‹ L'amitié antiqueChapitre 148 sur 194 · Xénophon, Mém., II, in. —Platon, Banq., 185 B · texte numérisé non relu

Xénophon, Mém., II, in. —Platon, Banq., 185 B

amitiés à deux, témoins Thésée et Pirithoùs, Achille et Patrocle, Oreste et Pylade, Phintias et Damon, Épaminondas et Pélopidas. Ami en grec se dit : kaïpoç de Irepoç,- Vautre, en parlant des deux1. « L'amitié à plusieurs » (yj TtokwfikloL) ressemble à l'amour des courtisanes : l'honnête femme n'a qu'un amant, et l'honnête homme qu'un ami. Toutefois, il est puéril de concevoir toutes les amitiés sur le modèle de celle d'Oreste et de Pylade. Si l'amitié parfaite n'est possible qu'entre deux personnes, l'amitié commune se rencontre entre plusieurs. Au reste, comme le dit très bien Plutarque. ce qui importe, ce n'est pas de n'avoir qu'un ami, c'est d'aimer son ami, comme si on n'en avait qu'un.

Arislote s'en tient à cette règle : le chiffre des amis ne doit pas dépasser celui des personnes dont on peut partager la vie2, mais on ne peul pas plus fixer ce chiffre que celui des habitants qu'il faut pour composer une ville. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'une cité suppose plus de dix citoyens et moins de dix fois dix mille. A cette question : combien aura-t-on d'amis ? On ne peut répondre d'une façon précise. On peut dire seulement qu'il est impossible d'en avoir beaucoup. S'agit-il, en effet, d'amitiés intéressées? Ce serait une tâche pénible, et à laquelle notre vie ne suffirait point, d'avoir à rendre service à beaucoup de gens. S'agit-il d'amitiés fondées sur le plaisir? « Mais pour l'agrément, peu d'amis suffisent, comme pour la nourriture peu d'assaisonnement. » Pour ce qui est des amis vertueux, sans doute, on n'en saurait trop avoir, mais on n'en peut avoir plus qu'on n'en peut aimer. Il faut qu'on puisse se donnera ses amis, partager leur vie; il faut aussi que tous les amis qu'on a soient eux-mêmes amis les uns des autres ; « enfin, il est difficile de partager les joies et les souf-

1. Aristote, Eth. Nie, IX, x, aï 8 s6po%£vat èv 8uai Uyovxau ; Plutarque, Du grand nombre des amis, II. xatà Çeuyo; <piÀîai.

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