SCÈNE XV
LE MARQUIS, HENRI, BERTHE *
LE MARQUIS, au fond à part.
Je crois que cette fois ils ne sont plus en train de jouer au corbillon.
HENRI
C’est vous, monsieur le marquis?
LE MARQUIS
Hélas! mon jeune ami, je viens vous annoncer que j’ai
* B«rthe, Henri.
* Le M«n|uU, Henri, Berüie.
l’amour est un enfant
exécuté les ordres de la baronne, voire tuteur et votre précepteur sont en bas et vous attendent dans le carosse.
HENRI
Pour m’emmener au fond du Dauphiné, dans le château de nos pères!... manoir golliique, perché en haut d’une colline au milieu des trembles et des châtaigniers, avec des barbacanncsdu temps de la Ligue, et des grenouilles dans les fossés!... merci... Je me glorifiedece séjour féodal, maisje veux m’en priver.
LE MARQUIS
Cependant, ces messieurs, m’ont prié de vous engager à descendre. '
HENRI
El cela vous arrange! Vous auriez la chance de rester avec . madame.
LE MARQUIS
Pour lui tenir compagnie.
HENRI
Oui, je sais comment vous lui tenez compagnie.
LE MARQUIS
Vicomte!
Marquis!... Nous avons un compte à régler ensemble.
LE MARQUIS
Que veut dire cela?
HENRI
Cela veut dire que je n’admets pas vos théories de grand ton qui obligent les maris à être indifférents à l’égard des femmes... que loin de là, j’aime, j’adore, j’idolâtre la mienne... et qu’attendu certaines libertés que vous avez prises avec madame la vicomtesse de Presse... Il va falloir d’abord m’en rendre raison...
BERTHE
Henri ! mon ami !
LE MARQUIS
Une provocation? J’ai fait la guerre en Allemagne sous le maréchal d’Estrées... Est-ce que je puis me battre avec un enfant!
HENRI
Un enfant?... Je saurai bien vous prouver que je suis un homme... et que je sais tenir une épée.
(il brandit son é|iôe. — La baronne entre.)
l’amour est un enfant