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et 29 avril dernier, renfermant les documents qui se rattachent aux troubles récents dans le territoire de la Rivière-Rouge.
Je suis bien aise d'apprendre qu’on a promptement rejeté les procédures adoptées contre le Rév, M. Ritchot et M. Scott et qu’elles n’ont pas été renouvelées, et je profite de cette circonstance pour exprimer la satisfaction avec laquelle j'ai appris par votre télégramme du 3 du courant, que le Gouvernement Canadien et les délégués se sont rendus, quant aux conditions auxquelles les établissements sur la Rivière-Rouge devront faire partie de la Puissance.
Eu faisant dans la Chambre des Lords, le rapport de ce qui s’était passé, j'ai eu grand pleisir à reconnaitre publiquement le rare jugement, décision et conciliation dont votre Gouvernement à fait preuve dans ce malheureux soulèvement,
J'ai etc., [Signé] GRANVILLE.
Que signifie tout ceci, quand on sait, à n'en point douter, que les délégués du Nord-Ousst étaient les représentants autorisés et accrédités du gouvernement provisoire? Cela signifie tout simplement que Lord Granville était à la hauteur de la situation et que sans se soucier des criailleries qui retentissaient en ce moment en Canada, il n'avait à cœur que la prospérité de la confédération et surtout l'honneur royal engagé par la parole de son représentant. ‘
De fait, les conditions imposées au nom de Sa Majesté ayant été acceptées par les insurgés, il ne restait plus qu'à garder la foi jurée au nom de la Couronne. Cela signifie que quelque nom que l’on veuille donner aux difficultés survenues à la Rivière-Rouge, tous les actes accomplis depuis le mois d'octobre 1869 jusqu’au mois de mai 1870, étaient amnistiés, et que, usaut de la prérogative royale, notre bien aimée Souveraine oubliait le nassé pour ne s'occuper que de la prospérité future de la nouveile province de Manitoba, Aussi, Sir John Young et Sir Cliaton .Murdock entraient pleinement dans les vues du ministre des Colonies en donnant aux délégués les assurances les plus positives, par rapport à l’amnistie.
Cette dernière assertion repose sur l'affirmation souvent faite par Messieurs Ritchot et Scott au retour de leur délégation. sur la même affirmation consignée par écrit et signée par les deux mêmes délégués dans une pétition adressée par eux à Sa Majesté en février 1872.
Nous avons de plus à cet égard la déclaration suivante qui en
SORTE, | ; Dos
a été faite sous sermen: par Monsieur l'Abbé Ritchot devant Narcisse Valois, Ecuyer, juge de paix pour Montréal, en date du 19 h : Novembre 1873.
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Province de Québec,
/ } vuissance dn Canada, District de Montréal.
Je soussigné, Noël Joseph Ritchot, prêtre, cnré de la Paroisse de Saivt
Norbert dans le Comté de Provencher de Manitoba, étant actuellement E 3
d présent en la Cité de Montréal}, dans la Province de Québec, après avoir LS
A i duement prêté serment sur les Saints Evangiles, dépose et dit. q
Que le Président du Gouvernement Provisoire d’Assiniboia, par ordre E, 2
en conseil en date du 22 mars 1879, délégua à Ottawa le Révérend M. n
| J. Ritchot, John Black, écuyer, Alfred Scott, écuyer, pour porter à Otta- q
wa la Liste des Droits qne réclamait le peuple d’Assiniboia et y négo- 1.
cier les conditions d’après lesquelles ce même peuple consentait à ï entr:r dans la Confédération Canadienne.
Que les dits délégués, munis de cette déclaration se rendirent à 5 Ottawa, furent reçus en leur dite qualité de délégués par le Gouverne- À ment et traitèrent avec Sir John A. MacDonald et Sir George E. Cartier, # L À les deux ministres autorisés à cet effet par le Gouvernement,
Que le 26 avril 1870, les négociations commencèrent par la prise en à considération de la Liste des Droits, apportée par les Délégués et qui a ñ servi de bâse à l’acte de Manitoba.
