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Le Couvernement Fédéral a-t-il fait quelque chose prouvant en faveur de l’Ammistie ? La réponse à cette troisième question se fortifie de tout ce que nous avons dié sur les deux précéden” res, et nous ajouterons que le Gouvernement fédéral à agi de telle sorte que l'on peut et doit raisonnablement conclure qu'en effet l’amnistie a été réellement accerdés, à tous ceux qui ont pris une part quelconque aux troubles du Nord-Ouest, D'abord,le Gouvernement * continué ses faveurs et: ses. salaires à ceux de s68 agents, qui avaient fuit les fautes les plus
RE Le ta a AUD tas où aus don Li ÉD R TL C A à és né mien te. |
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8 grossières, et amené plus directement les maiheurs que nous LS . avons à déplorer. Ensuite le même Gouvernement, dans l’in- > - demnité accordée à ceux qui avaient souffert des pertes, n'a pas le oublié tous les coupables et des sommes passablement ronûes et ont été données à des hommes, que leur prétendue loyauté n’exonère certainement pas de tou'e responsabilité et participau: tion aux troubles de la Rivière-Rouge.
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Pour compléter la preuve de fait, en faveur de l'octroi de
its l’amnistie, il ne fallait plus au Gouvernement Fédéral que s’en- Hé tendre et entrer en négociations officielles avec les insurgés et leurs chefs, devenus ceux du (rouvernement Provisoire. C'est . précisément ce que le (rouvernement Canadien eut le courage de 4 faire à la satisfaction des parties intéressées. ci Une délégation fut#lemandée avec instance par Les autoricés ue fédérales, qui promirent de l'accueillir favorablemeii et de payer ses dépenses. Les délégués furer* choisis par le Président du “ Gouvernement Provisoire, acorédités et dirigés par lui, comme à ES il appert dans les lettres du Secrétaire d'Etat Thomas Bunn. ie, ë Les Délégués ne se présentèrent à Ottawa, qu'en vertu des de si pouvoirs à eux ainsi conférés, et n'y ‘furent reçus que parce se, fi qu'ils étaient des envoyés officiels.
et "à D'autres hommes qui se prétendaient les vrais représentants Lise t du peuple de ia Rivière-Rouge, dont le zèle et la ‘ loyauté ” : étaient connus n’eurent point l'accueil qu'ils espéraient, tandis Cr | que les délégués dits ‘ rebelles,” quoique accusés devant les ro- ÿ tribunaux, vilipendés dans la presse et la tribune, furent les | seuls reconnus, les seuls nommés délégués, les seuls truités comme tels, les seuls dont le départ de la Rivière-Rouge, comme l'arrivée à Ottawa. excitèrent l'attention des autorités. Pourquoi cette différence? Parce que Messieurs Ritchot, Black et Scott étaient les seuls qui eussent des lettres de créance. Puis ces lettres de créance était fournies officiel.ant lement par le Gouerrement Provisoire, les irois délégués desiion venaient ses agents véritables.
den” 4 En traitant, négociant et s’entendant avec eux on traitait, ri de ; négociait et s'entendait avec le Gouvernement Provisoire. lure é Cette conséquence fixa l'attention des enn:mis du g :nvsrue. qui À ment autant que celle des amis du peuple de la Rivière-Rouge. ï Tous ceux qui «#2 sont vcecupés de cette question savent que sa- l’opinion que nous exprimons ici n'est poist neuve at ne nous est
plus - point particulière. Des hommes, qui pourtant devraient être sé-
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rieux, ont cru répudier le résultat logique qu'impose la nature de ces négociations, en disant naïvement: ‘Mais ces délégués étaient les délégués du Nord-Ouest.” 1l ne devrait pas être nécessaire de réfuter une objection si futile; on ne représente pas un pays sans être envoyé par quelqn'un et °n ne le représente pas officiellement duns les affaires politiques sans être envoyé par l’autorité qui gouverne le pays.
Or il est incontestable qu'au moment où les délégués du Nori: Ouest laissèrent l4 Rivière-Rouge, c'est le gouvernement provisoire qui y exerçait l'autorité et qui, en l'exerçant, envoyait ces mêmes délégués. |
Donc leur titre, ‘ Délégués du Nerä-Ouest, ”’ ne change pas la natu, à ni la portée de leur délégation. Quand ‘les délégués de la Colombie Britannique *’ ont été à Ottawa négocier les conditions de l'entrée de leur colonie en Confédération, ils s’appelaient ‘‘les délégués de la Colombie Britannique, ‘” mais ce nom ne les dispensait de l'obligation d’avoir reçu officiellement leur déiégation, ni de présenter au gouvernement d'Ottawa l’ordre en conseil de leur propre gouvernement qui les accréditait comme délégués, ainsi que la liste des conditions auxquelles la Colombie Britanique deviendrait partie intégrante de la Confédération Canadienne. De telle sorte, qu'en négociant avec ces messieurs, le gouvernement canadien négociait avec l'autorité reconnue dans la Colombie Britannique, sans considérer si le vœu populaire avait désigné ou non ceux qui avaient été choisis comme délégués, En changeant les noms, nous trouvons les mêmes circonstances dans la délégation venue du Nord-Ouest : et nous répétons qu’en traitant avec elle, le gouvernement canadien traitait avec le gouvernement provisoire, sans avoir à s'occuper du plus ou moins de popularité dont pouvait jouir cette délégation dans le pays qu'elle représentait, ni si une assemblée publique en avait approuvé }», formation.
