‹ L'amour au dix-huitième siècleChapitre 10 sur 31 · Correspondance secrète, vol. VIII · texte numérisé non relu

Correspondance secrète, vol. VIII

chansons badines à la Boufflers courant le monde à la fin du siècle ^.

Puis^ pour achever de lui enlever le préjugé de ces misérables délicatesses, la philosophie venait : entraînée à quelque souper de comédienne fameuse, à la table d'une Quinault. dans la débauche de paroles de Duclos et de Saint-Lambert, au milieu des paradoxes grisés par le Champagne, dans la belle ivresse de l'esprit et de l'éloquence^ la femme entendait dire de la pudeur : « Belle vertu! qu'on attache sur soi avec des épingles

C'Vj-r ainsi que peu à feu. d'âge en à^re. la facilité des approches, les spectacles donnés aux sens, l'irrespect de l'homme, les corruptions de la société et du mariage, les enseignements, les systèmes de pure nature, attaquaient et déchiraient chej^ la femme Jusqu'aux derniers restes de cette innocence qui est. dans la Jeune fille, la candeur de la chasteté, dans l'épouse, la pureté de l'honneur. Aussi le Jour où l'amour se présentait à sa pensée, la femme ne trouvait pas peur repousser cette pensée de force personnelle; elle appelait vainement, contre la tentation de ce mot et de ses images, la

défense^ la révolte de sa pudeur physique. Et bientôt, dans cet intérieur que désertait le mari, quel effort ne lui fallait-il pas pour garder ce qu'elle croyait avoir encore de pudeur morale, devant tant d'exemples publics d^impudeur sociale, devant tant de ménages auxquels l'amour ou l'habitude servait de contrat, tant de liaisons reconnues, consacrées par Vopinion publique : M'"^ Belot et le président de Meinières ^ Hénault et Al""^ du Deffand. d'Alembert et Af' de Lespinasse . AI""^ de Alarchais et AI. d'Angivilliers, etc.. — jusqu'à /W'»« Lecomte et Watelet que per-

sonne ne s'étonnait de trouver ensemble chei la rigide AI'"^ Necker ^ /

Facilités, séductions^ mœurs, habitudes^ modes . tout conspire donc contre la femme. Tout ce qu'elle touche^, tout ce qu'elle rencontre et tout ce qu'elle voit^ apporte à sa -4h volonté la faiblesse, à son imagination le trouble et l'amollissement.

De tous côtés se lève autour d'elle la tentation, non-seulement la tentation grossière et matérielle, touchant à la paix de ses sens, irritant les appétits de sa fantaisie et les curiosités de son caprice, mais encore

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