Ibid., II
naissances el les talents sont ie seul titre pour s'élever aux fonctions publiques1: au contraire, il adjure Charmide de ne pas se dérober, par excès de modestie, au devoir de servir l'État. Il détourne du métier paternel le fils du corroyeur Anytos. Ce sont là sans doute de menus services et qui n'égalent point les bienfaits de l'enseignement moral. Mais il est remarquable que Socrate ne dédaigna point les simples fonctions de conseiller et d'ami, alors qu'il s'était donné la tache plus haute d'éducateur.
Le bien que nous faisons par nous-mêmes est peu de chose ; il nous faut compter toujours avec la bonne volonté d'aulrui. Lorsque Socrate ne peut venir en aide à ses disciples, il leur fait venir on aide par d'autres; il use pour eux de son influence et de son crédit, il se l'ait « entremetteur » (;j.5ecrTpo-oç) ou «courtier» (-coayojyoç). Le courtier découvre les hommes qui peuvent être utiles les uns aux autres et les met en rapport. 1! prouve, par exemple, aux riches qu'ils ont besoin des pauvres.
C'est ainsi que Socrate procura à Criton un bon intendant. Griton se plaignait à lui qu'on ne pût, quand on était riche, vivre en paix à Athènes : les sycophantes lui intentaient chaque jour quelque nouveau procès, connaissant et meltant à profit son humeur, qui était de donner de l'argent pour n'avoir point d'affaires. Socrate lui dit que, comme on a un chien pour veiller à la garde du troupeau, il lui serait avantageux d'avoir un ami pour veiller à la garde de ses biens. Ils se mirent tous deux en quête de cet ami; ils découvrirent Archédème qui « avait de l'éloquence pour parler, de la résolution pour agir, et qui était pauvre ». Griton donna à Archédème une pari de ses biens; Archédème se dévoua à ses intérêts, poursuivit en justice un ennemi de Griton, le fit condamner, et, par cet exemple, ter-