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Eutre autres choses, cette Proclamation, comme on le voit, contient deux paragraphes ; l’un invitant les mécontents à communiquer avec son Exellence, l’autre, le dernier, promettant en cas de soumission ‘de donner’ ordre qu'il ne soit pris aucune mesure légale contre aucun d'eux.
Muni de ces documents Que nous savions être authentiques, remis de la meilleure foi du monde et devant nécessairemen: avoir leur effet, puisqu'ils étaient l'écho de la parole rcyale, nous nous mîÎimes en route. Malgré toute la diligence possible, la diffculté du chemin et l’absence des moyens de transport ne aous permirent d'atteindre St. Boniface que le 9 mars, cinq jours après l’exécution de Thomas Scott. Ce ne fut qu'à notre arrivée dans la colonie que nous pûmes reconnaître tous les dangers de la situation. Nous l’'étudiâmes au meilleur de notre jugement, nous en conférâmes avec les personnes que le Gouverneur-Général avait méntionné dans sa lettre et nous nous entendîmes parfaitement avec elles, tant sur la gravité des événements que! sur les moyens à prendre pour conjurer des malleurs incomparablement plus grands que ceux déjà produits. Les circonsta :ces nous parurent ne rien changer aux moyens suggérés en Angleterre et répétés par le gouverneur-général, comme les premiers remèdes à apporter au mal.
Nous fimes connaître L: Proclamation de son Excellence invi. tant une délégation et promettant une amnistie. Nous assurâmes les ins'.rgés et leurs chefs que leurs justes réclamations seraient écoutées et nous montrâres la signature du représentant de notre auguste Souveraine promettant qu'il serait donné ‘‘ordre qu'il ne soit pris aucune mesure légale contre aucun d'eux ”
Comme l'avait fort bien prévu lord Granville, la fausse proclamation, émanée par l'Hon. W. MacDougall, avait eu l'effet de diminuer le poids de toute proclamation ultérieure : Nous nous donnâmes comme garant de l'authencité de celle qui nous avait été remise et affirmâmes sur parole d'honneur qu'elle aurait son parfait accomplissement ; et que tous, sans distinction, auraient le bénéfice de la promesse qui leur était faite.
En un mot, guidé par nos instructions verbales et écrites et nous croyant, comme uous l'avait dit le gouverneur général luimême, ‘* pleinement au courant des vues ”’ du-représentant de Sa Majesté, nous transmîmes la promesse d’amnistie, qu'on nous avait confiée.
Avions-nous mal fait d'agir ainsi? Avions-nous frustré l’attente
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du représentant de notre bien-aimée Souveraine? Avions nous, en un mot, fait une promesse téméruire et indiscrète ? Non, puisque après nos explications, l'Hon. Secrétaire d'Etat pour les Provinces nous écrivait d'Ottawa en date du 27 mai 1870:
QUE À DRAP SR reçois ordre de son Excellence le gouverneurgénérai de vous exprimer sa sympathie dans votre inquiétude et sa chaleureuse appréciation de vos efforts dans la cause de la paix et de la modération. ”?
Nous avons en outre, d’autres preuves officielles et directes que nous ne nous sommes point trompé, en pensant que les événements, accomplis pendant que uous nous rendions d'Ottawa à Fort Garry, n'avaient point changé les dispositions des autorités impériales. Le désir d'ouvrir des négociations avec des délégués du Nord-Ouest s’'effectua pleinement.
Non-seulement les délégués furent écoutés, mais même ils furent reçus officiellement, tout en posant pour condition sine quà non la 19ème clause de leurs instructions, qui demandait une amnistie pleine et entière.
Il est vrai, qu’à leur arrivée à Ottawa, deux des délégués furent traduits devant les tribunaux, mais cette circonstance ne servit qu'à prouver d'une manière plus éclatante que la mort de l'in. fortuné Themas Scott n'avait point changt les dispositions du gouvernemeut Impérial, comme nous pouvons le voir par les dépêches suivantes échangées entre le Comte Granville et Sir John Young.
Le 17 mars le comte Granville avait télégraphié : ‘lorsque vous saurez que les délégués sont partis du Fort-Garry, faites-le-moi connaître par télégramme.”’
Le 4 avril, la dépêche suivante était télégraphiée par Sir John Young au comte Granville: ‘Smith est arrivé ici du Fort-Garry apportant de mauvaises nouvelles. Un canadien appelé Scott a été par ordre de Riel jugé par une cour martiale et fusillé en vue, suppose-t-on, de compromettre les partisans de Riel avant l'’arrivée de Taché, On dit que les délégués sont en chemin, mais il est bien clair que Riel ne cèdera qu'à la force. Les choses ont, selon moi, un bien marwais aspect.”?
Le 7 avril Sir John Young télégraphie encore : ‘‘le dernier des délégués est attendu à St. Paul jeudi le 14, les autres sont arrivés là aujourd'hui et pourront se rendre à Ottawa Samedi le 9.”