Non seulement les délégués furent reçus, mais ils négocièrent longuement et l‘urement, se servant de temps en temps du télégraphe pour rendre compte officiellement au secrétaire du gouvernement provisoire du progrès et du succès de leurs négociations. Plus que cela, quoique les instructions des délégués leur sMnosassent l'obligation d'obtenir une amnistie pleine et entière. les négociations se terminèreni à leur satisfaction, comme à La satis faction des autorités fédérales.
Plus que cela encore, à? fut entendu que Le gouvernement proviseir e
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qui avait envoyé les délégués continuerait ses fonctiv'is et l'exercice de son autorité jusqu'à l’arrivée dans la province de Manitoba du lieutenant-gouverneur canadien. Tout fut considéré comme définitivement réglé ; on en informa le gouvernement de Sa Majesté qui voului bien en exprimer sa satisfaction. Il est impossible d'imaginer un fait plus capable de prouver que les troubles de la Rivière-Rouge avaient enfin ure solution paisible et satisfaisante, tant pour le gouvernement canadien qui avait du gouvernement impérial l’ordre ‘“d’épuiser tous les moyens de conciliation ’ que pour les insurgés qui n'avaient pris les armes que pour obtenir les priviléges dont jouissent les sujets anglais dans le reste de la Confédération.
Les négociations, en assurant des priviléges, garartissaient aussi la vie, et la liberté d.. ceux qui iss avaient réclamés ; on ne négocie pas avec les gens pour les prendre ensuite. Un gouvernement qui se respecte, ne tend pas un pareil piége aux hommes auxquels il veut ‘inspirer confiance'’ et attirer “ paisiblement’ sous sa juridiction. On peut même dire que les chefs avaient les premiers droits aux conséquences que le simple bon sens force à tirer du fait des arrangements conclus.
Les difficultés de la Rivière-Rouge depuis le mois d'Octobre 1869 1u mois de Septembre 1870, forment un enseble, un tout politique, dont les par ies ne peuvent pas se désunir. En donnant une solution paisible à ces difficultés, on l'a dennée sur tous les points, et pour tous les individus qui y avaient pris part. On ne doit pas plus punir ceux qui ont occupé le Fort Garry (d'en bas) que ceux qui ont occupé le Fort (rarry (d'en haut) :18 plus ceux
qui ont causé la mort de Scott que ceux qui ont © , mort Parisien. Ily a des “irrégularités” et} ela, de tout côté, mais des négociations amicales ayant int
‘{ terminées d'un. manière satisfaisante” le tou
l'oubli qu ces *»r.ngements ont préparé. Car il est a]
de se le dissimuler, ces négociatians seraient inqualifial incomprébensibles si l'amnistie qui s'y rattache nécessairement ne les expliquait ou ne les justifiait pas.
Qu'on lise, au reste. les débats, de la Chambre des Commune du Canada, pendant la passation de ‘“l’Acte de Manitoba ” et
chaque fois qu'ils'y est agit du Nord Ouest, et l’on pourra se
convaincre facilement que le Gouvernement Canadien sentait lui-
même que ses relations avec les insurgés impliquaient l’amnistie; -et cela, malgré tout ce que d’autres ont pu dire en cette chambre.
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Tout l’entrinement des dissentions ou des sympathies politiques doit nécessairement se briser contre l’implacable logique des faits qui s'impose à la froide eÿ impartiàle raison.
Si tout ceci ne suffit pas,nous demanderons ce que le Gouvernement Canadien à fait, depuis quatre ans, pour prouver par action que l’amnistie n’avait pas été promise, Ses vrais amis regrettent. qu’il ait omis certaines choses : ‘il aurait dû faire; mais bien certainement, son action n'a pas pu prouver qu'il ne considérait pas l’amnistie comme accordée de fait. La pression, la plus forte comme la plus injuste,a été mise en jen pour le déterminer à agir directement contre les chefs de l'Ex-Gouvernement Provisoire de la Rivière-Rouge, des interpellations ont fté faites, en pleine chambre, pour provoquer la négation d’une amnistie, tout a été inutile.
Le Gouvernement Canadien persuadé d’une part que les difficultés avaient été occasionnées par des agents responsables, ne pouvant pas, d’ailleurs, oublier que l'amnistie avait été promise par ses agents autorisés, voulut demeurer conséquent avec luimême et ne point répudier les suites nécessaires de sa politique.
Le Gouvernement Canadien, disons-nous, dans la personne du moins de ceux qui étaient au pouvoir lors des troubles, n’a rien fait pour détruire l'impression que lui-même avait inspirée, savoir: ‘ Que l’amnistie serait certainement accordée; bien plus, qu’‘1lle serait rendue à Manitoba avant l’arrivée du Lieutenant-Gouverneur de la Province et qu’en attendant la proclamation, le Gouverneur-Général donnerait des ordres pour qu'aucune personne impliquée dans les troubles «le 1869 et de 1870 ne fut inquiétée à ce sujet. ?
$ III. Les autorités de lu Province de Manitoba et l'amnistie.
Ce que nous venons de dire ä5s autorités Impériales et Fédérales devrait suffire pour indiquer l'action des autorités de Manitoba relativement au sujet que nous traitons. Nous allons néan-. moins examiner si nos autorités provinciales avaient quelqu’'obligation à cet égard, puis, ensuite nous jetterons un coup d'œil rapide sur la manière dont ces obligations ont été remplies.
