‹ L'amour et son train comedie en un acte, en vers (volume 2)Chapitre 28 sur 128 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

GABRIEL, seul.

Ma destinée est noire.

Et si noire, pardieu! que c’est à n’y pas croire.

Quoi qu’il m’arrive encor, je suis raillé, honni. Moqué, puni de reste, et mon règne est fini.

Mais quel autre essuya calamité pareille?

De jeunes cœurs qui vont se conter à l’oreille Tous leurs secrets d’amour, et s’entendent si bien!.. La femme est un rébus où je ne comprends rien.

D’un coup je perds Inès, Pepa! — Chère Inésille, Aussi frais <juc ta lèvre oii tant d’esprit pétillé,

SCÈNlî XII.

Aussi doux (juc ta voix, gai comme ton regard.

Un caprice à tes pas m’enchaîna par hasard.

Et je t’aimai. — Pepa, Pépita, svelte et folle. Quand je te vis bondir dans ta danse espagnole. Lever tes blanches mains et sourire aux miroirs. Je pensai (jue j’aimais tes mains et tes yeux noirs. Puis vintDona Carmen. Oh! celle-là marie La divine pudeur à la grâce fleurie,

La déesse à la sainte, et, de l'Olympe aux deux. Elle est belle à ravir les anges et les dieux.

Et moi, la rencontrant tout ingénue et belle.

Chère Inès, ô Pepa ! je n’aimai vraiment qu’elle. Aloi-s je la nommai, dans le fond de mon cœur,

La fille de ma mère et la sœur de ma sœur.

Et maintenant, hélas ! pour ma sotte équipée Elle me hait sans doute. Elle se croit trompée.

Les aveux, les remords, les pleurs sont superflus ! Et mon rêve s’écroule... elle ne m’aime plus.

Tout est fini. Je perds ma dernière espérance.

Et dès après-demain je repars pour la France. Mais je veux jusqu’au bout porter d’un front égal Ma chance tout entière, et le bien et le mal.

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