ACTE PREMIER
GABRIELLE
Charmant homme !
EMMA
Celui que nous aimons toutes... Je rencontrais parlois à cette époque un échappé de collège, gentil au possihle, Charles Méran... Il ne s'occupait pas de moi. Grand Dieu, non!... Il n'v songeait guère... lorsqu'un beau matin, il voit débarquer chez lui deux témoins du capitaine, auquel j'avais eu l'aplomb de raconter une fable dans laquelle le petit Méran se conduisait envers moi d'une façon assez entreprenante... Je voulais inquiéter mon officier, sans prévoir le moins de monde qu'il partirait en guerre.
EL Charles ?
EMMA
11 écoute les témoins sans broncher... N'essaye pas dédire que je suis une vilaine... blagueuse..., admet tout, se bat comme un lion... attrape un coup d'épée qui le cloue au lit pour six semaines... Il y était encore que le capitaine ne me connaissait déjà plus.
GABRIELLE
Il ne t'en a pas voulu ?
EMMA
Méran?... Oh! ma chère!... Il trouvait son action toute simple. Prenant la femme au sérieux comme
Chérubin... n'ayant pas l'air de me croire son obligée... La gentillesse et la discrétion mêmes '.
GABBIELLE
La dis ré lion"?
EMMA
Sous tous les rapports.
GABBIELLE
Tuus? Réellement?
EMMA
Oui, car il n'ignorait pas combien ma reconnaissance était vive... Vois- lu, Gabrielle, l'homme qui nous
respecte ne nous devient jamais indifférent. Quelquefois unie déteste, le plus souvent on lui est acquise... C'est ce qui arrive pour Méran, il peut compter sur moi en toute circonstance, et il n'en doute pas.
i.ABIUELLE
Autre preuve de sa délicatesse, c'est qu'au dernier degré de la misère, nous sachant*, toi et moi, prêtas à la pitié, il ait préféré se tuer.
EMMA
V penses-tu!... Accepter l'aide matérielle d'une femme !
GARMBLLE
l'ace à face avec la mort, il y en a tant qui faibliraient. Moi, je l'admire.