‹ L'amitié antiqueChapitre 26 sur 194 · Mémorables, III · texte numérisé non relu

Mémorables, III

rifia les autres. Archédème et Criton, se sentant également utiles l'un à l'autre, se lièrent d'amitié1. Une autrefois, Socrate, ayant appris qu'Hermogène était en danger de mourir de misère, alla trouver Diodore.

« Par le temps, qui court, lui dit-il (allusion à la guerre du Péloponèse qui avait ruiné un grand nombre de citoyens), il est aisé de se procurer de bons amis à peu de frais. Hermogène n'est pas ingrat ; celui qui soulagerait présentement sa misère trouverait en lui, à l'avenir, un ami dont les services le paieraient de retour. » Diodore lui répondit : « Tu as raison, Socrate, invite donc Hermogène à passer chez moi. — Par le Ciel, je n'en ferai rien, j'estime que la chose t'intéresse autant que lui. » Diodore alla donc chez Hermogène ; il lui en coûta peu et il eut un ami qui ne parlait et n'agissait que pour le servir et lui plaire 2 ». Socrate avait donc organisé entre ses disciples une véritable société de secours mutuels : « Lorsque les amis sont dans l'embarras et la gène, il enseignait, dit Xénophon, qu'ils doivent se secourir les uns les autres, dans la mesure de leur pouvoir3 ».

Socrate pratiquait, en toutes circonstances, le racolage honnête qu'il désigne sous le nom de [j.jccxp-sta. Ainsi il met les jeunes gens désireux de s'instruire en rapport avec les maîtres renommés \ 11 réconcilie deux frères brouii-

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