Malgré les facheuses nouvelles et les appréhensions exprimées par Sir John Young dans sa dépêche du 4 avril, le 9 du même mois Lord Granville lui télégraphiait :
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‘ Faites-moi connaître aussitôt que vous pourrez par télégram. me le résultat des négociations avec les délégués de la Rivière- Rouge.”
Ayant appris l'arrestation des délégués, le comte Granville télé. graphie le 18 avril : ‘ L'arrestation des délégués a-t.elle été autorisée par le gouvernement Canadien? Envoyez ample information par télégramme.”
A ceci Sir John Young répondit ie 19 avril: ‘ L’arrestation des délégués n’a pas été autorisée par le gouvernement Canadien.’
L'inquiétude éprouvée par Lord Granvillæäu sujet de l'arrestation des délégués prouve combien Sa Seigneurie regrettait cet odieux procédé et que le Rév. M. Ritchot avait compris la pensée du gouvernement Impérial en adressant à Sir Johr Young l’énergique protestation suivante :
A Son Excellence Sir John Young, Gouverneur-Générai du Canada,
Excellence,
Je m'adresse directement, en ce moment à vous,le représentant de la Souveraine et le gardien de l'honneur britannique dans cette contrée pour vous demander de vouloir faire respecter en ma personne le privilége qui appartient à un parlementaire d’être exempt de tonte exigence hostile jusqu’au retour en lieu sûr.
Je suis ici en compagnie de M le juge Biack et de M. S:ott comme représentant le territoire du Nord-Ouest, sur la foi d’une proclemation de Votre Fxcellence, sur l'assurance donnée par les Commissaires du Gouvernement de Votre Excellence et notamment par M. Smith et M. le colonel de Salaberry.
M. Scott et moi sommes venus à Ottawa en compaguie de M. le colonel de Salaberry et avons été, à la frontière, rencontrés par un magistrat qui nous a offert comme il apparteuait dans les circonstances présentes, le sauf conduit de son escorte:
Malgré le caractère d’inviolabilité dont nous sommes revêtus, caractère respecté de tous temps et par toutes les nations du monde, indépendimment de toutes les cicconstances ou complications, nous nous voyons soumis à des poursuites et à des indignités que lé gouvernement de Votre Excellence connait et qu’il déplore, je n’en ai pas de doute, mais qui ne paraissent pas devoir cesser.
Je suis accusé de participation dans une mort d'homme, la chose serait aussi vraie qu’elle est radicalement fauése que cela ne changerait pas ma position comme parlementaire iavité et accepté par le gouvernement de Votre Excellence ; car je suis ici en vertu de la foi jurée, à la garde de l'honneur anglais et de l’honneur canadien,
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Pour ma propre satisfaction, je déclare à votre Excellence, devant Dieu et devant les hommes, que je n’ai en aucune manière contribué à une mort d'homme ; je né sais le fait de l'exécution de Scott (si toutefois elle a eu lieu) que comme le sait ou croit le savoir cout le monde, en ce moment même, je serais incapable de donner le moindre témoignage de cette affaire ; mais je le répète, ceci ne concerne en rien mon caractère de parlementaire, qui me rend inviolable et par lequel jéchappe à toute juridiction civile ov: tr'rminelle,
Comptant sur l'honneur public ef, sur l’honorabilité de Votre Excellence et de ceux qui avec V. Exc. en sont les gardiens, j'ose demander qu’on fasse cesser la persécution et les insultes auxquelles nous sommes livrés, cette demande, j'ai retardé de la faire pour ne pas ajouter aux diffcultés de La circonstance ; maïs je sens que la dignité de ma mission souffrirait d’un plus long retard.
Agréez, excellence, l'assurance du respect avec lequel
J'ai l'honneur d’être, Votre humble et obéissant serviteur.
(Signé) J. N. Rircuor.
Ottawa, 20 avril 1870,
Le secrétaire privé de Son Excellence accuse réception du document précédent par celui qui euit :
Rideau Hall, 22 Avril 1870.
Monsieur,
J'ai reçu ordre de Son Excellence le Gouverneur-Général d’accuser réception de votre communication réclamant la protection de son Excellence, et j'ai l'honneur de vous informer que Son Excellence l’a transmise à son conseil pour être prise en considération aussitôt que possible.
J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre très.obéissant serviteur,
[Signé] F. Turnvizze, Les Délégués furent mis en liberté, les délibérations cornmencèrent et le 3 mai Sir John Young télégraphiait ce qui suit : ‘ Négociations avec les délégués terminées d'une manière satisfaisante. " “ Puis, le 18 du même mois, le ministre des Colonies aressait au Gouverneur-Général la lettre suivante :
Downing Street, 18 mai 1870.
J'ai l'honneur d’accuser réception de vos dépêches Vos 85-87 du 25
(si toutele monde, re témoirien mon lequel j'é-
tre Exceldemander
Rircxor.
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ril 1870.
| d'accuser son Excelà l’a transpossible.
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commenqui suit :
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