Qu’en outre de l’Acte de Manitoba, etc, comme le comportait la dixneuvième Clause de la Liste des Droits, les délégués exigèrent comme condition sine qua non des arrangements, une amnistie générale pour tous les actes faits ou autorisés par le Gouvernement Provisoire,
Que les Honorables Sir John A. MacDonald ct Sir George E. Cartier après avoir dit que l’Amnistie ne dépendait pas du Gouvernement d'Ottawa, déclarèrent qu’ils étaient en mesure d’assurer que c’était l’intention de Sa Majesté d'accorder l'Amnistie, et qu’ils se chargeraient de la faire proclamer, qu’elle serait de fait proclamée immédiatement après la passation: de l’Acte de Manitoba,
Que le 3 mci 1870 avant de terminer les négociations, le Gouverneur- Général, Sir Clinton Murdock assurèrent aux dits délégués au nom de Sa Majesté que l’Amnistie serait accordée : Son Excellence cita la Proclamation du mois de Décembre précédant comme preuve des intentions de Sa Majesté et Sir Clinton Murdock ajouta entre autres choses :
Que Sa Majesté passerait volontiers l’éponge sur tous les faits en 4 mm question afin de rétablir la tranquillité dans ce pays. Les délégués se k vi plaignaient de ce qu’ils n’avaient aucun document écrit À montrer à la D ul population de la Rivière-Rouge, les dits représentants de Sa Majesté as- 4:
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surèrent à plusieurs reprises les délégués que la question ne souffrait aucune difficulté et que l’amnistie serait certainement octroyée.
Les délégués acceptèrent cette promesse d'honneur,
Le Gouverneur-Gé.éral Sir John Young télégraphia à Lord Granville : (Les négociations avec les délégués sont terminées d’une manière satisfaisante.) Negociatiorns with the delegates, closed satisfactorily.
Que le 19 mai suivant, le gouverneur-général du Canada chez lui, en prèsence de Sir George E. Cartier renouvela aux délégués en personné l'assurance que l’amnistie serait certainement accordée ; bien plus qu’elle serait rendue à Manitoba avant l’arrivée du Lieutenant-Gouverneur de la Provinces, et qu’en attendant !4 proclamation il, (le gouverneur-général) donnerait des ordres pour qu'aucune des personnes impliquées dans les troubles de 1869 et 1870 ne fût inquiétée à ce sujet ;
Et j'ai signé lecture faite, [Sigvé] Noez J. Rrroxor.
Assermenté devant moi, ce dix-neuvième jorr de Novembre 1873 à Montréal.
[Signé] Nan. VaLois, J. P.
Cette déclaration donnée sous serment par un homme de la position et du caractère de M. Ritchot devrait suffire à elle seule et l’on comprend facilement qu’elle ne peut qu’ajouter à nos çonvictions, nous qui avons tant d’autres preuves que l’amnistie a êté promise au nom de Sa Majesté.
Au reste, le seul fait des négociations avec les délégués du Nord-Ouest, sanctionné par le gouvernement impérial, prouve que la proclamation du Gouverneur-Général qui nous a été souinise par ordre de Son Excellence le 17 février 1870 avait ou tout son effet en Angleterre, et qu’elle devrait suffire encore aujourd’hui dans toute l’étendue de la Confedération Canadienne, pour protéger tous ceux qui ont pris part aux difficultés de la Rivière- Rouge quels que soient leurs noms ou la part de responsabilité qu'ils ont assumée.
la proclamation de Sir John Young n'ayant été ni révoquée ni moulifiée, avait toute sa valeur lorsque nous arrivâmes à la Rivière- Rouge, lorsque nous la remîmes à ceux à qui elle était adressée. La valeur de ce document n’a pas perdu sa force depuis ; pour le prouver nous citerons les paroles que le gouverneur-général luimême nous adressa à Niagara le 23 juillet 1870, Dans une entrevue avec Son Excellence nous lui exprimâmes le désir d’avoir une nouvelle déclaration d’arnistie, Le Gouverneur-Général prit alors sa Proclamauion et en nous la montrant nous dit :
inter R
ET
“ilere is my proclamation, it covers the Whole Case.” ‘Voici æa proclamation elle obvie à toutes Les difficultés."
