — Leurs caractères distinctifs : le premier exclut l'amitié, est incompatible avec elle ; le troisième ne l'implique pas, ayant un objet impersonnel ; l'amour irascible ressemble à une amitié intellectuelle. Sa double nature : folie et raison. — Fin commune aux trois amours : l'éternité. — Leurs fins spéciales : l'amour concupiscible tend à assurer l'immortalité de l'espèce, il a pour fin la génération. — L'amour irascible a pour fin la génération spirituelle ou l'éducation. — L'amour intelligible s'attache à la beauté éternelle. — Les autres amours y acheminent et ainsi n'ont qu'une valeur relative 83
III. Aristote. — Point de vue opposé à celui de Platon : la forme la plus parfaite de l'amour est l'amitié en raison de son caractère personnel : § I. Évolution de l'amitié : 1* l'amour pour les choses, y-X^at; ; 2° l'amour des personnes, ou l'amitié proprement dite, çtXi'a. — L'amitié et
et la bienveillance, euvota 96
| II. L'amitié proprement dite. — L'amitié en puissance et l'amitié en acte. — L'acte de l'amitié, c'est la vie en commun, tô auÇfjv. — L'amitié est par nature une affection partagée, àvrtçtXiricjiî. — Conditions de ràvTupfXrjai;. — L'amitié consiste donc à aimer et à être aimé tout ensemble ; cependant elle consiste à aimer plus qu'à être aimé. —