J La question d'amnistie doit-elle fixer l'attention de ceux qui gouvernent ou administrent dans Manitoba ? A cette question,
come à celles qui l'cnt précédée, nous répondrons sans hésita-
tibh : Oui ; ceux qui ont l'autorité à Manitobane pouvaient pas
et ne peuvént pas perdre de vue l’amnistie.
Les autorités provinciales, dans les limites de leurs aitributioas respectives sont l.s gardiens nés,non-seulement dés lois communes du pacte fédéral, mais, elles ont de plus, l'obligation particulière de sauf-garder les conditions spéciales auxaqtelles la province qu’elles administrent est deveñue partie intégrante de la confédération canadienne.
La politique provinciale, sous ce rapport du moins, doit nécessairement refléter la politique Fédérale, qui n'est elle-même que l'écho de celle de l'empire.
Nous l'avons assez prouvé, le gouvernement de Sa Majesté n’avait consenti à l’union du Nord-Ouest avec le Canada qu'à de certaines conditions ; le Canada avait accepté ces conditions et pour éviter tot malentendu, une délégation avait été demandée et reçue officiellement, On avait négocié avec ces délégués, on s'était entendu avec eux, sur les conditions exigées à la Rivière- Rouge pour l'acceptation des vues d'Ottawa. Cette entente, ces négociations sont la base de l'union de notre Province, avec le reste de la Puissance.
Les autorités impériales ont exigé et sanctionné ces, négociations ; les autorités fédérales qui les ont con2lues, se sont engagées à les respecter et à les faire respecter, il est évident que ces négociations lient étroitement toute l'administration de Manitoba qui n'existe que par elles.
Sans ces arrangements faits à Ottawa en avril et mai 1870, il n'y aurait pas au monde un coin de terre qui s’appellerait la ‘Province de Manitoba, ” il n'y aurait pas au milieu de nous üu ‘Conseil Exécutif,’ dont les membres sont ‘‘ministres d'Etat” de Manitoba; nous ne connaitrions pas une ‘‘Assemblée” ni un ‘Conseil Législatif” de MAnnitoba. En dehors des instructions données aux delégués du Nord-Ouest, par le gouverneraent pravisoire, personne ne songeait au régime qui a été proposé, accepté et sous lequel nous vivons,
Les trois branches de notre légisiature sont donc nées des arrangements conclus entre les ministres Fédéraux et les délégués du Nord-Ouest, envoyés et délégués par le Gouvernement Provisoire,
Ces arrangements, non sewiement, dans leur ensemble, mais même dans leurs détaiis sont choses sacrées et que tous ceux qui
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participent à l'autorité provinciale de Manitoba sont tenus de . connaître et de sauvegarder. Ces autorités ne pouvaient : pas avoir et n’ont pas de promesses ‘faire relativement à l'amnistie. Leur seul devoir à cet. égard est de constater at. de garder ce qui a été fait par les autorités.supérieures et nous avons assez prauvé que cette étude ‘est facile,
Les autorités de Manitoba ne devant leur existence qu’au ré-
glement de nos difficultés politiques, n’ont, point à s'en préo cu-
per, le tout échappe à leur action. Ce qui leur reste. à faire, c'est simplement d'examiner la conduite du gouvernement de Sa Ma-
jesté, et la condu te du GouvernementFédéral pendant et depuis
la solution pacifique des troubles du Nord-Ouest ; puis après avoir
constaté la voie suivie, y marcher fidèlement et constamment. Nous ne pouvons pas écrire ces choses pour les hommes que
la passion aveugle ; nous écrivons pour les hommes dde et
‘eux, certainement, nous comprendront,
L'acte de Manitoba et les autres arrangements faits, signés et expliqués par les membres autorisés du gouvernement d'Ottawa, voilà nos conditions d'entrée en Confédération; et ces conditions, nous le répétons, les autorités locales doivent les étudier et les connaître non-seulement dans leur ensemble, mais même, dans leurs détails les plus minutieux. On ne peut commander sans savoir s’il y à obligation d'obéir ; etl'on ne peut pas juger avec impartialité, sans constater les priviléges et immunités auxquels les justiciables ont un droit légitime et certain. Les plus regrettables résultats peuvent facilement être la conséquence de l'oubli des principes que nous posons ici. Même au rom du devoir et de la justice, on a souvent méconnu les devoirs les plus impérieux et commis les injustices les plus flagrantes. Afin d'éviter ce malheur dans lequel il est facile de tomber, nous répétons que la question de l’amnistie doit fixer l'attention de ceux qui gouvernent et administrent dans Manitoba.
Pendant les débats sur le bill de Manitoba, un discours prononcé dans les Communes d'Ottawa inspiraau gouvernement fédéral la pensée que l'orateur de ce discours pouvait être l'hom. me de sa confiance, celui auquel il devait confier la mission importante et délicate de continuer à Manitoba l'œuvre de modé»
CE ration et de conciliation aceomplie à Ottawa, suggérée et com- 18 L plètement approuvée en Angleterre.
e L'Honorable Adams Georges Archibald fut choisi pour premier di Lieutenant-Gouverneur de Manitoba. Nous ignorons quelles U- 4 instructions furent données au nouveau Gouverneur, mais il est évident, pour quiconque veut réfléchir, que ces instructions ne é- | pouvaient que le déterminer à maintenir l'attitude prise par les ; Autorités Impériales et Fédérales. Une autre politique, une 8 autre ligne de conduite, après les négociations et la passation de a- l’acte de Manitoba, aurait été tellement in ;onséquente (pour Lis À ne pas dire criminelle), que M. Archibald aurait été forcé de la it répudier par le sentiment de justice et de respect qu'il se devait à lui-même.
