‹ L'amour et son train comedie en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 118 sur 128 · ACTE IV, SCÈNE XH. ipi · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XH. ipi

voilà ! les deux fenames, ce sont vos deux filles, et l’épouse criminelle, la mère misérable qui a renié sou enfant, c’est moil LA BARONNE, atterrée.

Toi! Théièsel

, HORANDAL.

Oh!

RAYMOND

Ma Benjamine!...

tbérIse.

Quand je vous disais, Raymond, que vous n’aviez pas besoin de lui pardonner.

LA BARONNE, à Morcmdal,

Ah I monsieur!... quelle récompense de tant de cœur et de gépérosité !... Quoi ! c’est dans la maison que vous nous aviez rendue... quoi! c’est à mes côtés, en face du portrait de son père, que l’aînée de mes filles a déshonoré un nom que vous lui avez coufié sans tache. [Allant à Morandal.) Monsieur, je no me suis inclinée jamais que devant Dieu et le roi J’a-

vais assez vécu pour espérer de n’aypir plqsà fougir... Pardon, monsieur, pardon, ne nous jugez pas' d’après celle qui voqs a offensé; pardon!... Ohl comme je vous aimais... je priais tous les jours pour vous, et j’eusse sacrifié le reste de ina vie pour vous épargner une souffrance. Hélas 1 je n’ai que mes larmes 1 que ne puis-je donner tout mon sang pour racheter voire honneur... Pardon, monsieur, pardon ! [Elle tombe à genoux.)

HORANDAL.

Madame... oh!... [Jl larelève.)

LA BARONNE, regardant le docteur et ses filles.

Voilà donc ce que' vous me cachiez ! ce secret ne vous a pas tués tous !... Oh t je ne le garderai pas si longtemps que vous !... mais vous n’aurez pas été impunément outragé, monsieur!... 11 ne faut pas que les yeux d’un honnête homme nous rencontrent désormais ici. Le crime de... celle qui fut ma fille vous délie et nous chasse... Cette maison chérie m’est devenue odieuse tout à coup... elle respire la trahison, l’ingratitude... J’irai mourir ailleurs, bien tristement surprise d’avoir irouvé dans un étranger toute la tendresse, tout le dévouement, tout l’honneur que je devais attendre de mes enfants... Adieu, Granlier 1 adieu, monsieur Morandal !

HORANDAL.

Partir !... vous, madame... Jamais je ne le souffrirai.

LA BARONNE

i-i je restais une heure sous ces voûtes, je craindrais d’y lire, écrite de la main de Dieu, la malédiction qui poursuit les adultères et les parricides ! ,

iOk

LE CHATEAU DE GUANTIER

BE^jAMiNB, allant à sa mère.

Ma mère!... par pitié !...

THÉRÈSE, pleurant.

Oh ! Benjamine, c’est bien cruel h loi de m’avoir empêchée de mourir ! [Elle tombe sur une chaise.)

MORANDAL, à la Baronne.

Vous ne me , ferez pas celle injure, madame, de me quitter comme un ennemi; vous êtes sans ressources, sans asile... Vous me brisez l’ûme!... Et si j’avais la force do parler, si je vous disais combien je souffre, vous aurii’z pitié do moi... Restez.

LA BARONNE, lut tendant la main.

Nous sommes pauvres aujourd’liui, comme nous l’étions quand VOUS vîntes ici pour la première fois. Oh ! non, je me trompe... Nous étions bien riches alors... aucun de nous n’avait failli I... Adieu !

BENJAMINE

Eh bien! vous partez seule?

LA BARONNE, la Serrant dans scs bras.

Ohl tu es bien mou enfant, loi!... l’ourquoi ne t’aimerais-je pas ?... Est-ce que je no serais pas déjà morie sans ton doux regard et ta douce voix? Tu me fermeras les yeux, ma Benjamine; tu recevras ma bénédiction dans mon dernier soupir, cela porto bonheur, ma fille... viens! viens !

tuéuKse.

Marcellin , tu n’es plus là... personne ne m’aime plus en ce monde.

BENJAMINE, couranf à Thérèse.

On ne t’aime plus... et moi donc !...

THÉRÈSE

Toi ! tu vas avec notre mère.

BENJAMINE

le no te quitterai pas.

LA BARONNE

Mon Dieu!

THÉRÈSE

Laisse moi... val

BENJABINE.

Ma mère , mais elle aussi est votre fille ! Vous voulez donc que je me repente de l’avoir forcée à vivre î

LA BARONNE

Partons !...

THÉRÈSE , éqarce.

A qui donc léguerai-je mon lils ?

• ' "'ACTË'V; SOÈNË'I.' "m

BBNIAMINB.

Vous l’entondez? si elle meurt, je mourrai avec elle ; vous aurez tué vos deux enfants... ^

LA BARONNE. ' ' i

Eh bien ! mes soixante ans d’honneur effaceront ta honte ! D’ailleurs, Dieu pardonne bien , pourquoi uno mère ne pardonnerait-elle pas ? Viens, Thérèse, viens! {Thérèse el Benjamine se jeUent dans les bras de leur mère. — Morandal.) Maintenant, monsieur, merci du fond de l’âme, et pour jamais, adieu I {Elle s'éloigne lentement avec Benjamine.)

THÉRÈSE , O Morandal. ‘ "

Vous comprenez , monsieur, pourquoi Marcellin est mort ;

£ ardonnez-moi en souvenir de lui. {Morandal lui fait signe de t main de se retirer ; Raymond saisit cette main et la baise.)

MORANDAL.

n s’est fait tuer pour moi quand il pouvait vivre sans remords auprès d’elle ! Quelles âmes ! quels cœurs ! {La Baronne et ses files, au moment de franchir le seuil de la porta, saluent encore une fois Morandal.)

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