Comme nous insistions auprès de Son Excellence, pour avoir quelque chose de plus explicite, vu les objections que quelquesans soulevaient contre la portée de sa Proclamation, le Gouver ssur nous demanda de lui en écrire.
Nous le fimes dans les pages suivantes que nous redigeâmes à Hamilton, et que, de là, nous adressâmes à Sir John Young à iagara..
Hamilton, 23 juillet, 1879.
A Son Excellence Sir John Young, Gouverheur-Général de la Puissance du Canada. :
Qu’il plaise à Votre Excellence de me permettre de lui faire part des observations suivantes au sujet des difficultés de la Rivière-Rouge.
to, Jie veux tout d’abord repousser les odieuses caivmnies dont j'ai #6 personnellement l’objet dans certains journaux. Je proteste devant Dieu et devant les hommes contre ces accusations. La participation que ’ai prise aux troubles de la Rivière-Rouge se réduit à la peine extrême que j'en ai ressentie, aux efforts faits au meilleur de mon jugement, nour les apaiser ; et aussi au désir de voir le tout concourit à l’affersnissement des nobles institutions qui nous régissent, à l’union étroite où indissoluble entre le Canada, ma terre natale et le Nord-Ouest ie pays de mon adoption.
0 Je regrette autant que qui que ce sait, les actes déplorables qui noir ew lieu ; et cependant j'ose affirmer qu’il est impossible de juger xspartialement ces actes à moins d’avoir sur les circonstances qui les ant fait naître, des informatione que ne possèdent certainement pas ceux quai sont bien en dehors du milieu où ils se sont produits. Trois homzxaes ont perdu la vie pendant ces tronbles, Le premier a été, je dirai, la victime d’un accident puisqu'il a été tué par Paris ien qui n'avait pas usage de sa raison.
Parisien lui-même fait prisonnier, d’abord par le soi-disant parti loyal, fut ensuite tué ou mutilé au point d’être laissé pour mort ; et il mourut en effet des suites des horribles traitements qu'on lui fit subir.
Personne ne parle de la mort de ces deux hommes, tout au contraire, quelques-uns de ceux qui ont le plus cruellement contribué à tuer le dernier, prétendent étaler leur loyauté en demandant hautement que Von. venge la troisième victime, l’infortuné Scott, Ceux qui connaissent les événements, s’étonnent bien moins de la mort de Scott, que du fait qu'1l n’y eut qu’une seule victime dans le camp des insurgés, Ce fait prouve d’une manière évidente que la soif du sang et l'esprit de ven. geaace n'était pas le mot d'ordre au milieu de ce peuple en armes.
Voici
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dont j'ai ste devant pation que 1e extrême jugement, à l’afferion étroite est ie pays
rables qui e de juger aces qui les ht pas ceux Trois hom- | je dirai, la n'avait pas
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30, Je ne veux incriminer personne; mais dans mon kümble opiaion, si les plus coupables et les plus rebelles devraient être punis, le châtiment pourrait bien être infligé à quelques-uns de ceux que l'on exalte comme les champions de la loyauté, de l'honneur et du devoir.
40. Si des actes déplorables peuvent avoir une compensation, je la trouve, cette compensation, dans la conduite même des chefs du mouvement insurrectionnel de la Rivière-Rouge.—Ce mouvement n'a ja. mais été fait pour se soustraire à l'allégéance de Ja Grande-Bretagne. Le Drapeau Britannique n’a jamais été abattu, et le drapeau fénien n'a jamais été arboré, quoi qu’en aient dit les journaux. Les ‘éniens n'ont rencontré que des refus ou le silence, quand ils ont offert leurs servives ou coopération. En dehors de l'association Fénienne, le gouvernement provisoire de la Rivière-Rouge a repoussé des offres, qui auraient pu le tenter, si le sentiment de l’allégéance ne l'avait point dominé, Des sommes collectives à un montant de plus de quatre millions de piastres, ($4,000,000,) des hommes et des armes ont été offerts, et le tout a été refusé par ces rebelles, que l’on voudrait faire pendre aujourd’hui, par l'expédition que d’antres partis voulaient les déterminer et les aider à attaquer.