18 | Nous considérons ane comme certain que le nouveau Lieuteet nant Gouverneur reçut l’ordre de n'’omettre aucun moyen légitime de rétablir la confiance envers le Gouvernement Canadien, et et la bonne harmonie parmi le penple; or, il est évident que cela à n’était possihle qu'en calmant les passions, au lieu de leur four. 18, 4 nir un aliment nouveau, ou, en d’autres termes, que par l'oubli es | du passé, ou l'application des conséquences pratiques de l'Am. ns nistie. C'est la politique qu'adoptèrent les Autorités de Manins 4 toba.
ec 4 Une proclamation fut émanée pour inviter tous les Citoyens els 1 sans distinction ni exception à rentrer dans leurs foyers, avec et- À promesse de protection égale pour tous. Un des ministres de D Us : Son Honneur, celui qui représentait l'élément français dans le oir ; Cabinet Provincial, explicaa publiquement cette proclamation Dé - : dens son sens le plus large comme le plus naturel, assurant la er 4 population française que le nouveau Lieutenant-Gouverneur conue naissait parfaitement les promesses qui avaient été faites à Otta. pu - 1 wa, et qu'aucune de ces promesses ne seraient méconnues ; donc ! que l'Amnistie promise serais : 2spectée.
à Des pétitions, pressant l'arrestation de tel et tel, demandant
vengeance de ceci et de cela, des pétitions du caractère le plus 1 violent furent présentées à 3on Honneur, on oublia les conve. nances jusqu'à verser le fiel de sa haine et de ses vengeances
personnelles, sur les souhaits de bienvenue offerts au représen-
er tant de l'Autorité Supérieure, Le Lieutenant-(Grouverneur fort
ent de sa position, et d'une noble et indépendante liberté, répondit — toujours, et à tous sur le même ton de modération, recommanpa dant l'oubli du passé, la paix et l'union pour l'avenir ; toujours Le" é
Y Amnistie pratique.
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Ilest vrai que l'Honorable M. Archibald a été vilipendé à cause de ses procédés ; mais cet homme éminent a eu ample facilité et maintes raisons de se consoler des injustes attaques, inspirées par la haine et l'ambition. Les réponses faites par M. Archibald aux adresses ou pétitions, furent approuvées, précisément à cause de l'esprit de modération qui les inspii ait et on l'en félicita en Hauts Lieux.
Quelques semaines âprès l'installation du Lieutenant-Gouverneur, un journal de Winnipeg annonça que des warrants avaient été émis par Son Honneur, pour l'arrestation dés chefs de l’Ex- Gouvernement Provisoire. Cette nouvelle causa du malaise jusqu’en Angleterre, d'où l'on télégraphin pour s’enquérir de la vérité et où on ne se montra satisfait que quand on sé fut assuré que le Lieutenant Gouverneur ne s’étais pas écarté de la politique voulue, qui n’était au reste, nous le répétôns, que là conséquence pratique de la promésse et de l’octroi de l’ Amnistie.
Des Magistrats furent choisis et, au grand scandale de certains ‘“Joyaux, ”’ des ‘‘ rebelles” reçurent cette commission de confiance. On cria, on se plaignit, on alla jusqu’à faire des menaces, mais tout fut inutile, la voie était tracée, le devoir forçait à la suivre ; le Gouvernement y marcha constamment, franchissant les barrières qu’on voulait élever sur sa route par l’invocation des troubles passés.
Des nominations honorables furent faites et on fit asseoir au Conseil Législatif l’ancien Vice-Président du Gouvernement Provisoire, un de ceux qui avaient été arrêtés et incarcérés pendant quelques heures au Fort Garry, lors de l’arrivée des troupes.
Sans avoir de données positives sur ce quisuivit, nous avons raison de croire, comme tout le monde le croit, que des mesures furent prises, pour prévenir ou paralyser toutes tentatives d'arrestation ou poursuites légales contre qui que ce soit de ceux qui avaient été concernés dans les difficultées passées, Les officiers de la Couronne dans Manitoba n'auraient pas pu agir comme ils l'ont fait, s’ils n'avaient pas été convaincus que l’Amnistie était accordée, et que la proclamation du Représentant de Sa Majesté, avait de fait, enlevé aux tribunaux toute juridiction relativement aux difficultés politiques et à ce qui s'y attachait natwrellement.
Pendant la première session du dernier parlement de %{anitoba, une motion tendant simplement à provoquer ue enquête sur les difficultés politiques, y compris l'exécution de Scott, fut
amenée devant la Chambre, mais elle fut repoussée et remplacée par un a” endement qui rallia tous les membres dn Gouvernement et la grande inajorité des autres membres de la Chambre, y compris même celui qui avait secondé la motion primitive. En cette circonstance, comme dans plusieurs auvres, la Chambre prouva par son vote qu’elle croyait à l’Amnistie ; et des discours assurèrent à la population que les membres du Cabinet de Manitoba entraient volontiers dans cette idée, et la défendaient .
Pendant la seconde session du premier parlement, les trois branches accentuèrent d'une manière plus positive et plus unanime leur conviction à cet égard.
