‹ L'amour et son train comedie en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 16 sur 128 · L’AMOÜU ET SON TRAIN · texte numérisé non relu

L’AMOÜU ET SON TRAIN

D. INES, assise 6 droite.

Autre chose,

Gilano. Feu ma tante habitait à Tolose

En dix-sept cent vingt-un, et, dans ce temps meilleur,

La vertu, disait- elle, était partout en fleur ;

La beauté se cachait sous toutes les mantilles,

L'âge d’or revenait... lorsque trois jeunes filles.

Les reines de Tolose, un jour, sans y songer.

Furent prises d’amour pour le même étranger.

Ce seigneur cavalier, faisant le bon apôtre.

Avait conté sa flamme à l’une comme à l’autre.

Une même chanson... Avait-il fait un choix?

En cùt-il préféré quelqu’une ?

RODABLAS.

Je le crois.

'C’est l’usage en Espagne aussi bien qu’en Bohème,

Qu'on y soit jeune et vieux, ou gitano. Moi, j’aime Ma guenille en hiver, mon soleil en été.

Mais, guenille et soleil, tout pour ma liberté.

De même on peut donner, en traversant le monde.

Un regard à la brune, un sourire à la blonde,

A l’une toute une heure, à l’autre tout un jour ;

Mais le cieF n’a qu’un Dieu, le coeur n’a qu’une amour ;

On n’aime qu’une femme.

D. CARMEN

A présent, comment faire Si l’on veut découvrir la dame que préfère Celui qui se joua des trois, et tour à tour?

RODABLAS.

11 convient de laisser l’arbitrage à l’Amour.

Nul ne sait comme lui marcher au but. Sa ruse Est parfois d’embrouiller : il est jeune et s’amuse.

Or, s’il embrouille bien, il démêle encor mieux.

Ce vieil enfant vainqueur ne voit rien par les yeux.

Puisqu’il porte un bandeau ; mais sa vue invincible.

Son regard éternel, c’est son cœur ! L’invisible,

L’impossible, tout cède aussitôt...

I>. INES^ avec impatience, sc levant.

Mais comment

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