ACTE TROISIÈME
toute conliance, toute union impossible ! Notre amour! Ah! ouiche!... Du rouge, du bleu, des costumes, des tréteaux, des mots fabriqués plus grands que nature... Un vaudeville avec l'idéal pour souffleur !... Pourtant, ce qui me brise le cœur, c'est bien réel !.. . {Elle se retourne et voit Charles qui pleure aussi la tête baissée.) Et vous?... Est-ce aussi du convenu, de l'artificiel, qui vous rend si triste?... N'y a-t-il pas une source commune à nos larmes ?... (Elle se jette à son cou et le serre contre sa poitrine .) Tout simplement, je suis une femme qui trouve une grande douceur à vous tenir ainsi. Et si je n'étais pas un peu compliquée, Charles, je ne serais pas une femme que vous puissiez aimer.
charles l'embrasse longuement, puis étudie son visage. Tu m'adores follement !... Assez pour oublier?
gabrielle, se serrant contre lui.
Je suis à toi... mon premier, mon dernier maître ! charles, approchant son visage du sien.
.Mets tes yeux contre les miens! Que je sois seul à m'y refléter...
GABRIELLE
Tu n'y rencontreras plus de mensonges !... charles, V observant avec plus d'insistance.
Enfin ! je m'y vois en héros, tel que tu m'as rêvé et poursuivi !
102 LAMOUIl BRODE
gabrielle, souriant.
Un miroir pareil n'est-il pas précieux?
CHARLES
Il y a une heure, ma figure y était lamentable... Dans une heure qu'y sera-t-clle ? A présent j'y triomphe !... Cher et capricieux miroir !...
Regarde bien!. . [Il la regarde avec angoisse.) Surtout n'aie pas la tentation de le briser sur ta belle image, comme on brise le verre où a bu le Roi !...
CHARLES
Non ! pas le miroir! Qu'il conserve ma belle image ! (Il porte rapidement le revolver à son cœur et tire. Gabrielle s'arrache de lui avec un cri de terreur. Il tombe la face contre terre.)