CHAPITRE I
l'homme dans le canal
La mère de Textraordinaire Jan Willem Corn, fut une Mexicaine à la peau ambrée, belle en sa jeunesse non moins que durant toute sa vie, car elle mourut à vingt-cinq ans, brusquement phtisique, en un hôpital d'Amsterdam.
Des vicissitudes fort prolixes l'avaient jetée, par delà les mers, de sa patrie ensoleillée jusque sur la pâle et brumeuse Hollande.
Dans la ville aux nombreux canaux, elle dormait le jour et roulait, à la nuit, un corps parfait, prostitué aux gens du port et des docks, mais dont Tâme était celle d'une insoucieuse oiselle*
Une fois, sur la Ruyterskade, Hendrik Corn, marinier, né natif de Scheveningue, rayant abordée à la brune, Temmena vers son logis de travailleur dans une quotidienne aisance : la chambre était bien close, une flamme drue ronflait dans le poêle, et la marmite répandait, en tourbillons gras, un confortable arôme de soupe à la morue.
Il garda sa rencontrée le lendemain, et le surlendemain, encore une semaine, encore un mois, toujours. Les lèvres et la chair de la fille des tropiques lui semblaient un vin doux comme il n'en avait jamais goûté de pareil et des horizons insoupçonnés de joie se découvrirent en lui. Elle, aimait sa face joviale et fruste, le Nord mélancolique de son regard tendre et bleu, plus doucement confiante, de jour en jour, dans la forte carrure et les dures mains robustes qui lui apparaissaient comme un rempart contre la vie.
D'eux naquit Jan Willem Corn.
La Mexicaine berça son enfance dans le souvenir tiède des splendeurs de ce qu'elle appelait : « l'autre côté de la Terre ». Elle lui parlait de l'éternel printemps aux lau-