‹ L'amour criminelChapitre 27 sur 33 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

— Puis, d’une façon très polie,

Vous tirâtes sur la poulie?

— C’est pas vrai !

— De peur que Gouffé ne vous morde, Vous avez fait ça sur la corde?

- — C’est pas vrai !

Gabrielle, elle, est innocente ;

En esprit, elle était absente ?

— C’est pas vrai !

Elle ment, la sale vipère ;

C’est ell’ qu’a mis la cordelière .

— C’est pas vrai !

— Pour lui serrer la margoulette ,

Elle a tiré sur la roulette.

— C’est pas vrai !

— De peur que l’huissier ne se sauve, Elle l’a pendu dans l’alcôve.

— C’est pas vrai !

— Mais moi, je ne suis pas coupable.

Car d’un crim’ je suis incapable.

— C’est pas vrai !

— Vous entendez Eyraud, ma chère?

C’est vous qui mît’s la cordelière.

— C’est pas vrai !

— Pour lui serrer la margoulette, Vous tirâtes sur la roulette ?

— C’est pas vrai !

— De peur que Gouffé ne se sauve, Vous l’avez pendu dans l’alcôve ?

— C’est pas vrai !

— Mais Eyraud, lui, n’est pas coupable ;

Car d’un crime il est incapable?

— C’est pas vrai !

Bref, à ce que dit sa complice,

Eyraud répond plein de malice :

— C’est pas vrai !

Gabrielle, quand Eyraud l’accuse,

Réplique : — Erreur, pardon, excuse,

— C’est pas vrai !

Dans la chambre où on les trimballe.

Chacun d’eux se renvoie la balle,

— C’est pas vrai !

Et le juge, par cette frime,

Croit reconstituer le crime,

— C’est pas vrai !

Jules Jouy.

Le drame d’amour se termina, d’ailleurs, dans la plus navrante banalité.

Il y eut rarement en cour d’assises des débats moins sensationnels. Il ne se produisit qu’un incident annoncé comme curieux et qui ne fut que long, la grande dispute des savants sur l’hypnotisme.

On vit un professeur de droit, à la Faculté de Nancy, magnétiseur à ses heures, venir combattre les théories des médecins aliénistes, qui avaient déclaré Gabrielle responsable. Pour lui, « le petit démon » n’était qu’un automate entre les mains d’Eyraud.

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