50. La dernière et la plus importante des observations que j'ose soumettre à Votre Excellence, a trait à l’amnistie cn faveur de ceux qui ont pris part aux actes illégaux ou criminels qui d’une manière ou d'une autre se sont produits pendant la pénible période des troubles de la Rivière-Rouge, Malgré les accusations lancées contre moi je prendrai la liberté de dire que j'ai puissamment contribué à Ia pacification de la Rivière-Rouge, et ai par là même écarté des complications qui auraient eu les plus déplorables conséquences. En ceci, il est vrai, je n’ai fait qu'accomplir mon devoir de citoyen, mon devoir de Pasteur,
äussi, je ne mentionnerais même pas ce fait, s’il u’était pas nécessaire à l'intelligence de ce que je veux ajouter.
La promesse de l’amnistie m'a puissamment aidé à assurer le résultat obtenu. Si je n'avais pas été convaincu moi-même, que cette amnistie serait donnée, si je n’avais pas insinué cette conviction dans l'es. prit du peuple, je n'aurais certainement pas eu le succès qui a couronné la mission que le gouvernement de votre Excellence m’avait confiée. Guidé par ce que j'avais entendu dire à Ottawa, par la Proclamation de Votre Excellence en date du 6 décembre, par une lettre de Sir John A. MacDonald en date du 17 février, effrayé des dangers d'une résistance désespérée, et de l'intervention étrangère; convaincu que notre Gracieuse Souveraine pardonnait voloatiers à des sujets qui ne s'étaient égarés que parce qu’on avait eu bien des torts à leur égard ; voyant des irrégularités de tous côtés, j'ai cru pouvoir donner une assurance. positive et solennelle qu’un pardon complet serait accordé, Je l'ai dorc promis.
NN
J'ai peut-être eu tort ; pourtant je ne puis le croire puisque mon opinion est celle de tous ceux que j’ai entendu parler avec calme sur cette question brûlante, 11 me serable qu’un acte de clémence n’est pas de
| trop, quand il s'agit de sauver un pays. Aujourd'hui cet acte devient
| nécessaire pour rétablir la confiance sans laquelle il est comme impossible de gouverner l'immense territoire du Nord-Guest, Sans cet acte de clémence, je crois que le pays sera exposé à de nouvelles et plus désastreuses commotions,.
Si l’amnistie n’est pas accordée, je passerai aux yeux de certaines gens, pour avoir trompé le peuple et n'aurai fait peut-être que préparer une terrible réaction. Ceux qui ne peuvent pas croire à une four. berie de ma part, croiront facilement que j'ai été dupé par le gouvernement du Canada, Je pousserai l’excès de la franchise jusqu’à dire, qu’en effet j'aurais été trompé ; car il m'est impossible de comprendre autrement l’ensemble de ce qui m’a été dit à Ottawa.
S'il suffit aux loyaux habitants de Toronto de convoquer une # indiguation meeting ’ pour influencer les affaires de la Rivière. Rouge, tout le monde couviendra facilement qu’il nous est impossible de compter sur des mesures libérales, ni même sur la justice la plus 6l6mentaire, Je comprends facilement la position faite aux autorités d'Ottawa par ces démonstrations inspirées par l'esprit de parti bien plus que par ‘‘ l'horreur du crime.” Mais c’est au tribunal de notre gracieuse Sonveraine que nous en appelons,
Puisse la faible voix d’un sujet humble, mais soumis et dévoué, arriver jusqu’au pied de son trône. J'ai la confiance que la clémence royale n’écoutera que sa générosité, Je l’attendy done, cette amnistie. Va sans dire que le gouvernement du Canada ne peut la proclamer ;
| mais s’il p'ait à notre gracieuse Souveraine de i’accorder, veuille votre Excellence être persuadée qu'elle sera une garantie de succès pour l'administration du lieutenant-gonverneur de la Province de Manitoba, 1 A et lui gagnera ler sympathies de tout un peuple, | M Daigne votre Excellence pardonner à la précipitation avec laquelle : j'ai dû tracer ces lignes et croire au dévouement complet et absolu de celui qui avec un profond respect ose se dire
nr
De Votre Excellence le très-humble et très-obéissant serviteur.
