‹ L'amour en partie double C.e d'AmezeuilChapitre 14 sur 15 · LA SŒUR DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

LA SŒUR DE CHARITÉ

Dernièrement, un bataillon de chasseurs à pied rentrait à Paris, de retour de l’expédition de Rome, et la foule partout s’arrêtait curieusement sur son passage, et saluait avec admiration et l'espect.

Et ce n’était pas seulement aux restes mutilés du bataillon, au drapeau mis en lambeau par les balles, que s’adressaient toutes les marques de sympathies qui accueillaient nos braves soldats , c’est qu’en tète du bataillon marchait péniblement, appuyée sur un bâton, une belle et noble créature, revêtue de l’humble costume de sœur de la charité, et que sur sa poitrine, à côté de l’ordre de Grégoire le Grand, brillait l’étoile des braves.

Cette noble et sainte fille, mise à l’ordre du jour par le général de Failly, et décorée deux fois sous le feu de l’eimemi, avait été grièvement blessée à lu jambe, à

L’AMOUR EN PARTIE DOUBLE

l’affaire de Mentana, et l’amputation jugée nécessaire avait du être pratiquée d’urgeuce.

La douleur, à cette nouvelle, avait été générale dans toute l’armée, car la bonne sœur, comme on l’appelait, était adorée des chefs tout aussi bien que des soldats, et sa présence était eu quelque sorte, considérée comme un gage de victoire pour nos troupes.

On aimait à la voir traverser le camp, pâle et silencieuse, semblable à la blonde vision de la ballade allemande, et il n’était personne qui ne respectât cette noble et sainte créature, bonne et affectueuse pour tous, et à laquelle sa seule vertu servait de sauvegarde.

Malgré sa jambe de bois, la bontie sœur, remise de sa blessure, avait voulu rester à son poste, et il avait fallu l’évacuation de notre armée, pour la décider à rentrer en France.

Je me trouvais précisément dems la rue du Bac, au moment où le bataillon y passait pour se rendre à la caserne de la rue de Babylone, et au premier coup d’œil jeté sur la sœur, je la reconnus sur-le-champ, malgré la pâleur de son visage, et l’air de souffrance répandu sur tous ses traits : elle s’appelait sœur Marie de la Conception 1

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