SCÈNE VI
LE MARQUIS, HENRI, BERTHE *
LE MARQUIS
Ensemble... et occupés à jouer au corbillon. (a part.) Oh! innocence de l’âge d’or !
HENRI
M. le marquis...
BERTHE
Et vous ôtes revenu sans madame la baronne ?...
LE MARQUIS, à part.
C’était bien mon intention, (iiaut.) J’ai laissé madame la baronne avec son mari, (a part.) Mais je ne m’attendais pas à trouver ici cet autre mari... car enfin c’en est un... si petit qu’il soit.
HENI\I.
Ohl une idée excellente ! (S’approchant du Marqué.) Vous venez à propos, M. le marquis... vous pouvez nous rendre le plus précieux service.
LE MARQUIS
Que vous faut-il? mon sang, ma bourse, ma vie?
HENRI
Ohl un peu moins que cela .. infiniment moins.
LE MARQUIS
C’est que je suis un ami moi... un véritable ami... (a part.)
* L« Marquis, Ueurt, Bortbe.
16 L’AMOUn E'T UN ENFANT
J’ai toujours été l’ami des maris, c’est ma manière d’entendre l’amitié.
HENRI
Écoutez bien!... Je commence à être a» courant des choses de la cour... Ce matin deux seigneurs causaient dans l’embrasure d’une fenêtre, et ces mots sont arrivés à mon oreille. Le roi no sait rien refuser à une femme...
LE MARQl’IS.
Eh bien?
HENRI
Je veux que ma femme écrive au roi, pour que nous ne soyons pas séparés... et comme vous avez vos grandes entrées au palais, vous serez as.sez aimable pour vous charger de la lettre...
' LE MARQUIS
Oh! tout ce qui pourra vous faire plaisir à tous les deux. (a part.) Je me glisse comme un serpent dans ce paradis conjugal.
BERTHE
Quelle bonne idée vous avez là, Henri... c’est un moyen de résister à nos tuteurs... et vous, .M.le marquis, comment vous rendre grâce?... Cette lettre je cours l’écrire tout de suite.
, HENRI
Allez, ma chère Berthe, no perdez pas un instant... et s’il le faut nous la signerons tous les deux.
, (itertho sort p-ar la droite .)