‹ L'amour dans la Divine ComédieChapitre 13 sur 33 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

Telle serait la double origine de la partie sublime et religieuse et de la partie terrestre et politique de son poème de la Divine Comédie.

Ajoutez à cela un mélange indéfinissable de passions mystiques et de passions personnelles, de découragement et d'enthousiasme, de souvenirs glorieux et de sombres prévisions, tout cela dicté par une sensibilité exaltée et maladive, un orgueil superbe, et des élans tantôt de pitié sincère et d'une sorte de cruauté satisfaite.

Dante Alighieri est né à Florence, en 1265, d'une famille qui faisait remonter assez loin son origine, mais ne possédait qu'une fortune médiocre. Son éducation fut des plus soignées.

En 1274f, il avait alors neuf ans, il rencontra, dans une fête privée où son père l'avait amené, une enfant de huit ans, du nom de Béatrice Portinari, dont son imagination et son cœur précoces furent si vivement frappés qu'il lui adressa le jour même ses premiers vers, et que son image ne put désormais se détacher de lui.

Il ne la revit que neuf ans après, en 1283. Elle était devenue une jeune fille. Il la rencontra dans la rue, en compagnie de deux dames, et lui adressa un salut auquel elle répondit gracieusement. Envahi d'une émotion profonde, il rentra chez lui ; puis, saisi d'un sommeil invincible, il eut une vision et, aussitôt réveillé, il écrivit un sonnet où il dépeignait son rêve. Depuis lors, il ne parait avoir eu avec elle que des rapports de société.

Béatrice se maria peu de temps après, et mourut en i290.

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