SCÈNE III
GABRIELLE, EMMA
A peine seules, les deux femmes se jettent dans les bras l'une de l'autre.
emma, tenant embrassée son amie.
Six semaines, vilaine paresseuse, six grandes
semaines sans donner signe de vie !
GARRIELLE
Tu n'as pas reçu mes lettres ?
EMMA
Ah ! parlons-en ! Vingt lignes sèches, guindées, effrontément banales. J'ai offert de venir, tu as fait la
sourde oreille ! Avant-hier seulement, lu as jugé bon Je m'indiquer le jour de ton mariage, si bien que je suis arrivée ce matin pour la messe.
J'ai fait exprès ! Si je t'avais permis de venir, tu aurais compati aux misères de Charles.
EMMA
Comment ! ton mensonge dure encore?
GABBIELLE
Oui!
EMMA
Mais c'est barbare !...
GABRIELLE
Aussi n'ai-je pas voulu t'indigner pendant un mois!...
EMMA
Gabrielle, je t'ai toujours connue originale et emportée, mais bonne au fond... Qu'es-tu devenue?... Celle qui exploite jusqu'au déshonneur l'amour d'un homme, observe son désespoir en curieuse, et froidement prolonge l'expérience pendant des semaines, celle-là n'a pas de cœur ! . . .
GABRIELLE
Si je n'en ai pas, qu'est-ce alors qui me persécute, me brûle, m'étouffe, ne m accorde la paix ni jour ni nuit?... Est-ce pour rn'amuser que je pleure des jour-