Il est donc de notoriété publi jue que toute la conduite du gouvernement de Manitoba, à son début, milite dans le sens de l'amnistie, et il est aussi notoire qu'au début, l'application de ce principe était incomparablement plus difficile qu'elle ne l'a été depuis. A tel point que l'action du gouvernement, n'empêchait pas les murmures, les menaces, ni même certains actes de violence de la part de ceux quine trouvaient pas leur compte à cette polisique de conciliation. Des métis français étaient de temps en temps brutalement assaillis, tout comme l’un d'entre eux avait été lâchement assassiné quelques jours après l'arrivée du lieutenent gouverneur. Les chets métis de l’ex-gouvernement provi soire, plus que tous les autres, couraient des dangers de la part ce ceux qui ne prenaient pas même la peine de dissimuler leur naine et leur vengeance. Il n’est pas étonnant que cet état de choses, que le gouvernement regrettait, fit croire au dehors que les métis ainsi vexés s’empresseraient d'accueillir et d'aider des hommes qui se présenteraient en nombre, sous le prétexte devenir les protéger.
On se trompait, les métis regrettaient sans doute les mauvais procédés auxquels ils étaient exposés, mais en même temps ils reconnaiscaieut que si les autorités étaient impuissantes à leur accorder une plus ample protection, elles n'étaient point de connivane avec les enne:nis qu'ils avaient dans la province. Aussi les Tiétis étaient tien loin de vouloir faire cause commune avec: ieurs prétendus smis du dehors. Comme nous allons le démontrer en apportan : à l'appui de notre thèse, une preuve qui à elleseule ferait de l'imnistie une nécessité d'honneur, lors mêmequ’il n’en aurait jana:: été question avant.
Par un aveuglement inqualifiable, des féniens entreprirent laz
conquête de la province de Manitoba. Cette tentative criminelle devient du dernier ridicule quand on connait le chiffre de ceux qui prirent part à cette extravagance, Avant que l'on ne connût la vérité, les rumeurs les plus alarmantes se répandirent dans la province: ‘ Une armée ! des amis ! ! venaient fondre sur elle et toute la population de la province ne pourrait soutenir le premwier choc de ces nombreux bataillons, réunis sous le commandement d'officiers expérimentés, fournis d'armes et de munitions pour toute une campagne régulière."
kRions maintenant de ces sottises et pourtant convenor: qu'on n'en riait pas au commencement d'octobre 1871, et qu'il se fit alors assez de bruit pour expliquer les appréhensions des autorités et du peuple de Manitoba.
Les vengeances particulières et les vexations exercées contre les métis firent craindre qu'ils ne restassent neutres dans le conflit qui semblait imminent,que peut être mème, ils ne fussent tentés de se joindre aux assaillants, et c'est bien ce sur quoi ces derniers avaient compté quoiqu’à tort,
11 n’y eut plus alors qu’une voix dans Winnipeg. ‘Que Riel vienne maintenant, qu'il montre sa loyauté, que les métis s’arment et nous oublierons le passé. ’’
Ces dernières paroles, qui avaient été le mot d'ordre du gouvernement, devenaient par suite du danger, le cri de ralliement des ennemis de ce pauvre peuple qu’on a tant méprisé, et nul doute que ces dispositions se seraient maintenues si la crainte qui les inspirait ne s'était pas sitôt diseipée. Quelque peu fondées que fussent les craintes, elles n’en étaient pas moins réelles, et il incombait aux autorités de protéger par tous les moyens possibles l’intégrité de l'empire menacée dans la petite et faible province de Manitoba. 1l ne fallait rien moins que l’action unanime de tous les citoyens pour se trouver à la hauteur de la diffculté rrévue.
Nous ‘{onnons ces explications pour faire comprendre dans le sens de l’amnistie, la portée des documents suivants; srr lesquels nous attirons respectueusement l'attention de tous les canadiens qui ont à cœur l'honneur de leur pays et l'honneur des autorités qui les gouvernent.
Hôtei du Gouvernement, 5 octobre 1871.
Révérend Monsieur, Votre note vient de m’être remise, Vous parlez des difficultés qui pourraient empêcher l'action de M. Riel en venant de l’avant, pour se
servir de son influence avec ses concitoyens, pour rallier à la défense de la Conronne dans l'éventualité actuelle,
Dans le cas où M. Riel viendrait de l'avant, ainsi qu’il est suggéré, il ne doit nullement appréhender que sa liberté puisse être entravée de quelque manière que ce soit, pour me servif de votre propre expression pour la circonstance actuelle.
11 m'est à peine nécessaire d’ajouter que la coopération des métis français et de leurs chefs, pour la défense de la Couronne, dans les éventualités a>tuelles, sera très-heureuse, et ne pourra être envisagée autrement qne comme leur donnant droit à Ja plus favorable considération.
Laissez-moi ajouter qu'en vous donnant cette assurance avec promptitude, je sens que j'ai droit de rencontrer les mêmes dispositione.
Plus les métis français seront prompts à prendre l'attitude en question, plus elle aura bonne grâce et plus son influence sera favorable.
J'ai l'honneur d'être Révérend Monsieur Vraiment votre,
[Signé] A.G, ARCHIBALD, Lieut.-Gouverneur.
Rev. M. Rircnor, St, Norbert. 9
Tout le monde comprendra la portée de cette lettre dont nous avons l'original sous les yeux. Nous l’accompagnerons néanmoins des quelques réflexiens suivantes, qui ne sont presque que la répétition du texte même du document.