(Signé)
ALEX. Eveque ps Sr. Bonrraces, O0. M. I.
Nous nous permettrons d'observer respectueusement que Sir John Young aurait en cetie circonstance manqué à june obliga: tion étroite, si toutefois l’'amnistie n'avait pas été dans sa pensée,
1e mon opine sur cette n’est pas de acte devient comme imt, Sans cet nouvelles et
de certaines e que prépae à une fourle gouvernejusqu’à dire, ) comprendre
rune ‘“‘indiivière. Rouge, mpossible de e la plus éléaux autorités de parti bien unal de notre
| dévoué, arrila clémence ette amanistie.
a proclamer ; , veuille votre le succès pour } de Manitoba,
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ONIFACE, 0. M. I.
ment que Sir june obligaans ga pensée;
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Ses
une chose promise et certaine. Son Excellence elle même nous avait confié une mission, noùs lui en rendions compte, en affirrmant ce que nous avions dit même au nom de sa propre autorité, Si cette assertion de notre part était erronnée,nous avions droit de le savoir, et on devait nous le dire pour nous mettre en mesure de corriger l'erreur que nous aurions commise et détromper le peuple, auquel nous n'aurions pas commuviqué la pensée v: ritable de celui qui nous avait demandé de parler en son nom. Le gouverneur-général reçut nos observations sans nous faire connaître que nous avions mal compris sa pensée ; donc, nous sommes autorisé à croire que nous en avons été l'interprête fidèle.
Donc dans notre conviction, la parole royale est engagée par son représentant immédiat, et il y a un grand manque de loyauté dans les efforts faits pour l'empêcher d'avoir son eftet.
do Nous allons plus loin, non seulement l'amnistie a été pramise par les autorités impériales, mais de fuit, elle a été sauvegardée par ces mimes autorités.
L'expédition de la Rivière Rouge dite ‘ Expédition de paix et de civilisation ‘’ n'a pu se mouvoir qu'après l'assurance donnée que les délégués du Nord Ouest étaient satisfaits des arrangements pris avec le Canada ; c'est au reste ce qu'avait exigé Lort Granville dans un télégramme à Sir John Young: ‘Le gouvernement de Sa Majesté donnera l'assistance militaire proposée, pourvu qu’on accorde des conditions raisonnables aux colons de la Rivière-Rouge. ”
Le télé gramme du 5 mars n'est point modifé par le déplorable événement de la veille, puisque le 2% avril, parmi les conditions, sans lesquelles Lord Granville ne veut p1s promettre la coopération du gouvernement impérial on lit la suivante : ‘“ Le gouver. nement du Canada devra accepter ia décision du gouvernement de Sa Majesté sur tou: les points contenus dans la ‘‘ Liste des Droits. ”’
Pourquoi toutes ces précautions ? Pourquoi donner à l'expédition militaire les mêmes qualifications que celles que Son Excellence attache à la mission qui nous avait été confiée à nous même ? Faut-il donc à un Gouvernement aussi puissant que celui de l'Angleterre y regarder de si près lorsqu'il s'agit d’aller étoufter la ‘‘ rebellion ‘’ ou saisir ‘‘ des meurtriers ”’ au milieu de quelques centaines de métis qui ont déjà mis bas les armes? Non sans doute, mais il faut au puissant Gouvernement de l’Angleterre, comme à tout Gouvernemént qui se respecte, garder La
foi promise même au plus faible des peuples. L'honneur avant tout; c'est ce qui respire dans toutes les dépêches qui nous } viennent directement d'Angleterre. Pourquoi faut-il que d'au- | tres qui se targuent de leur loyanté n'en étudient pas les pre- }°1 mières notions ? L'expéaition militaire de la Rivière-Rouge orga- | nisée par le Lieutenant-Général Lindsay fut confiée au comman-
dement du Colonel Wolseley.
