‹ L'amour dans la poésie françaiseChapitre 22 sur 74 · LE LENDEMAIN · texte numérisé non relu

LE LENDEMAIN

Tu Tas connu, ma chère -Eléonore, Ce doux plaisir, ce péché si charmant Que tu craignois, même en le désirant : En le goûtant, tu le craignois encore.

Eh bien, dis-moi: qu'a-t-il donc d'effrayant? Que laisse-t-il après lui clans ton âme? Un léger trouble, un tendre souvenir, L'étonnement de sa nouvelle flâme.

Un doux regret, et sur-tout un désir.

Déjà la rose au lis de ton visage

Mêle ses brillantes couleurs ; Dans tes beaux yeux, à la pudeur sauvage, Succèdent les molles langueurs, Qui de nos plaisirs enchanteurs Sont à la fois la suite et le présage. Déjà ton sein doucement agité.

Avec moins de timidité Pousse cette gaze légère Qu'arrangea la main d'une mère, Et que la main du tendre amour Moins discrète et plus familière Saura déranger à son tour.

Une agréable rêverie,

Remplace enfin cet enjoûment, Cette piquante étourderie, Qui désespéroient ton amant ; Et ton âme plus attendrie S'abandonne nonchalamment Au délicieux sentiment D'une douce mélancolie.

Ah ! laissons nos tristes censeurs Traiter de crime abominable Ce contrepoids de nos douleurs Ce plaisir pur, dont un Dieu favorable Mit le germe dans tous les cœurs, Ne crois pas à leur imposture ; Leur zèle barbare et jaloux Fait un outrage à la nature ; Non, le crime n'est pas si doux.

(Poésies Erotiques.) Parnv.

On pourrait citer maintes autres poésies, parmi les nombreuses poésies galantes de Parxy (1753-1814), aussi intéressantes que celle-ci, dont le principal mérite est d'être à l'extrême limite où la grivoiserie commencerait et de rester, néanmoins, avec discrétion, fort piquante.

Nous bornerons là les exemples de cette poésie contrainte et monotone qui abonde dans les recueils des Dorât, Gentil- Bernard, Boufflers, etc.

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