On croit ‘l'action de M. Riel” nécessaire et on l’a demandée non-seulement par une proclamation générale, mais encore dans des relations privées avec le Rév. M. Ritchot. Celui-ci signale “les difficultés qui pourraient empêcher l’action de M. Riel, en venant de l’avant pour se servir de son influence avec ses concitoyens pour rallier à la défense de la couronne.” Le gouverneur répond : ‘‘ Dans le cas où M. Riel viendrait de l'avant, ainsi qu'il est suggéré, il ne doit nullement appréhender que sa liberté puisse être entravée de quelque manière que ce soit.”
L'intermédiaire entre le gouverneur et M. Riel, ayant poussé la générosité jusqu'aux dernières limites possibles, en ne demandant qu’une protection momentanée, le gouverneur ajoute comme par ironie. ‘ pour me servir de votre expression, pour la cireonstince actuelle.’ Mais Le Dépositaire de l'autorité dans Manitoba,
ii:
comprenant toute l'inconvenance d'une pareille restriction, ajoute : ‘ Il m'est à peine nécessaire d'ajouter que la coopération des métis-français et de leurs chef pour la défense de la couronne dans les éventualités présentes sera très bienvenus et ne pourra être envisagée autrement que comme leur donnant droit à la plus favorable considération." Cette lettre est écrite au Fort Garry le 5 octobre, transmise à M. Ritchot à St. Norbert, puis communiquée à M. Riel mandé à cette fin de St. Vital. Ce dernier varcourt les paroisses des métis-françuis et, dans la nuit du 7, écrit au Lieutenant-Gouverneur une lettre que nous n'avons jamais vue, mais qui provoqua la réponse suivante :
Hôtel du Gouvernement, Fort Garrÿ, 8 octobre 1871. Messieurs,
J'ai ordre de Son Excellence, le Lieutenant-Gouverneur d'accuser réception de votre note de ce matin, assurant Son Exvellence de la cordiale réponse des métis à l'appel qui leur est fait dans la proclamation de Son Excellence.
Vous pouvez dire au peuple au nom duquel vous écrivez: que Son Excellence reçoit avec grand plaisir les assurances, qu’E!le avait anticipées dans ses communications avec le Rév, Père Ritchot, et dont votre lettre lui fait part, et qu'Elle profitera de l’occasion la plus prochaine pour transmettre à Son Exeellence Le Gouverneur-Général, cette prouve évidente de la loyauté et bonne foi des métis de Manitoba
Sen Excellence serait bien aise de recevoir le plus tôt possible une liste des noms des personnes de chaque paroisse qui désirent s’enrôler pour le service actif dane cette circonstance.
Son Excellence comptera :1r leur promptitude à venir en avant au moment qu’il leur sera notifié,
J'ai l'honneur d'être, Messieurs, Votre obéissant ser viteur, (Signé) W. Mg. BucHanan.
Agissant comme secrétaire Privé, A. M. M. L. Riel, A. D. Lépine, Pierre Paranteau.
On le voit, c’est l'autorité même qui commnrique directement et officiellement avec messieurs Riel, Lépine et Paranteau, accuse récéption d’une note par laquelle ces messieurs assurent Son Excellence de la cordiale réponse des métis à l'appel qui leur avait été fait, les autorise à dire au peuple que Son Excellence #çoit avec grand plaisir 4 ‘es assurances dont leur lettre lui fait part, promettant en retour de profiter de la plus prochaine occasion our transmettre au Gouverneur- “fénéral cette preuve évidente de la loyauté des métis de Manitoba.
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Le Lieutenant-Gouverneur va plus loin et exprime le désir que ceux
auquels il s'adresse veuille bien lui fournir la liste des personnos qui désirent s'enrôler pour le service actif.
Puis, comme tout ceci n’est point une affaire de forme, mais de la réalité la plus positive, messieurs Riel, Lépine et Paranteau appellent sous les armes, les hommes qu’ils ont recrutés parmi leur compatriotes et l'après-midi d'1 même jour 8 octobre le Lieutenant-Gouverneur inspecte une vroupe vraiment d'élite qui est rangé sous le commaadement de M. Riel.
Le lendemain, cinquante’ cavaliers métis sont envoyés comme éclaireurs vers un point Sud-Ouest de la Province, que l'on disait le rendez-vous de phalanges Féniennes et ce n'est qu'au retour de ces éclaireurs que toutes les craintes se sont dissipées.
Une seconde proclamation du Lieutenant-Gouverneur donna l’histoire officielle et diplomatique Au fiasco fénien. Nous lui em pruntons textuellement les passages suivants:
‘“ Au peuple de la Province de Manitoba,
Au nom de la eine, je vous remercie tous et chacur en particulier de la promptitude et de l'ardeur avec lesquels vous avez volé à la défense du pays, du moment que la Proclamation de Sa Majesté vous y na appelés …....... soon co o ce à SU bios bio ste es dé eee te. dédoso cd
J'avais raison de croire que |’ suviblane bâsait toute l'espérance de son succès sur le fait que nos divisions intestines lui jetteraient entre les hras une purtie de la population sos sus... l'un des chefs de la bande l'avait même assuré à 8eS COMPASNONS . ., eo nooovvoen sonores noter ensure rose cos
“ Les événements de ces jonrs derniers ont donné le plus éclatant démenti à cette calomnie, Notre population toute entière a pris aujourd’hui une attitude qui est loin d'encourager ces pillards sans foi ni loi.
Jeudi [5 octobre], les rapports reçus de la frontière, nous apprirent à coup sûr que l'invasion était imminente, et le lendemain ordre fut donné à un corps de troupes de partir pour la frontière.