De la Baie des Tonnerres, nommée depuis Prince Arthur Lancing, le Colonel Wolseley adressa au peuple de Manitoba une pro- | * clamation militaire dont nous citons intégralement la copie.française.
Au peuple ioyal de Manitoba, - Le Gouvernement de Sa Majesté la Reine d'Angleterre ayant pris la [AE résolution de mettg en garnison quelques régiments dans le territoire
fée de Manitoba, j'ai été instruit par le Lieutenant-Général, Commandant À À des Proviaces Britanniques de l'Amérique du Nord de conduire ls | at force sous mes ordres à Fort-Garry.
‘ Nous vous apportens la paix, et le seul chjet de cette expéditior N pport la paix,etl 1 cbjet de cett diti n’est qne de faire voir l’autorité de Si Majeité la R'ine.
Des cours de justice telles qu’il en existe da, s toutes les autres Pro- M vinces de l’Empire seront établies.
La Justice se montrera sans paitialité envers aucune classe on aucune race : les sauvags et les métis loyaux étant aussi chers à Sa Ma- 1 jeste que tons ses autres sujets, : Les soldats que j'ai l'honneur de commander ne représentent point de parti, ni de religion, ni de politique, et ils sont venus exprès pour à ? protéger la vie, et Les biens de tous,sans distinction de race ou de culte. | L'ordre et la discipline la plus rigide “eront maintenus dans leurs ‘ rangs et la personne de tous ;jes habitants ne sera sujette à aucun danger.
“+ $ Tout ce que les habitants fourniront aux troupes leur sera payé + Le Si quelque habitant aura cause de se plaindre de la conduite d’an- | cun individu appartenant à cette Brigade, il n'aura qu’à constater le fait devant moi pour obtenir justice.
Chaque sujet :oyal de la Reine est prié avec instances de m'aider à, accomplir le but ci-dessus cité.
l: [Signé] G. J. Worsekzey, Colonel, Commardant de l’ Expéditica de la Rivière-Rouge. Prince Arthur Landing, 30 jain 1870.
’ Cette proclamation nous était adressée avec la lettre suivante :
Prince Arthur Landing, © ie des Tonnerres, 30 juin 1870. 2 1 Monseigreur.
. S. Ci-inclus j'ai l'honneur de vous transmettre une copie d'une procla.
expédition autres Pro-
sse. on au- 8 à Sa Ma-
ntent point xprès pour u de culte.
dans leurs tte à aucun
payé duite d’'anconstater 1e
e m'aider à
phel, ère-Rouge.
in 1870, ane :
in 1870.
une procla.
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LE LES DE, Lt
en
mation en Anglaiset en Français à laquelle j'ai l'honneur de prie: Votre Grandeur de youlcir bien donner la plus grande publicité dans les diverses paroisses sous votre juridiction Episcopaln.
De semblables copies ont été envoyées à l'officier représentant ln Compagnie de la Baie d'Hudson à Fort-Garry et à l’Evêque Macrae.
J'ai l'honneur d’être, Monseigneur, Votre très-obéissant serviteur, [Signé] G. J. Wozseuæy, Colonel, | Commandant des Forces ‘la la R, Kouge.
Au Seigneur Evéque Taché, etc., ete., Rivière-Rouge.
La proclamation arriva à Fort-Garry pendant notre «bsencs, fut imprimée par les ordres et sous la direction immédiate de M Riel parce que les tendances annexionnistes d’autres individus voulaient absolument empêcher la publication de ce document.
