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CHAPITRE II

AMNÉSIES ORGANIQUES

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Si la notion d'évolution a pu nous servir de base pour caractériser fondamentalement les amnésies fonctionnelles, elle peut être utilisée de la même manière pour caractériser les amnésies organiques au point de vue qui nous intéresse. Ici en effet, nous ne sommes plus en présence de troubles paroxystiques, de troubles qui débutent avec la soudaineté d'un accès et disparaissent de même; nous sommes en présence de troubles d'ailleurs moins radicaux dans leur expression clinique, dysmnésiques plutôt qu'amnésiques bien souvent,, et dont le trait le plus essentiel est d'être permanents et progressifs.

Sans doute, nous devons ajouter qu'il y a, là encore, des exceptions à la règle, et de même que nous n'avons pas pu toujours concilier les troubles de la neurasthénie ou des vésanies, par exemple, avec l'élément paroxystique placé comme étiquette générale sur le groupe des amnésies \fonctionnelles, de même nous ne pourrons pas toujours concilier non plus les manifestations de certaines encéphalopathies

avec l'élément permanent et progressif placé comme étiquette générale sur le groupe des amnésies organiques.

Cette étiquette n'en conserve pas moins au point de vue clinique sa valeur d'ensemble. Au reste, dans la plupart des états morbides qui sembleraient la mettre en défaut, on peut considérer qu'on est en présence d'une forme de passage : nous citerons par exemple la psychose polynévritique de Korsakoff.

Il faut donc retenir qu'à la notion de l'amnésie organique se rattache d'une façon générale celle de son caractère permanent si progressif, et il est légitime d'en conclure qu'il n'y a pas, au cas particulier, simple gêne, mais destruction complète et définitive du souvenir.

La part la plus importante, dans le groupe des amnésies organiques, revient ainsi que nous l'avons dit déjà, à la paralysie générale, et c'est sur elle-en effet que se concentre surtout l'intérêt clinique et médico-légal relatif à la perturbation définitive des facultés mnésiques. Les autres lésions cérébrales diffuses, les lésions disséminées et les lésions circonscrites nous arrêterons moins longtemps. Nous devons cependant un chapitre de tête à la démence sènile, qui nous offre un vrai proto-type avec sa loi de régression formulée par Ribot.

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