Le Major Irvine forma ce corps du gros des compagnies stationnées au Fort, de deux compagnies levées à Winnipeg sous les capiaines Mulvey et Kennedy et d'une compagnie de Canadiens et Métis-Français sous le capitaine de Plainval.
...... Peudant ce temps-là, lés paroisses françaises complétaient les arrangements, que l’on m'avait assuré en voie de se faire. Dans l'après midi du 8 courant, ,.......... un grand nombre de Métis-Français s'étaient réunis sur larive droite de la Rivière-Rouge et désiraient m’assurer personnellement de leur loyauté et m'offrir leurs services
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pour défendre le pays. Je m'y transportai sur le champ, accompagné du capitaine McDonald, commaadant le Fort-Garry en l’absence du Major Irvine. Je trouvai réunis sur la côte deux cents Métis-Frauçais de l'apparence le plus respectable ; cinquante d’entr’eux étaient à cheval et nombre d’autres avaient leurs armes.
vossve ones ses TOUS 8e ralliaient à la défense de la couronne, et étaient prêts à faire leur devoir de loyaux sujets en repoussant toute invasion qui pourrait aujourd’hui ou plus tard être complotée contre le pays. Je remerciai rordialement la mation de l'assurance que je recevais en son nom, et dis que je ferais certainement connsitre cette manifestation de ses sentimzz ui, à Son Excellence le Goaverneur-Général,
S'il s'est trouvé dans cctte assemblée, et je crois le fait, quelques personnes dont la position exceptionnelle a pu porter O’Donoghue à espérer la coopération ,la présence de ces personnes n’a fait que donner un caractère plus éclatant à la démonstration et en'ever le dernior espoir anx mécriants qui ont envahi le pays d’être aidés ou de recevoir aucune sympathie quelconque de qui que ce soit de notre population.
Soyez sûrs que je veillerai à votre sûreté, si le danger revient, je vous ferai un nouvel appel et vous y répondrez enccre en hommes de cœur, pleins de loyauté et de patriotisme.
La Reine met sa confiance dans la fidélité de son peuple de cette Province quelle que soit l’origine des individus.
[Signé] ADAMS G. ARCHIBALD, Lieutenant-Gouverneur, ”
Si les fables ont une morale, à coup sûr les réalités doivent . aussi avoir la leur, et la morale ou enseignement de ce qui précède ne doit échapper à personre.
Quel encouragement trouverait le dévouement convié à la “défense de la couronne ”” si ce dévouement {n'était que ie che min de l’exil ou l'entrée au eachoë ?..... Nous n'hésitons pas à dire que l'appel officiel priant les chefs métis de faire de leurs poitrines et de lsurs vies un rempart pour la sureté publique, que l'acceptation de leurs services sous les drapeaux, l'inspection par les autorités civiles et militaires des troupes sous leurs ordres, tont cela constitue une telle obligation d'amnistier qu’il serait difficile de qualifier ia conduite d'un gouvernement qui reculerait devant cette nécessité, L'honneur est un sentiment trop caractérisque des races qui forment la population de la Confédcration canadienne pour que ses habitants puissent consentir à en répudier les impérieuses obligations.
Qu'on ne nous fasse pas l'objection que le lieutet-nangouver- neu* n'a proine protection que pour la ‘circonstance ac: tuelle, ’
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Quand quelqu'un menacé d'un danger imminent appelle au secours et co” jure qu'on vienne le protéger at le def-ndre, promettant protection et liberté,pendant ‘‘ la circonstance actuelle’ cela ne peut pas vouloir dire qu’une fois le danger passé il prendra ou laissera prendre par les siens ceux dont il a imploré l’assistunce.
M. Archibald, dit-an, ue pouvait pas engager plus que sa responsabilité personnelle! Pour notre part, nous croyons à l’axiôme que ‘ dans un danger immiuent le mremier présent a l’autorité du premier absent. ?’
Quand un vaisseau menace de sombrer, en l'absence du capitaine et du second, le lieutenant qui reste à bord a le droit non seulement de commander la manœuvre, de faire plunger dans l’abime ceux qui peuvent porter secours, il a même le droit d'encourager par des p'omesses tout le monde à taire noblement son devoir, et ces promesses lient ceux qu'il représente.
Si un régiment est attaqué à l’improviste par l'ennemi en l’absence du général et du colonel, c'est au premier officier du ;service de veill « à 14 sûreté de ceux qui lui sont confiés. Et quand dans l'imposikilité de recourir aux quartiers-généraux, il & réussi à sauver ceux qui l:”: etaient scumis, bien sûr, personne ne lui reprochera son intrépidité, etses chefs ne sauraient laisser maltraiter ceux qui l’ont aidé à sauver la troupe soumise à ses ordres.
Une province de la Confédération est menacée par des envahisseurs ; le lieutenant-gouverneur ne peut pas recourir au gouvéerneur-géñéral, encore moins aux autorités impériales ; il prend toutes les mésures que la prudénce et le bon sens lui indiquent ; réussit parfaitement à conjurer les malheurs que la promntitude seule de son aëtion peut écarter.
Dira-on qu'il a eu tort? Les autorités fédérales et impériales répudieront-elles les obligations d'honneur que leur lieutenant a contractées ?
Estil possible de soupçonñer qu'il y aur& hésitation dans l'exercice de la prérogative royale de pardonner quand iln’y a pas eu hésitation à mettre sa vieau service de la couronne. Des enfants jouxr.c aux grands hommes comprendraient tout ceci et ne manqueraient pas aux obligations du rôlà.