Le Lieutenant-CUénéral Lindsay, s'étant consulté avec le Gouverneur-Générai à Niagara, crut devois nous adresser la ‘éôtre
suivante :
Clifton House, Niagara, 17 jaillet 1870.
Monseigneur,
Colonel Wolseley commandant jes Forces Expéditionnaires, en route pour Fort-Garry, vous a transmis üne Proclamation militaire adressée aux habitants de Manitoba, qui vous parviendra via Win. nipeg.
J'ai l’honneur de vous prier qu'avant de l’émaner, vous ayez la bontè d'effacer le paragraphe qui, dans la copie anglaise commence par les mots “ Courts of Law,’ et se termine par ceux “ Her loyal subjects ; les affaires légales étant tout à fait du ressort des autorités civiles. ’?
J'ai l’honneur d’être, De Votre G:andeur l'obéissant serviteur [Signé] Jas, LANDSAY Lieut.-Général, Commandant des Forces de $. M. dans l'Amérique Sept. Brit Le Très-Révérend Evéque Taché, Fort Garry.
Nous étions encore absent, quand ce dernier document parvint à Saint Boniface, et il fut mis sur les journaux. Nous en écrivimes au Lieutenant Général qui voulut bien nous exprimer s& reconnaissance de tout ce qui avait été fait. Nous le demandons à tout homme capable de lier deux idées ensemble, que veut dire tout eci ? Que prouvent toutes ces démarches, ce luxe de précaution, ces assurances données si min&-
Fe
mme DE us
tieusement, si ce n'est q'eles insurgés de la Rivière-Rouge, n'étaient pas regardés comme des rebelles qu'il fallait réduire par la force, mais bien au contraire comme des sujets qu'il fallait protéger et défendre.
Les documents cfficiels cités en dernier lieu, prouvent que les vues du gouvernement impérial avaient été communiquies aux officiers supérieurs qui dirigeaient et commandaien ; l'expédition de la Rivière-Rouge.
Evidemment cette expédition dite de %aix n'avait point d'ennemis à combattre, de rebelles à disparser, ni de criminels à poursuivre ou à punir. Le colonel Wolseley savait de plus, que toute la population native de la Rivière-Rouge sans distinction ni exception désirait l'arrivée et le séjour des troupes impériales au milieu d'elle. Il Le savait, puisqu'il nous écrivait la lettre suivante :
Prince Arthur Landing, Baie des Tonnerres, 30 juillet, 1870.
Monseigneur,
J'ai écrit aujourd’hui, à l'officier représentant la Compagnie de la Baie d'Hudson à Fort Garry, concernant une lettre de cette date, qui lui est adressée par M. Dawson du dépurtement des Travaux Publics, dans laquelle ou l’a prié de prendre des mesures immédiates pour owvrir un chemin entre l'angle Nord-Ouest du Lac des Bois, et le terminus du chemin de M. Snow et par laquelle il est autorisé à dépenser de l'argent à cet effot,
Je l'ai prié de donrer tous les secours en son pouvoir pour obtenir le travail et les fonde nécessaires pour ce service. J'ai l'honneur de solliciter la sérieuse coopération de Votre Grandeur à la même fin, et conpaissant le vif désir de votre peuple de nous accueillir parmi eux, je suis à espérer qu’ils profiteront &e cette occasion de prouver la xincérité de leurs désirs.
J'ai l'honneur d'être Monseigueur, Le très-Révérend, le seigneur évêque Tach$ de la Culonie de la Rivière-Rouge, Votre très-ob-issant serviteur, G. F. WorseLer.
Commandant les forces de la Rivière-Rouge.
Monsieur D:wson à la page 34eme de son ‘‘ Report of the Red River expedition,’ nous fait connaître par l'extrait d'une lettre de J. H. McTavish, écuier, “ l’offinier représentant la Compagnie de
: Baie d'Hudson à Fort Garry’ le résuitat produit par la demaonde du colonel Wolseley.