Si après tout cela, on demande eommént il se fait que les autorités n’aiént pas lancé uñe nouvelle proclamation d’amnistie : la chose est bien simple et bien naturelle, c'ést que: l’amnistie
At
était en réalité accordée comm: nous l'avons démontré plus haut. Le silence des autorités impériales, fédérales, provinciales, à la suite des événements d'octobre 1871 à Manitoba, prouve évidemment que ces mêmes autorités eroyaient suffisante : 4 procla. mation d'amnistte déjà faite.
Aussi les autorités supérieures gardèrent le silknce et le gouueraement de Manitoba continua tranquillement à tirer les conséquences pratiques de l'octroi de l’amnistie.
Pourquoi faut-il que les choses aient changé depuis ? Au mois
de Décembre 1872 une parole maladroite et injuste tomba de si
haut qu'elle eut un retentissoment, que ne voulait certainement pas celui qui l’avait prononcée.
Quelques mois plus tard la mort moissonna l'homme d'Etat qui avait pris le plus de part au réglement des difficuités du Nord-Ouest. Les ennemis des métis crurent que les assurances qui avaient été données seraient peut-être enfermées dans la tombe de celui, qui, plus que tout autre, était tenu de les protéger.
A peine les journaux,décrivant les pompes funèbres qui avaient été déployées aux fuaérailles de Sir George E. Cartier étaient ils. rendus à Manitoba, qu'une politique nouvelle fut inau: gurée dans la Province. Dès le ler juillet on adopta une mesure qui ne serait aue ridicule si elle n’avait pis été pour quelques-uns le signal d’une déplorable attitude vis-à-vis c'une population inoffensive.
Les organes de la violence publièrent hautement, en attribuant à d’autres ce qu’ils avaient dans le cœur eux-mêmes, que ‘la. guerre de race était recommencée.”” On profita du fait d'un homme ivre à L'Auberge: House, pour raviver des haines et un esprit de vengeance qui ne tarda pas à produire son effet. L'élection de Sir George %. Cartier comme membre pour Provencher, avait excité des dépits et causé des dé sappointements, on voulut s'en venger en choisissant la semaine anniversaire de cette élection pour lancer des mandats d’arrestation contre MM. Riel et Lépine qui avaient puissamment contribué à en obtenir le succès.
Dans sa lettre à MM. Riel, Lépine et Paranteau, ainsi que dan s sa proclamation au peuple de ï Provioce de Manitoba, le Lieute.
nant Gouverneur de cette Province promet de faire connaître à.
Son Excellence le Gouv. Géuéral ‘la coopération des métis francais etde.leurs chefs dans un acte qui ieur donne droit à la plus favorables considération."
: Lio
Se
L'hono able M. Archibald n'a certainement pas manqué à une
“obligation si solenaellement contractée: d’ua autre côté, Lord
‘Lisgard n'a pas pu enfouir daas ses tiroirs les plus secrets cette
preuve éclatante ‘‘de loyauté et de patriotisme.’ Done, la chose
a du nécessai ement être ortée en Angleterre, et nous sommes trop assuré de la clémence et de la générosité de notre bien-aimée souveraine pour croire qu'elle se serait refuséo aux conséquences naturelles de l'acte de sen représentant.
Si une nouvelle déclaration d'amnistie avait été nécessaire,
‘l'hon. M. Archibald l'aurait sollicitée à son arrivée à Ottawa, et
s’il n'avait pas réussi dans ln capitale fédérale, ayant de suite oc-
-casiou de p1-ser en Angleterre, il l’aurait portée au pied du trô-
ne, et nous n’hésitons pas à dire qu’il était tenu en honneur,
‘d'aller jusque là ; et s'il échouait dans toutes ses tentatives, il ne ‘lui restait plus qu'à dégager sa responsabilité vis à-vis des inté-
ressés en faisant connaître l'inutilité de ses efforts. Mais non, rien de tout cel n’était nécessaire, puisque l’on consiaérait l’amnistie comme donnée depuis longtemps.
La première pierre n’est pas toujours lancée par ceux qui sont sans péché, aussi les poursuites furent intentées par un des employés du gouvernement canadien, pour me servir du langage officiel, qui s'était armé, illégalement, qui avait pris part à des démarches si extraordinaires et si sondamnables, que le Gouverneur Général et son conseil ne purent dissimuler le poid de la responsabilité encourue; un de ceux qui, d’après le comte Granville, ‘font cert inement augmenté la responsabilité du Gouvernement Canadien.”
M. Farmer qui avait fait une dénonciation sous serment fut forcé de déclarer aussi sous serment qu’il ne savait rien personnellemant sur le plus important desavancés faits par lui-même. Cela n’empêcha pas qu'il fut choisi comme grand juré et il fit encore serment ‘de se prononcer avec impartialité dans la cause de ceux dont il était l’accusateur et c'est en vertu du verdict de pareils jurés que
des procès criminels se continuent, que des arrestations se pour.
suivent et que pour ies éviter, des citoyens sont obligés de chercher refuge sur la terre étrangère.
Le public devra savoir plus tard à qui la Province est redeva. ble de l’agitatiou qui lui a été imposée, et quelles en ont été les conséquences ici ot à Ottawa. Il sera facile de constater qui a donné la première impulsion, qui a contribué dans une plus ou moins grande proportion à cette violation des promesses les plus
(Be
solenuelles, gardées pendant plus de trois ans après qu'eiles avaient été faites. Ce travail sera entrepris par la suite,
Nous devons aujourd’hui finir. celui que nous avons commencé sur l'amnistie.